Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Pages

Catégories

27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 09:08

         Des centaines de chercheurs à travers le monde se sont mis en tête de travailler sur la notion de bonheur afin d’établir des classements par pays en fonction de la satisfaction, ou non, de leurs habitants. Ce sont les Danois qui sont champions du monde du bonheur, suivis des Suisses, Autrichiens, Islandais, etc. A l’inverse, les cancres du bonheur sont les Français (62ème rang mondial), les Chinois (82ème), les Japonais (90ème) et les Indiens (125ème).

Les Français sont donc malheureux, toujours insatisfaits, râleurs et méfiants, alors que les Danois, posés, sympathiques, coopératifs, sont les plus heureux du monde. Les sociologues expliquent cette situation des danois par le fait que leur Etat-providence ne laisse personne sur le bord du chemin, cogère les syndicats (taux de syndicalisation de plus de 87 %, contre 8 % en France), assure le service public (30 % du total des salariés), et fait diminuer le chômage (3,4 % contre 9,4 % en France). Mais, malgré le sentiment de sécurité, le respect d’autrui, la démocratie et l’Etat-providence, les Danois peuvent connaître aussi la dépression. Alors, enfants trop gâtés les Danois ? Pas si simple, le bonheur…

L’actualité française récente a en effet montré combien le mal du travail est devenu préoccupant. Les suicides chez Renault ou France Télécom ont été très médiatisés, mais cela ne doit pas occulter les difficultés des policiers, gardiens de prison, enseignants ou agriculteurs, professions très exposées. Si le suicide fait, selon l’INSERM, environ 12 000 morts par an en France, on ne sait pas combien sont liés au travail, mais ils semblent en augmentation ces dernières années. Avec l’économie de services, les hommes se trouvent plus instrumentalisés qu’auparavant : l’anonymat, le manque de dialogue, le stress lié aux restructurations ou aux menaces de chômage génèrent de la concurrence entre salariés et dégradent la notion de « vivre ensemble ».

Au-delà des risques individuels que comporte cette situation, elle peut engendrer aussi des risques collectifs. Ainsi, début octobre, la direction de la centrale nucléaire de Flamanville a du stopper le réacteur numéro 1 pendant le week-end. Une trop forte pression au travail a amené le comité d’hygiène et sécurité de la centrale a faire valoir, pour la première fois, son droit d’alerte. « Des salariés pleurent au boulot. Certains en viennent aux mains parce qu’ils manquent d’outillage. Le personnel est à cran, la pression est intense » a témoigné un délégué syndical. Il y a 10 ans, la centrale disposait de 150 exécutants spécialisés capables de venir en appui des sous-traitants, ils ne sont plus que 29 aujourd’hui…

Les angoisses des Français, particulièrement dans le cadre du travail, montrent à quel point notre société est bloquée. Il faudra d’abord surmonter cet obstacle si l’on veut parvenir à des réformes de fond.

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 09:15

         L’actualité bretonne de cet été a porté en grande partie sur la pollution des côtes par les algues vertes. La prolifération de la laitue de mer (Ulva armoricana) serait responsable de la mort d’un cheval et est fortement suspectée d’être à l’origine de problèmes sanitaires qui suscitent des débats animés. La décomposition de ces algues, amassées en grande quantité, dégage de l’hydrogène sulfuré, gaz très malodorant à faible concentration et très toxique à concentration élevée (et là on ne perçoit plus son odeur).

Ce phénomène est connu depuis une quarantaine d’années dans plusieurs régions du monde, notamment aux Etats-Unis, en Chine et en Europe du Nord, mais plus spécialement en Bretagne. Comme toujours en environnement, le phénomène ne doit pas être simplifié abusivement puisque cette prolifération résulte de la conjonction d’un faisceau de facteurs relatifs au sol, au climat, à l’hydrodynamique et aux activités humaines. Quoi qu’il en soit, cette prolifération résulte essentiellement d’un apport important de deux nutriments : l’azote est majoritaire, en provenance de l’agriculture, et le phosphore apporté par les rejets urbains d’eaux chargées de détergents.

Il faut rappeler à cet égard que la Bretagne compte sur son sol 3 millions d’humains, mais aussi 3 millions de bovins, 14 millions de cochons et 350 millions de volailles (chiffres du Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne). Avec 5 % de la surface agricole utile française (SAU), la Bretagne accueille 30 % des élevages de veaux, 60 % de porcs et 45 % de volailles. Une telle concentration produit une charge en nitrates bien supérieure à ce que la terre et l’eau peuvent supporter.

La résolution du problème est tout aussi complexe que sa genèse. Dans la grande polémique qui s’est installée à la suite des incidents de cet été, au-delà du rappel du principe pollueur-payeur, de la condamnation de l’Etat français pour autorisation abusive de porcheries industrielles, des engagements du Grenelle de l’environnement non appliqués, du non respect par la France des directives européennes ou de… menaces de mort à l’encontre d’écologistes, on voit bien qu’il s’agit d’un problème plus global et plus collectif.

Certes l’agriculture (et non les seuls agriculteurs) a une grande responsabilité dans cette affaire en ne respectant pas toujours les engagements pris en matière d’environnement (on nous parle d’agriculture raisonnée…). Mais l’Etat, plus prompt à plier devant les lobbies qu’à respecter ses propres engagements, les collectivités locales qui n’ont toujours pas pris les mesures nécessaires en matière d’assainissement, les consommateurs qui veulent payer toujours moins chers les produits alimentaires, sont autant d’explications à la lenteur de la résolution de ce problème majeur.

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 09:21

« Je vous parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître » dirait la chanson d’Aznavour… C’était avant 13 heures, sur Radio Luxembourg dans les années 1950, le feuilleton « ça va bouillir » était animé par Zappy Max, incarnant un bouillant reporter de l’Eclat, qui au moment fort de l’action, lançait son expression favorite. Que dirait aujourd’hui le fantaisiste à propos des modifications climatiques, alors que l’on commence à découvrir l’ampleur du phénomène :

- Les pluies torrentielles de juillet dans le sud-ouest de la Chine ont affecté presque 7 millions de personnes dont 250 000 ont dû être relogées. Le quart du territoire chinois consiste maintenant en vastes étendues de sable et le désert gagne 2 500 km2 par an.

- En août l’Inde a connu une baisse saisonnière de 30 % des précipitations, entraînant une forte sécheresse. Celle-ci aggrave les difficultés de l’agriculture, renchérit les denrées alimentaires et génère des conflits armés locaux.

- Les inondations de septembre en Turquie ont fait quelques dizaines de victimes et endommagé 4 000 maisons.

- Les fortes pluies sur toute l’Afrique de l’ouest et centrale de juin à septembre ont provoqué d’importants dégâts et atteint 100 000 personnes au Niger. Le lac Tchad était la 4ème réserve d’eau douce d’Afrique et faisait vivre 300 000 personnes avec la pêche, il a perdu 90 % de sa surface en 40 ans.

- Les conditions de sécheresse du sud-est de l’Australie font craindre une baisse de l’ordre de 60 % sur la récolte de blé. La sécheresse actuelle est estimée comme la pire depuis… 1 000 ans, et le premier ministre considère qu’elle donne un aperçu de l’avenir de son pays.

La perturbation du climat est devenue une réalité, responsable de 300 000 morts par an selon le rapport du Forum humanitaire mondial. Certes, les experts ne sont pas tous d’accord et il est sûr que la diversité et la complexité des mécanismes en jeu doit rendre prudent sur toute projection dans l’avenir. Mais il est avéré que les modifications climatiques agissent sur les rendements agricoles et l’accès à l’eau, éléments forts de déstabilisation et de crises humanitaires, d’autant plus que les pays pauvres sont les plus exposés. Bref, il y aura de quoi alimenter les conversations au sommet de Copenhague en décembre pour les négociations sur le climat. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, déclarait à ce propos le 3 septembre : « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme ». Rassurant, non ?

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 08:44

Il y a peu, pour annoncer son exposition de plantes du jardin potager, la Dépêche du Pays de Bray titrait : « Jean-Pierre, cultivateur d’arômes ». Effectivement, Jean-Pierre Valet présentait en septembre, à Forges-les-Eaux (Normandie), une récolte impressionnante de 250 plantes : 18 variétés de thym, 8 de basilic, 90 de tomates, et aussi courges, cardons ou autre sorgho… parmi lesquelles beaucoup de plantes aromatiques.

Ce jardinier amateur du Pays de Bray fait ainsi œuvre de pédagogie auprès d’un large public. Mais son rôle de conservateur d’un patrimoine collectif est peut être plus important encore : il assure, de fait, la gestion d’une réserve génétique. En cultivant toutes ces plantes dans son propre jardin, Jean-Pierre participe à la sauvegarde de la biodiversité, c’est un jardinier du futur.

L’agriculture française est en crise inavouée, mais réelle et profonde. Son productivisme et sa standardisation la rendent de plus en plus préjudiciable à la nature. Du même coup, par effet boomerang, elle se fragilise avec l’appauvrissement et l’érosion des sols, la raréfaction d’animaux prédateurs, la diminution des insectes pollinisateurs, etc.

Les modifications climatiques, encore modestes, peuvent compromettre fortement les rendements de plantes hyper sélectionnées, comme on l’a vu récemment pour le blé en Australie ou les pommes de terre aux Etats-Unis. Si l’on ajoute à cela une marchandisation abusive des semences et variétés, le potentiel de choix de cultures se réduit.

C’est récemment, à cause des « émeutes de la faim », que l’on a re-découvert l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Celle-ci ne sera possible que si l’on dispose d’un potentiel de variétés important afin de pouvoir s’adapter en permanence à des exigences climatiques dures.

Voir aussi nos chroniques « Paysan, un métier du futur ? » du 3 juin 2008 et « Nos enfants nous accuseront ? » du 31 mars 2009.

C’est grâce à des jardiniers comme Jean-Pierre que cela sera possible, au moins à petite échelle, pour des maraîchages locaux par exemple. Ce genre de démarche n’est pas unique, de véritables conservatoires ont été mis en place ces dernières années (www.arehn.asso.fr) , mais cela reste marginal, peu considéré et quasiment pas encouragé par les institutions et les professions agricoles. C’est pourtant la somme de ces initiatives qui sera garante… de notre alimentation du futur, rien que cela.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:05

Le G20 s’est réuni ces jours-ci à Pittsburgh, aux Etats-Unis. Le Groupe des 20 est un forum économique créé en 1999. Il rassemble 19 états et l’Union Européenne afin de favoriser la concertation internationale à travers un dialogue élargi aux grands pays émergents. L’histoire de ce groupe remonte à 1975, date de création du G6, élargi en G7 puis en G8 avec les pays les plus puissants du monde sur le plan économique. Enfin, la Chine, l’Inde, etc. rejoignent le groupe pour former le G20. Actuellement, c’est le G8 qui décide de grandes orientations relatives à l’économie mondiale. Les autres pays du G20 ne participent pas encore totalement à cette gouvernance mondiale. C’est déjà une avancée considérable, mais les pays les plus pauvres ne participent pas du tout à ces discussions.

Devant l’ampleur de la crise économique mondiale, le G20 devrait pouvoir fonctionner de façon permanente, avec l’objectif d’associer au plus tôt les petits pays. Cela demande une refonte de l’ONU (Organisation des Nations Unies). On sait qu'il existe environ 200 pays dans le monde, mais on ne peut en préciser le nombre exact, car certains territoires sont considérés comme indépendants par au moins un autre état, mais pas par l'ONU. Le nombre le plus vraisemblable est de 198 états.

Il est devenu indispensable de faire un saut démocratique à l’échelle mondiale afin de réguler, par exemple, les marchés des denrées agricoles pour en faciliter l’accès aux pays les plus pauvres, au moment où l’on vient de dépasser le milliard d’humains sous-alimentés (dont 50 % de petits paysans !). La régulation d’une économie mondialisée passe nécessairement par une gouvernance mondiale, ce qui suppose des discussions à 200 dans le cadre de l’ONU, avec des règles de fonctionnement qui restent largement à inventer. Il faut passer de la « parlotte » aux décisions effectives… pas simple ! Actuellement, au sein du G8, en quelque sorte, on parle de tout, mais on ne décide rien.

Avec la gestion des modifications climatiques, un enjeu essentiel de cette gouvernance mondiale à inventer est de réguler les productions agricoles afin de ne pas spolier les petits producteurs des pays pauvres. Des investisseurs internationaux s’emparent actuellement de terres agricoles, notamment en Afrique, par le biais de transactions à grande échelle sans trop se soucier de répartition entre exportation et consommation locale. La destructuration des agricultures familiales des pays pauvres se fait trop souvent au profit des pays riches dont les besoins en agrocarburants ou produits tropicaux augmentent.

Faut-il s’accomoder d’un milliard d’humains souffrant de la faim ? Il est temps de prendre le risque d’une gouvernance mondiale, ce sera très difficile, mais cela pourra éviter bien des conflits…

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:49

Les populations d’abeilles sont en déclin partout dans le monde. La situation devient préoccupante dans la mesure où ces insectes pollinisateurs sont indispensables pour la production des fruits. Ainsi fin 2008 aux Etats-Unis, les producteurs de concombres de Caroline du Nord ont du réduire leur production du fait du manque d’abeilles pour assurer la pollinisation. Ce phénomène s’est intensifié et généralisé depuis environ 15 ans. Les chercheurs considèrent que 35 % du tonnage d’aliments végétaux proviennent de cultures dépendant des pollinisateurs, soit de l’ordre de 153 milliards d’euros, ou encore 9,5 % de la valeur de la production mondiale.

Sans que ce soit la cause unique, les pesticides sont régulièrement mis en cause dans la raréfaction des abeilles. En France, entre 1945 et 1985 la consommation de pesticides a doublé tous les 10 ans, pour atteindre près de 80 000 tonnes/an maintenant. On est champion d’Europe ! Plusieurs études récentes ont mis en évidence la présence de pesticides dans de nombreux produits alimentaires.

Les abeilles sont donc victimes, entre autres de cette contamination généralisée de nos biotopes. Et que croyez-vous qu’il arriva ? C’est à la fois dramatique et rassurant… puisque la nature, maltraitée, reprend parfois ses droits. Et c’est ainsi que les abeilles installées dans des ruches urbaines sont devenues plus productives que les abeilles des campagnes ! C’est le cas à Paris, et dans beaucoup d’autres  villes, où les parcs, jardins et espaces verts offrent une grande diversité de fleurs et d’arbres alors que les campagnes se « vident » au profit des grandes cultures ravageuses de biodiversité. Certes les villes sont polluées par la circulation automobile, le chauffage et les industries, mais ces pollutions sur lesquelles de gros efforts ont été faits sont devenues moins redoutables pour les abeilles que les pesticides des campagnes qui entraînent une mortalité de ces insectes butineurs de l’ordre de 30 à 50 %. A Paris, les récoltes de miel atteignent environ 100 kg par an et par ruche contre une dizaine en moyenne seulement à la campagne. Voir aussi notre chronique du 28-04-09 : « Paradoxale la ville ? »

Il existe environ 300 ruches à Paris. Les ruchers les plus connus sont situés au parc Georges Brassens et au Jardin du Luxembourg, mais aussi… sur les toits de l’Opéra Garnier. Le miel de l’Opéra est d’ailleurs vendu dans les boutiques de luxe et est l’un des plus chers du monde.  Faut-il s’en réjouir ou regretter de voir nos campagnes laisser partir des lambeaux entiers de biodiversité…

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 08:44

         Vue de l’espace la nuit, la Terre apparaît comme une « constellation » du fait de l’éclairage public, en particulier en Europe. Les réverbères, qui éclairent souvent autant le ciel que le sol, génèrent une pollution lumineuse qui gène les astronomes, mais aussi beaucoup d’animaux : oiseaux, insectes, chauve-souris,… et les hommes qui ont le sommeil perturbé par cette luminosité trop présente. La généralisation de l’éclairage artificiel estompe l’alternance jour-nuit, ce qui explique ces dysfonctionnements biologiques.

Outre ces perturbations, l’éclairage public est aussi le premier poste de consommation électrique des communes françaises. Dès lors faut-il vraiment éclairer un lycée toute la nuit, par crainte des actes de vandalisme, ou une barrière de ferme dans un hameau isolé pour satisfaire aux exigences de modernisme de certains ruraux ?

L’année 2009 a été décrétée « Année mondiale de l’astronomie » par l’ONU pour célébrer les 400 ans de l’utilisation de la lunette astronomique par Galilée. A cette occasion, des astronomes français se sont interrogés sur la nécessité de créer des réserves de ciel étoilé afin de pouvoir continuer leurs observations. Un projet est en cours de réflexion sur le Pic du Midi dans les Pyrénées, s’inspirant du cas du Mont-Mégantic au Québec qui a abouti à un périmètre de protection de 50 km autour d’un observatoire astronomique. La « réserve de ciel » du Pic du Midi pourrait s’inscrire dans le cadre du parc national.

La nuit noire est devenue rare. C’est pourquoi de nombreux partenaires se sont associés pour organiser le 24 octobre 2009, le premier « jour de la nuit », à l’occasion du passage à l’heure d’hiver. Le but de cette « journée » sera de sensibiliser le public à la fois à l’importance de la nuit noire pour les activités biologiques et… astronomiques, mais aussi à la gabegie énergétique que représente l’éclairage public. Voir le site www.jourdelanuit.fr

 

Si vous n’êtes pas encore abonnés à ce blog et que vous souhaitez être informés dès parution, il suffit de vous reporter dans la colonne de gauche du blog, rubrique "newsletter" et d'y inscrire votre adresse internet.

Vous recevez alors un courriel d'Overblog vous demandant de confirmer. Vous êtes ainsi abonnés et recevez gratuitement (en principe chaque mardi) un courriel d'Overblog vous informant de la parution d'une nouvelle chronique.

Si cette initiatitve vous paraît intéressante, merci de la faire connaître autour de vous. Merci encore et bonne lecture.

Partager cet article
Repost0
8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 08:37

Nous y voilà ! Le principe de la taxe carbone a été retenu en France et c’est la cacophonie, les uns se drapant dans de beaux vêtements verts tout neufs, les autres ressortant les vielles recettes démagogiques. Faut-il le redire encore, nous avons changé d’époque. Il s’agit maintenant d’adapter l’économie et la fiscalité à cette nouvelle donne des ressources rares. Il faut aussi, et avec détermination, réduire les émissions de CO2 afin de ralentir le processus de modification climatique. Alors, la taxe carbone, une surprise ?

Si Michel Rocard a rendu son rapport sur un projet de Contribution Climat Energie (CCE) en juillet 2009, cette mesure avait été retenue dans le Grenelle de l’environnement, à la suite des propositions du pacte écologique de Nicolas Hulot de 2006, accepté par tous les candidats à l’élection présidentielle. Auparavant, en 1991, la Suède avait institué une taxe carbone, de 27 € la tonne, aujourd’hui à 108 € la tonne. Et encore avant, qui se souvient des discours enflammés après le choc pétrolier de 1973 pour faire évoluer l’économie.

Qu’ont fait depuis ces trois décennies les constructeurs automobiles pour produire de nouvelles motorisations, frugales en énergie fossile ? Qu’ont fait les politiques pour modifier l’aménagement du territoire afin de parvenir à une répartition spatiale équilibrée de l’habitat, des services et des emplois, même en milieu rural ? Qu’avons-nous fait, chacun de nous, pour réduire nos déplacements et modifier nos comportements ? Certes, ces dernières années on a vu des débuts de réponse à toutes ces questions, mais bien timorées encore. Malgré des années de pédagogie, d’information, de médiatisation, on voit bien que le seul argument qui pèse (à l’exemple du bonus-malus sur les voitures) c’est le FRIC. Nous n’avons pas voulu regarder collectivement la réalité, il faudra bien payer la note… Voir notre chronique du 26-05-09 : « Vers une dictature écologiste ? »

Il est vrai que ce sont les gens les plus fragiles qui risquent de subir cette taxe le plus douloureusement. Mais la fiscalité est un art si subtil que l’on peut imaginer aisément des compensations adaptées. Quoi qu’il en soit, il paraît indispensable que tout le monde y participe, même modestement, afin que cette taxe soit dissuasive. En évitant de construire une usine à gaz, il faut que cette taxe soit juste, simple et transparente. Il faut aller progressivement vers une fiscalité qui protège l’environnement, en annonçant dès le départ que cette taxe commence à un taux modeste (par exemple autour de 25 €) et augmentera de 5 à 10 % par an, à définir. Il faut également prévoir au départ que cette taxe soit payée par tous (y compris les entreprises, les collectivités et les transports routiers et aériens) et pas seulement par les ménages et qu’une redistribution soit possible en fonction de critères liés aux économies d’énergie. Oui, il faut rapidement une taxe carbone applicable à tous, progressive et juste.

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 09:29

       Bundanoon est une petite ville australienne de 2 000 habitants, située à 120 km au sud de Sydney. Cet été, cette ville a acquis une notoriété considérable lorsque ses représentants ont décidé de bannir les bouteilles d’eau en plastique. D’ici la fin de cette année, les magasins devront proscrire la vente de bouteilles d’eau, aussi bien dans les distributeurs automatiques que dans les boutiques. Ceci au prétexte que « cette petite communauté veut un développement durable ».

         Si l’on considère l’énergie utilisée pour la mise en bouteille et l’emballage, les livraisons, le recyclage des bouteilles, la publicité, le coût total d’un litre d’eau est d’environ 2 €, soit plus cher que l’essence ! Sans aller jusque là, l’eau en bouteille est vendue en moyenne 0,40 € le litre dans la grande distribution, tandis qu’elle ne coûte que de 0,002 € au robinet, environ 200 fois plus cher !

         Selon des études américaines, la consommation d’eau en bouteille a augmenté de 57 % entre 1999 et 2004. Les pays développés sont bien sûr, en tête de cette consommation, mais les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ne sont pas en reste. Les Français consomment 145 litres d’eau en bouteille par personne et par an.

        On pourrait ajouter à ces considérations financières que les bouteilles sont fabriquées avec un dérivé du pétrole, qui va devenir rare, que le recyclage n’est que partiel (environ 50 %) et l’incinération polluante. Cela fait beaucoup de handicaps environnementaux.

         Pour compléter le tableau faut-il rappeler que nos grands-mères ont connu, après la seconde guerre mondiale, la « révolution de l’eau sur l’évier ». L’aménagement des réseaux de distribution permettait d’avoir l’eau courante à la maison et dispensait de transporter l’eau depuis une fontaine ou un puits. Maintenant, nous trouvons « amusant » ( ?) d’attraper des packs d’eau sur les rayons de super marché, de les placer dans un chariot, de les présenter à la caisse, de les transvaser dans le coffre de la voiture, de les décharger pour les ranger à la cave, puis les remonter pour la consommation… Un véritable « syndrome de l’eau lourde » ! Alors qu’il suffit de tourner le robinet…

        Certes, il arrive ici ou là que l’eau du robinet ait mauvais goût, ou qu’elle sente le chlore. Mais alors ne faudrait-il pas être plus exigeant vis-à-vis des responsables des réseaux de distribution pour avoir une eau de qualité, plutôt qu’accepter de payer un produit de première consommation 200 fois son prix. Là encore, la Crise peut faire œuvre de pédagogie. C’est ainsi que l’on a vu, en France, la consommation d’eau en bouteille baisser de 6 % en un an. Et puis, souvenons-nous que dans le monde, plus d’un milliard de personnes souffrent d’un déficit en eau potable… Alors, c’est décidé, nous aussi nous allons faire pschitt avec l’eau en bouteille.

Partager cet article
Repost0
24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 17:32

        En 20 ans, « la France a perdu 10 % de ses oiseaux nicheurs », tel est le bilan que vient de publier le Museum national de Paris à la veille de l’été. Le programme Vigie-Nature du Museum fédère les réseaux d’observateurs volontaires de l’évolution de la biodiversité. Le plus ancien de ces réseaux (9 000 points d’écoute dans 90 départements en 2008) suit les oiseaux communs. Le verdict est sans appel : 10 % des oiseaux communs nicheurs ont disparu depuis 20 ans, d’abord les espèces urbaines et agricoles, puis les espèces forestières. Les raisons du déclin tiennent essentiellement à la dégradation des habitats et au réchauffement climatique. L’annonce récente faite par la France de stopper la disparition des espèces d’ici à… 2010 laisse un peu dubitatif.

        Ce constat fait en France vaut aussi pour l’Europe (21 pays recensent les oiseaux nicheurs) et a fortiori pour l’ensemble de la planète (Voir notre chronique « 44 838 espèces ? » du 25-11-08). Ainsi, début juillet, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) publiait son rapport qui confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme qui serait beaucoup plus rapide que par le passé, y compris pendant les grands épisodes d’extinction connus à l’échelle géologique.

        Bien sûr, pour bien gérer ce fabuleux patrimoine qu’est la biodiversité, il faut d’abord bien le connaître, ce qui est loin d’être évident. Certains organismes s’y emploient, comme le Museum de Paris qui vient de lancer, dans un autre domaine de la biodiversité, un reclassement complet de son herbier, soit 11 millions d’échantillons de plantes récoltées dans le monde entier depuis près de quatre siècles. C’est l’herbier le plus important au monde.

         En région aussi, les travaux avancent. Ainsi la Région de Haute-Normandie vient de créer l’Observatoire permanent de la biodiversité, des habitats et des paysages, en partenariat avec l’Etat et les Départements. Il était grand temps, si l’on se souvient que dans cette région 95 % des espèces d’invertébrés sont considérées comme menacées ou éteintes… De même, sur les 2 000 espèces de plantes sauvages inventoriées, 193 sont considérées comme disparues et 551 très vulnérables.

      La nature, ce n’est pas seulement « les petites fleurs et les petites bêtes » mais aussi… notre nourriture et notre milieu de vie. Le rapport de l’UICN souligne que 36 % des mammifères consommés par l’homme dans le monde sont en danger. Ceci nous renvoie aux menaces, rappelées ces dernières années, pour la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud.

Partager cet article
Repost0