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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 09:16

         La Normandie est riche d’environ 170 jardins ouverts au public, présentant une très grande diversité en termes de plantations ou de styles. La Normandie est un grand jardin dont nous proposons de faire découvrir, de temps à autre, les plus belles fleurs dans le contexte d’une sélection « coup de cœur ». Nous privilégions les jardins qui sont porteurs d’avenir, soit en termes de biodiversité, de pédagogie ou de patrimoine, de sorte que ces jardins transmettent un message vers nos descendants. Il s’agit, en quelque sorte, des « jardins pour le futur ». Les plus connus sont très médiatisés, d’autres moins, vers lesquels nous inviterons à la visite. Voici le premier de mes préférés, en Seine-Maritime :

Les Jardins de Bois-Guilbert constituent un parc de 7 ha qui est un véritable hymne à la nature et à la sculpture.  Plus de 7 000 arbres et arbustes ont été plantés pour structurer le paysage en allées et nefs aux couleurs chatoyantes à l’automne.

Jean-Marc de Pas, sculpteur paysagiste, fait vivre ce vaste espace de poésie où soixante-dix œuvres en bronze, résine ou ciment jalonnent la promenade. Ici se mêlent l’art, vécu comme un moyen d’échange et de partage, l’histoire et la nature. C’est ainsi qu’entre les allées, un couple enlacé se découpe sur les feuillages, immobile dans son bronze, seize séquoias encadrent une rose des vents et plus loin, dans l'allée des tilleuls, un couple statufié reflète le soleil.

Différents espaces symboliques, la mare et son île, le cloître des quatre saisons, le labyrinthe de buis, entourent le domaine (château, pavillon et chapelle des XVIIème et XVIIIème siècles).

L’épanouissement complet du jardin va prendre beaucoup d’années, c’est un acte d’humilité qui met le temps en perspective et destine l’œuvre aux générations futures. Bois-Guilbert c’est un hymne à la vie et la nature qui invite à une réflexion sur l’homme, l’espace et le temps, sur les pas de Pierre Corneille, Bernard de Fontenelle ou l’abbé Pierre, rien que çà !

         L’auteur de ce jardin a soutenu une thèse de doctorat à la Sorbonne, écrite sous forme poétique : Le malléable et sa pétrification, essai poétique sur une pratique sculpturale (éditée au Septentrion). Une partie de cette thèse était lue en public, par Alain Bézu, metteur en scène, au début de ce mois devant l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen.

 

Pour s’y rendre : 1 108 route d’Héronchelles, 76750 Bois-Guilbert - Depuis Rouen par A28, sortie Buchy et Forges-les-Eaux. A 7km au sud de Buchy sur D261 - Tel. 02 35 34 86 56 -  http://jardinsdeboisguilbert.over-blog.com

Ouvert d’avril à novembre : samedi, dimanche et jours fériés, de 14 h à 18 h ; juillet et août : du mercredi au dimanche et jours fériés de 14 h à 18 h.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 09:04

C’était la fin de cet hiver 2010 en Pays de Bray et le début de la saison des vêlages. Une des vaches charolaises allaitantes montrait des signes de disposition à la mise bas. Vers 23 heures l’agriculteur passa à l’étable pour vérifier l’avancement des choses. Cela ne se présentait pas très bien. Plongeant son bras dans la vulve de la vache, il ne trouvait pas la tête du veau en bonne posture et ne parvenait pas à le retourner. L’affaire s’avérait à risque, le veau risquait de mourir et la vache pouvait en subir de graves dommages. On appela à la hâte un voisin agriculteur, distant de quelques kilomètres, pour donner un coup de main. Déjà couché, il fut debout et sur place dans le quart d’heure. Mais rien n’y fit et il fallut se résoudre à appeler le vétérinaire, faute de quoi on risquait de perdre le veau et éventuellement la vache. Il était minuit. Le vétérinaire résidait à une trentaine de kilomètres, il décrocha à la quatrième sonnerie, fut à la ferme dans la demi heure et, fort d’une vraie expertise, mis au monde le veau en 20 minutes. Tout était sauf !

Cette anecdote m’en rappela une autre. Il y a quelques années, notre chat revint à la maison en très piteux état, victime d’une agression grave par un chien ou un renard. C’était dimanche et nous ne pouvions le faire soigner. J’appelais à tout hasard le cabinet vétérinaire le plus proche. Il y a avait un vétérinaire de permanence, qui demanda d’apporter le chat à la clinique. Le minou fut sauvé, il va très bien et vous souhaite le bonjour !

Le « cheptel » de la France compte, approximativement, 20 millions de bovins, 10 millions d’ovins, 10 millions de porcs, 10 millions de chiens et 10 millions de chats, soit un total de 60 millions de « patients » pour les vétérinaires. Le nombre de vétérinaires est, selon les sources, de 12 à 15 000.

La population française est de 64 millions d’habitants. Le nombre de médecins généralistes est de l’ordre de 80 000, chiffre très variable selon les sources.

Ces éléments n’ont rien à voir entre eux et la comparaison est douteuse, c’est vrai. C’était juste pour faire réfléchir un peu sur l’organisation de la médecine d’urgence en milieu rural…

Moralité de cette histoire : si vous avez un problème urgent de santé à la campagne, soyez vache… ou chat. Si vous souhaitez néanmoins rester un humain et qu’il y a vraiment urgence, appelez donc un vétérinaire…

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 08:42

De Paris à la mer, les peintres impressionnistes ont trouvé l’inspiration sur les berges de la Seine. Libres et novateurs comme Monet, Manet, Renoir, Sisley, et tant d’autres, les impressionnistes ont su capter les variations de la lumière et rendre esthétique la réalité quotidienne de la Seine, qu’elle soit industrieuse ou bucolique.

Le festival Normandie Impressionniste(www.normandieimpressionniste.fr), évènement culturel majeur de l’été 2010 en France, rendra hommage aux peintres de la fin du XIXème siècle selon une large palette d’expressions. Ainsi, le 5 juin, date du lancement de la manifestation, les Normands sont invités à se rassembler en nombre sur les berges du fleuve pour constituer le plus grand tableau impressionniste vivant au monde ! Ce sera aussi, le dimanche 20 juin, des déjeuners sur l’herbe, et tout au long de l’été de la musique, du théâtre, de la photo, etc.

Ce festival doit être aussi l’occasion pour les riverains de retourner vers le fleuve, si longtemps délaissé, malmené, souillé… Depuis quelques années, des villes comme Rouen et ses voisines ont accompli beaucoup d’efforts pour recréer le lien distendu entre la ville et le fleuve. En amont, Epinay-sur-Seine, par exemple, a mis l’accent sur les aménagements de berges, à la fois pour améliorer la sécurité des riverains, lutter contre l’érosion et préserver la biodiversité. Le Département de la Seine-Maritime lui, a initié une étude d’aménagement et de gestion des berges de la Seine afin de préserver et restaurer les éléments naturels, en conciliation avec l’activité économique et le développement touristique. Le grand port maritime de Rouen n’est pas en reste avec diverses interventions de gestion de milieux humides ou de réaménagement écologique d’anciennes ballastières. Cerise sur le gâteau, les saumons atlantiques (Salmo salar) disparus de la Seine depuis un siècle, sont régulièrement observés depuis 2000 (260 spécimens observés en 2008). Sous l’égide de l’Etat le classement des boucles de la Seine aval se poursuit.

La Seine reprend des couleurs. Sans doute les efforts accomplis sont-ils encore insuffisants et tout le patrimoine que représente la vallée est encore loin d’être sauvé. Mais ne boudons pas notre plaisir, faisons en sorte que 2010 soit le festival de la Seine retrouvée, avec toutes ses couleurs !

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:51

C’est curieux comme certains personnages sont encensés, critiqués, oubliés puis ressuscités sans cesse. C’est sans doute le cas de Malthus, économiste britannique (1766-1834) qui a travaillé sur la relation entre population et production. Le malthusianisme impose un contrôle de la démographie, en limitant les naissances. Sa théorie s’appuie sur le constat que les ressources croissent moins vite que la population, ce qui conduit inévitablement vers la catastrophe, sauf si on limite la croissance de la population. Ce raisonnement relève du bon sens, si ce n’est que Malthus préconisait d’arrêter l’aide aux plus pauvres… Cette politique malthusienne, à ce jour, n’est appliquée qu’en Chine (et en Inde dans une certaine mesure), où elle aurait permis d’éviter 400 millions de naissances au cours des 30 dernières années ; cette politique étant maintenant remise en cause.

Cette façon de penser refait surface maintenant que l’on a conscience de l’épuisement des ressources fossiles et que l’on consomme les ressources « à crédit ». On comprend bien, en effet, que s’il faut l’équivalent de 5 ou 6 planètes pour vivre au niveau de consommation des Américains, c’est impossible. On comprend aussi qu’aucune croissance ne peut être infinie, pas même celle des Humains. La régulation des naissances est donc incontournable…

La population mondiale augmente de 1,5 million de Terriens… chaque semaine. Quel vertige ! L’ONU envisage une population mondiale de l’ordre de 8 à 10 milliards en 2050, pour 6,8 actuellement. L’Inde devrait être le pays le plus peuplé de la planète dès 2020. Toutefois la fécondité tend à baisser : 5 enfants par femme (niveau mondial) en 1950, 2,54 aujourd’hui et 2 seulement en 2050.

Au vu de ces constats, les rapports sur la croissance démographique soulignent tous son niveau insoutenable. Le plus alarmiste est peut être le rapport du WWF de 2008 « Planète vivante » qui affirme : « la croissance continue de la population et de l’empreinte écologique par habitant n’est pas soutenable » et ajoute que les impacts négatifs de cette croissance démographique peuvent être réduits par planification des naissances.

Des démographes, de plus en plus nombreux, appellent à ce que soit levé le tabou sur ces sujets, faute de quoi la croissance démographique pourrait générer une déstabilisation majeure liée à des pénuries alimentaires et en eau. Comme souvent en la circonstance, des militants un peu dogmatiques (y compris en France) vont jusqu’à se faire stériliser pour affirmer leur volonté de ne pas faire d’enfants.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 08:09

         Est-ce se faire plaisir ou se faire du mal que de se souvenir que l’on a eu raison trop tôt ? Je prends le risque en ce début d’année 2010. De 1995 à 1997, j’ai eu l’occasion de collaborer, très modestement, à une revue agricole, « l’Agriculteur Moderne ». Après quelques articles sur les paysages, milieux naturels ou mesures de protection de l’environnement, j’avais proposé un article sur « L’agriculture et les pollutions » : refusé et fin de la collaboration… Voici l’essentiel de ce texte d’il y a 12 ans, chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite :

Après des décennies d'effort généralisé pour lutter contre les pollutions de toutes sortes, les résultats sont souvent tangibles, mais l'actualité nous rappelle combien ces succès sont fragiles. A cet égard, l'agriculture est longtemps restée en dehors du "banc des accusés", mais la voilà à son tour montrée du doigt, après les activités industrielles.

Une situation de plus en plus préoccupante : L'eau, l'air, les sols peuvent véhiculer des substances néfastes à l'environnement et préjudiciables à la santé. Lorsque l'on pense pollution liée à l'agriculture, on songe d'abord à l'eau du fait de l'incidence des nitrates. La Haute-Normandie affiche des résultats à tendance positive en ce qui concerne l'altération liée aux matières azotées, bien que de nombreux secteurs révèlent encore des teneurs excessives.

L'inquiétude à propos des pesticides : Les produits chimiques (herbicides, fongicides, insecticides...) destinés à détruire les vecteurs de maladies des plantes et à protéger les cultures des parasites et des mauvaises herbes, sont utilisés en masse depuis les années 60. La France est le deuxième consommateur mondial, derrière les Etats-Unis, avec 95 000 tonnes annuelles de substances actives. La Haute-Normandie est l'une des régions les plus consommatrices, après le Nord, la Picardie et la Lorraine (Selon Agreste, enquête pratiques culturales 1994). En 1991, l'enquête menée par le Ministère de la Santé a révélé que 30 des mesures faites sur les ressources en eau potable, au niveau national, étaient supérieures à la norme européenne de 0,1 mg de pesticides par litre d'eau. Dans l'Eure, en aval de Chartres, on a pu mesurer jusqu'à 14 mg par litre !

Vers quelle évolution ? : En matière de prévention, la France est très en retard sur de nombreux pays européens qui tendent à réduire systématiquement le volume des produits phytosanitaires employés. Au-delà des méthodes curatives, c'est vers une politique de prévention qu'il convient de s'engager. La promotion de méthodes alternatives aux moyens chimiques, l'encouragement à une agriculture "raisonnée", l'aménagement de l'espace rural qui respecte les haies, talus et fossés, la gestion "douce" qui met la santé de l'homme et la protection de l'environnement au centre de la problématique de production agricole, voilà quelques voies où s'engager. Cette "agriculture nouvelle" (qui pourrait bien s'apparenter à l'agriculture traditionnelle) devrait s'appuyer sur un cahier des charges rigoureux qui engage dans la fertilisation raisonnée, les économies d'eau, l'utilisation de produits phytosanitaires moins polluants et à doses réduites, le recyclage des emballages, la collecte des huiles usagées, la protection des haies, du gibier, la formation du personnel...

Un certain nombre de ces recommandations ont été mises en œuvre depuis, mais chacun sait tout le chemin qui reste à parcourir…

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:51

Les plantations au bord des routes datent d’une période très ancienne puisque la première ordonnance en la matière fut celle, semble-t-il, de 1522. Ces plantations répondaient à plusieurs utilités comme la séparation des domaines public et privé, l’assèchement des voies, l’apport de bois et aussi… une recherche de beauté. Aujourd’hui ces alignements d’arbres ne conservent plus que des fonctions paysagères et sont, de plus en plus souvent, coupés pour élargir les voies ou prévenir des accidents, compte-tenu de l’évolution du trafic. Ce fut le cas encore cet hiver, pour les alignements de la RN13 dans la traversée du département de l’Eure.

Certes, les plantations ne doivent pas constituer un danger pour les usagers de la route, mais alors pourquoi ne pas repenser totalement la conception des infrastructures. Alors que l’on nous abreuve des conclusions du Grenelle de l’environnement, des trames vertes et bleues, des plans climat-énergie et autres programmes de développement durable, voilà une belle opportunité de passer du discours aux actes.

Si l’on considère la route, non seulement comme une infrastructure de déplacement, mais aussi comme une infrastructure d’aménagement du territoire, alors on peut lui attribuer des fonctions paysagères (esthétique du tracé routier et insertion dans le paysage traversé), des fonctions économiques (régulation de l’hydraulique de surface, alimentation des filières bois-énergie), des fonctions environnementales (biodiversité pour les oiseaux, insectes et chauve-souris particulièrement ; absorption des polluants dus à l’automobile), etc. Voir aussi notre chronique « Quelles routes pour le futur ? » du 26 mai 2008.

Cette façon de voir suppose une conception différente des plantations, pour passer d’alignements simples à de véritables corridors écologiques qui nécessitent une emprise plus importante. Cela n’est pas possible partout pour le réseau existant, mais ce peut être le cas dans la traversée de plaines de cultures ou de voies neuves. L’emprise se ferait quasiment toujours aux dépens des surfaces agricoles, c’est vrai, mais ce serait aussi une façon pour l’agriculture de « rendre les fonctions » qu’elle ne remplit plus… et d’y retrouver son compte (prévention de l’érosion des terres agricoles, inondations, biodiversité des prédateurs d’insectes, etc.). Ainsi plus réfléchies en amont, les routes pourraient aussi rassembler les réseaux divers enterrés (électricité, téléphone, eau et assainissement, etc.) et deviendraient ainsi des infrastructures totales, ce qui commence à se pratiquer, mais trop timidement encore. Cela suppose une volonté politique affirmée et une autre gouvernance de la multitude d’intervenants, au plus près du territoire, en passant par des collectivités territoriales restructurées de façon plus lisible… Vaste chantier !

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 09:06

Elle était d’une famille de 6 enfants. Dès l’âge de 14 ans, elle fut « placée » pour travailler, toute la semaine, avec pour congé le dimanche entre la traite des vaches du matin et celle du soir. Elle pouvait alors rejoindre ses parents, à pied, à une dizaine de kilomètres et revenir avant 16 heures à la ferme où elle travaillait. Pour tout salaire elle était nourrie, logée et « blanchie ». Le cadeau de Noël, c’était le plus souvent une orange ou un sucre d’orge. Elle s’est mariée à 20 ans et très rapidement est venue habiter une maison modeste, elle a eu tout de suite son premier enfant, suivi de 17 autres dont 15 ont survécu.

Dans la petite maison il n’y avait que deux pièces (à peine 40 m2), une chambre et une cuisine-salle à manger. Toute la famille dormait dans la même chambre, jusqu’à ce que le propriétaire aménage une chambre dans les dépendances pour les parents et les nourrissons (13 m2). Il n’y avait pas d’électricité ni d’eau courante, ni bien sûr de radio ou télévision. L’éclairage était assuré par une lampe à pétrole dans la chambre et une lampe à gaz dans la cuisine. L’eau était puisée dans le puits d’un pré voisin, à condition d’escalader la barrière afin de ne pas prendre de risque avec le bétail. L’eau était transportée avec deux seaux (20 kg) sur 250 mètres pour la ramener à la maison. Les jours de lessive, le linge et les baquets étaient emmenés dans le chemin, près de la barrière, afin de limiter les transports d’eau. Une cuisinière à bois et charbon assurait le chauffage et la cuisson.

Dehors, deux ou trois chèvres procuraient le lait nécessaire, des poules et lapins apportaient œufs et viande, complétés par les légumes du jardin. La « boisson » (cidre coupé) constituait le breuvage de toute la famille.

Mais où donc se déroulait cette scène de la vie rurale ? Dans une contrée lointaine ? Il y a très longtemps ? Pas exactement, cela se passait entre 1942 et 1962, au hameau du Point du Jour, en Pays de Bray. Il se trouve que cette maison… je l’habite, avec mon épouse. Nous l’avons agrandie et quasiment refaite. Nous avons l’électricité, l’eau courante, la radio et la télévision et même internet. Ces éléments de la « petite histoire » nous permettent de relativiser certaines choses. Cela se passait au milieu du 20ème siècle, dans une famille modeste certes, mais pas misérable, assez ordinaire somme toute, dans un « grand » pays, la France, où l’on a qualifié cette période des « trente glorieuses ».

Modérane nous a quittés dans les derniers jours de 2009, à 87 ans, laissant derrière elle 12 enfants vivants, 32 petits-enfants et 14 arrière-petits-enfants. Ceux-là sauront, mieux que d’autres sans doute, apprécier les progrès accomplis dans notre vie de tous les jours en 50 ans, et relativiser la fragilité de notre société de consommation à tout-va.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 08:39

C’était au début des années 1990, au CNFPT de Lyon (Centre national de la fonction publique territoriale), j’intervenais dans un stage pour les ingénieurs territoriaux sur la prise en compte de l’environnement par les collectivités. Je me présentais en précisant que je venais de Rouen. Plusieurs personnes me demandèrent où se trouvait Rouen… Quelle stupeur ! Ainsi donc, des ingénieurs lyonnais ignoraient où se trouvait celle qui fut la seconde ville du royaume de France jusqu’au 18ème siècle. Ils savaient vaguement que cette ville se situait vers le nord, mais où ?... Il est vrai que depuis trois siècles, Rouen a perdu de sa renommée pour ne plus figurer que parmi les villes moyennes.

Mais voilà qu’après trois décennies de séminaires, documents d’urbanisme et concertations intercommunales, Laurent Fabius met en place les outils d’un renouveau de la ville (www.la-crea.fr). La CREA (Communauté d’agglomération Rouen, Elbeuf, Austreberthe) est née le 1er janvier 2010 et a élu son président, Laurent Fabius, le 7 janvier. Forte de 71 communes et de près de 500 000 habitants, la CREA devient, par la taille, la première communauté d’agglomération de France (issue de la fusion de deux communautés d’agglomération et de deux communautés de communes).

La CREA aura pour missions principales la gestion de l’eau potable (la régie publique reprenant beaucoup d’importance), la collecte des déchets et les transports collectifs. Elle envisage aussi la réalisation de nouveaux quartiers, la lutte contre les inondations, etc.

Ce sont donc les problématiques environnementales qui vont être au centre des préoccupations de la CREA. Il y a tout lieu de s’en réjouir, mais ne pourrait-on pas aller encore plus loin ? Cette communauté, outre les atouts humains et économiques, va disposer d’atouts géographiques et naturels considérables : son site sur la Seine, ses forêts et une mixité milieu urbain – milieu rural très forte. Au-delà des projets d’éco-quartiers qui fleurissent ici ou là au sein de la CREA, ne pourrait-on pas aller jusqu’à concevoir une éco-ville ? N’y a-t-il pas là matière à redonner à Rouen son lustre d’antan en faisant de cette cité un exemple européen d’innovation environnementale à grande échelle.

Je me souviens aussi que le 31 mai 1990, 206 Rouennais de toutes professions et sensibilités se réunissaient, après 9 mois de travail en ateliers, pour promulguer la « Charte du grand Rouen Eurocité ». Cette charte proposait, entre autres, un projet à structurer : Rouen Eurocité de l’environnement. Nous en avons maintenant les moyens, allons-y !

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 08:59

Les réformes de l’Education nationale française passent et certaines préoccupations demeurent. Ainsi est-ce le cas pour l’enseignement de l’anglais. La France serait au 69ème rang mondial dans des tests internationaux sur la langue de Shakespeare. Accessoirement, ce constat ravive sans cesse le débat entre anglophiles et anglophobes. Ainsi les bambins Hollandais, Danois ou même Espagnols seraient bilingues avec l’anglais tandis que les petits Français seraient… Gaulois.

Malgré la multiplication des plans en tous genres sur ce thème, la France reste le mauvais élève pour l’enseignement des langues vivantes et 41 % des Français ne parlent aucune langue étrangère.

La problématique de la langue parlée renvoie, pour partie au moins, à celle de l’identité. Il est vrai que de nombreuses langues sont menacées du fait d’une certaine uniformisation des langages. Sur les 6 à 7 000 langues parlées actuellement dans le monde (dont beaucoup sans enseignement public, ni accès aux médias), environ 2 500 seraient en danger de disparition d’ici 2100 selon l’Unesco. 52 langues seraient menacées en France, dont 26 en métropole (plutôt des patois et dialectes que des langues à proprement parler).

Sans doute faut-il s’inquiéter de cette perte de diversité culturelle, mais ne faut-il pas, dans le même temps, se réjouir de l’existence d’une langue internationale, de fait, qui est l’anglais.

Il fut un temps (dans les années 1970) où beaucoup fondaient des espoirs sur la pratique de l’Esperanto comme langue internationale. Sans doute les arguments développés étaient-ils fondés, mais l’expérience a montré que les peuples ne s’approprient pas un langage créé ex abrupto, même si on peut voir à nouveau des publicités pour relancer cette langue.

La langue anglaise est parlée quasiment partout sur la planète, y compris en Chine et en Inde. Cela fait mal aux anglophobes qui gardent le souvenir de conflits anciens, mais c’est un fait avéré qu’il faut bien admettre. Alors tous bilingues ? Assurément, en conservant sa langue d’origine, en évitant les « mélanges » hasardeux des anglicismes et en bénéficiant d’une facilité de communication avec l’énorme majorité des Terriens.

Au diable toutes les réformes passées qui n’ont connu que de biens piètres succès. Dès la fin du lycée tous les Français devraient être, obligatoirement, bilingues Français-Anglais, ce qui ne les empêche pas d’apprendre d’autres langues s’ils le souhaitent.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 07:57

         Au cours de l’année 2009, nous avons achevé nos dernières prestations de consultant et opéré la mutation vers une activité d’essayiste.

 

Dernières prestations de consultant environnement :

- Assistance à maîtrise d’ouvrage pour la définition de la stratégie de gestion et de valorisation des matériaux de dragage de la Seine et participation au Comité de suivi environnemental. Port Autonome de Rouen

- Accompagnement de la réflexion sur le SCOT Le Havre Pointe de Caux et Estuaire. Agence d’Urbanisme de la région du Havre

 

Interventions en tant qu’essayiste :

Publications :

-         57 publications : 5 articles et 52 chroniques du blog

-         Signatures en librairie de « Clos-masures et paysage cauchois »

-         Préparation d’un « Guide des parcs et jardins de Normandie »

Conférences :

-         Le développement durable en Pays de Bray. Union des Commerçants et Artisans de Forges-les-Eaux

-         Le développement durable, mythe ou réalité. Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie

Sorties et visites :

-         Lecture de paysage à Saumont-la-Poterie. Association Brayonne Dynamique

-         Visite commentée de l’église abbatiale, patrimoine de Sigy-en-Bray. Comité Départemental du Tourisme

-         Visite d’un la       gunage individuel à Sigy-en-Bray. Ecole primaire de Sigy

Assistance conseil :

-         Participation à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien. Conseil municipal

-         Concours à la réflexion sur l’évolution du Museum de Rouen. Département de Seine-Maritime

-         Entretien pour un mémoire sur le paysage du Bray central. Etudiante de l’Ecole d’Architecture de Bordeaux

-         Entretien et visite de terrain pour un diagnostic de la biodiversité de la commune de La Poterie-Cap-d’Antifer. Stagiaire de l’Université de Rouen sur la commune

-         Avis sur les paysages brayons pour l’Atlas des paysages de Haute-Normandie. Agence Folléa-Gautier pour le Conseil Régional de Haute-Normandie

-         Contribution à la préparation d’un colloque sur Les femmes et le développement durable. Centre d’information et de documentation sur les femmes et les familles de Haute-Normandie

-         Avis pour la soutenance d’un mémoire sur le développement durable à l’hôpital. Cadre de santé de l’Institut de Formation des Cadres de Santé de la Région Rhône-Alpes – Hospices civils de Lyon

Représentation :

-         Conseil d’administration du Lycée Delamare-Deboutteville de Forges-les-Eaux (Lycée du développement durable et Forum des métiers). Académie de Rouen

-         Conseil de développement du Pays de Bray. SMAD du Pays de Bray

-         Comité d’experts de l’éco-quartier de la Cartonnerie de Pont-Audemer. Mairie

-         Comité économique et social du Parc naturel régional. Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande

-         Comité de Pilotage du site Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray. Préfecture de Haute-Normandie

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