Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
  • Contact

Profil

  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

Recherche

Pages

Catégories

20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 17:27

 

          C’est Noël, voici le moment de vous offrir un conte ! :

 

Dans ces temps non encore arrivés, le journaliste vedette de la Télé-France-Monde est RNJD. Ce sigle n’est pas son vrai nom mais son pseudonyme : Rien N’est Jamais Désespéré. Nous avons pu nous procurer, avec un peu d’avance, le texte de son prompteur (dispositif permettant de lire un texte en toute discrétion pendant que l’on est filmé) pour le journal télévisé du 15-04-2017 :

- Bonsoir, bienvenue sur TFM, voici les titres des nouvelles que nous allons développer dans un instant :

- La nouvelle présidente de la république française, élue samedi dernier, a nommé aujourd’hui les quatre ministres de l’Environnement, du Social, de l’Economie et de la Gouvernance. Chacun de ces quatre ministres, deux hommes et deux femmes, désigneront à leur tour, la semaine prochaine, les quatre ministres-adjoints de chacun de leurs ministères. Le gouvernement de 20 membres sera ainsi au complet. Il restera à chaque ministre-adjoint à mettre en place un Conseil de la république, pour chacune de leurs attributions. Comme vous le savez, cette instance fait suite à la promulgation de la 6ème république, en 2015, elle a pour objet de mettre le ministre en contact direct et permanent avec la société civile, de façon à ce que les décisions gouvernementales soient prises au plus près des préoccupations des Français.

- Le communiqué de l’Elysée précise également que, conformément à la constitution de la nouvelle république, il sera désormais veillé au respect scrupuleux du non cumul de mandats et de fonctions, afin d’éviter la professionnalisation de la politique. Sauf exceptions très limitées, aucun élu de la nation ne pourra plus exercer qu’un seul mandat à la fois. Il sera mis au point très prochainement un « statut de l’élu », envisagé depuis les années 1980 et jamais produit, afin que tous les citoyens puissent accéder à un mandat électif et retrouver leur emploi ensuite sans préjudice professionnel.

- Suite à l’élection présidentielle française, le GEU, Gouvernement de l’Europe Unifiée, accueillera en son sein la présidente française, venant ainsi rejoindre les 28 autres chefs d’état européens. C’est le 29 avril qu’aura lieu le prochain conseil des ministres européens, au complet. Le GEU a révolutionné le fonctionnement de l’Europe et celle-ci peut maintenant prendre des décisions applicables pour toute l’Union.

- Le Comité pour l’Economie Equitable de l’ONU vient de supprimer le dernier paradis fiscal de la planète. Le territoire de celui-ci sera rattaché à l’Union Européenne et les 14 banques qu’il comportait encore seront dissoutes.

Bon d’accord, pour 2017, c’est un conte. Mais pour 2032, qui sait ?

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 21:22

       C’était le week-end pluvieux, très pluvieux de la Toussaint. Le ciel de Provence charriait des nuages gris, bas, menaçants… Que faire si ce n’est aller au cinéma, ce que nous fîmes. Le cinéma offrant le plus de possibilités était situé sur la « zone » de Plan de Campagne. Cette zone commerciale, la plus grande de France a été créée en 1960, elle couvre 20 hectares sur les communes des Pennes-Mirabeau et de Cabriès dans les Bouches du Rhône, entre Aix-en-Provence et Marseille. Ce vaste marché regroupe plus de 400 enseignes, dont la plupart ouvertes le dimanche, dans une débauche de néons, d’enseignes clignotantes, d’embouteillages et de stationnements intempestifs. Un condensé de la planète commerciale qui laisse un peu songeur…

Le film, c’était « Il reste du jambon » de Anne Depetrini, avec Ramzy Bedia, Anne Marivin, Fellag, Marie-france Pisier, Leila Bekhti, Géraldine Nakache... Cette comédie tourne autour de la rencontre « coup de foudre » entre Justine, journaliste télé de second ordre, et Djalil un séduisant urgentiste. La belle blonde parisienne et le grand brun de Nanterre sont très amoureux, mais il y a un détail important : l’homme qu’elle aime est… Arabe, ou plutôt «français issu de l’immigration», ce qui n’est pas un détail pour les familles des tourtereaux. Certes, les scènes burlesques, parfois gauches, empêchent que ce soit un grand film, mais le grand mérite de cette mise en scène est de faire l’éloge de l’amour, plus fort que la différence.

Pour ma part, j’ai un plan de campagne. Comme il ne fait pas beau et qu’il reste du jambon, on va se faire une petite bouffe entre amis, français d’origine ou pas, et on va bien rigoler, loin de la planète commerciale. Cela avant que l’on entre dans la vraie campagne, celle de 2012, celle du fric à tout va et qui pourrait bien nous filer un sacré bourdon…

Partager cet article
Repost0
7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 08:20

 

Depuis la mi-octobre, nos abeilles sont en hibernation. Profitons-en pour parler d’elles à leur insu, car l’heure est grave.

Les abeilles constituent un groupe très important du règne animal. Ce sont en effet ces insectes qui sont les premiers acteurs de la pollinisation. Mais les abeilles sont en difficulté et des procès sont en cours entre apiculteurs et producteurs ou utilisateurs de produits phytosanitaires. C’est qu’en effet, si l’apiculture a un poids économique en elle-même, elle a surtout une importance considérable à travers l’activité de pollinisation. Le problème n’est pas simple puisqu’on a recensé une quarantaine de causes à la surmortalité constatée des abeilles. Les pesticides sont mis en cause, mais il y a controverse et d’autres menaces sont mises en avant selon les acteurs concernés, tels que les parasitages par le Varroa, le frelon d’Asie ou la monoculture. Le Varroa destructor est un acarien qui se nourrit de l’abeille. Le frelon Vespa velutina est arrivé en France en 2005 par le sud-ouest, c’est un prédateur redoutable dans la mesure où cinq à six frelons peuvent décimer une ruche. Enfin la monoculture de l’agriculture intensive entraîne une carence chez l’abeille.

Il y aurait en France 70 000 apiculteurs (qui produisent 20 000 tonnes de miel/an) dont 3 % ne vivent que de cette activité.  15 000 apiculteurs auraient cessé leur activité depuis 20 ans du fait de la surmortalité des abeilles. Ce n’est pas le moindre paradoxe que de constater que l’avenir du rucher français dépend surtout du milieu urbain… On peut voir aussi à ce sujet : http://www.michel-lerond.com/article-36370896.html.

Il est donc indispensable de poursuivre des études approfondies sur les effets nocifs des pesticides, en relation avec les responsables agricoles, mais aussi sur les parasites et les maladies des abeilles. Les universitaires ont un rôle important à jouer dans ce domaine, sachant que les synergies entre ces principales causes sont certainement complexes et redoutables. Mais, par-dessus tout, il convient de préserver des friches avec plantes mellifères, y compris en milieu urbain, sous forme de prairies fleuries ou de toitures végétales par exemple : http://www.michel-lerond.com/article- 52745820.html.

L’abeille, par sa présence planétaire et sa capacité à collecter les polluants par l’intermédiaire du pollen, est de fait un indicateur de premier ordre sur l’état de la planète. « Si les abeilles disparaissaient du globe, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre » aurait déclaré Albert Einstein. Nous voilà prévenus…

 

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 18:55

       Hiroshima mon amour est un film franco-japonais d’Alain Resnais sorti en 1959, c’est la relation d’un amour impossible et un appel à la réconciliation des peuples. A Nagoya au Japon, la conférence mondiale sur la biodiversité fut aussi la relation d’un amour difficile entre l’homme et la nature et un appel entre les peuples du Nord et ceux du Sud pour une exploitation raisonnable de la nature.

       Les deux enjeux majeurs de notre époque sont bien le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. Nous sommes confrontés aux limites des ressources de la biosphère, tant énergétiques que biotiques, sans oublier les ressources en eau. Nous sommes, probablement, face à la sixième extinction des espèces et celle-ci est très largement imputable aux hommes. Certes, l’empreinte écologique est un indicateur qui peut être discuté, mais elle a doublé depuis les années 1960, ce qui signifie que l’humanité consomme les ressources naturelles plus vite que les écosystèmes ne peuvent les produire. Dès lors, arrêter ce déclin devient une question de survie.

       C’est ainsi que la conférence de Nagoya, qui s’est tenue du 18 au 29 octobre, a été le point d’orgue de l’année internationale de la biodiversité et une note d’espoir, en fonction des accords auxquels sont parvenus les 193 pays participants. Trois textes clés ont été adoptés : le protocole sur le partage des richesses génétiques, le nouveau plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique et la mobilisation des ressources financières. Le premier texte définit un cadre pour l’exploitation des plantes et autres organismes, notamment dans les territoires du Sud par les entreprises du Nord. Tout n’est pas réglé, mais c’est une avancée importante. Le plan stratégique fixe 20 objectifs pour la période 2011-2020 et une augmentation substantielle des financements. Il est vrai qu’à ce stade ce sont surtout des intentions, qu’il faudra concrétiser dans les divers états concernés. Enfin Nagoya a ouvert la voie à la création du « GIEC de la biodiversité », l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem services), plate-forme internationale qui devra être actée par la prochaine assemblée générale de l’ONU.

       Parmi les 20 objectifs du plan stratégique, il en est un particulièrement intéressant et efficace, celui qui consiste à réduire ou supprimer les subventions à des actions néfastes à la biodiversité. L’Europe et la France semblent très concernées par cette mesure… en matière de politique agricole, notamment.

       Sans doute cet accord de Nagoya manque-t-il de contraintes fortes et de sanctions en cas de non respect, mais c’est une avancée dont il faut se réjouir. De façon majeure, Nagoya affirme l’importance fondamentale de la nature pour l’économie et la société. Que Nagoya, mon amour, marque le début d’une longue, très longue idylle entre l’homme et la nature !

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 17:22

       Louis Aragon l’avait affirmé, puis Jean Ferrat l’avait chanté : la femme est l’avenir de l’homme. Notre société, passablement phallocrate, a souvent laissé trop peu d’initiatives aux femmes. En sera-t-il toujours ainsi avec le développement soutenable ?   

    C’est ce qui pourra être discuté lors du colloque régional : « Femmes et Développement Durable ». Ce colloque se tiendra à l’initiative de l’Observatoire des Femmes de Haute-Normandie, le lundi 6 décembre 2010, de 14 h à 17 h, Faculté de droit, 3 avenue Pasteur à ROUEN.

    Il s’agit de sensibiliser les femmes et tout particulièrement les jeunes filles aux questions du développement durable en privilégiant deux questionnements :

    - Existe-t-il une spécificité Femmes /Hommes au regard du développement durable ?

    - Les métiers liés à la  croissance verte offrent-ils des opportunités de formation et d’emploi pour les jeunes filles et pour les femmes dans la région Haute Normandie ?

       La deuxième question s’inscrit tout particulièrement dans le Plan de Mobilisation des Filières et des Territoires du Ministère de l’Ecologie dont l’enjeu est de faire de la croissance verte un levier pour l’emploi. Victimes « privilégiées » des emplois précaires et du chômage, les femmes ne risquent-elles pas de passer à coté de la croissance verte portée par des secteurs encore très masculins  (BTP, Ingénierie….) Quelles incitations, quelles formations doit-on leur offrir pour leur permettre d’accéder plus facilement à ces secteurs porteurs ?

       L’objectif sera d’impliquer les acteurs locaux concernés par ces questions : l’Etat, la Région, les services de l’éducation et de la formation, les filières professionnelles et les entreprises, les associations… et les femmes, en leur donnant l’occasion de s’exprimer sur cette thématique.

       Le colloque sera présidé par le SGAR de la Région Haute-Normandie et la déléguée Régionale aux Droits des Femmes et à l’égalité.                     

      Faut-il rappeler que le principe 20 du Programme d’action de la Conférence de Rio indique que les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l’environnement et le développement, leur pleine participation est essentielle à la réalisation d’un développement durable.

Contacts : Marie-Hélène Joyen-Conseil mhjoyenconseil@gmail.com et Bernadette Bras bbras@sfr.fr            

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 16:34

 

            Voilà dix ans que Théodore Monod s’est éteint à Versailles, le 22 novembre 2000, âgé de 98 ans. Il est né, en effet, le 9 avril 1902, à Rouen, au numéro 9 de la rue Henri Lafosse. Théodore André Monod fut un scientifique naturaliste et explorateur. Il fut l'un des plus grands spécialistes du Sahara au XXe siècle et produisit environ 1 200 publications, considérées comme des références. []Monod est fils d’un pasteur et théologien protestant dont l'influence spirituelle a beaucoup joué sur leur fils qui fut aussi un humaniste. Monod plaça toujours l’humain au cœur de ses actions. C’est ainsi qu’il prit part aux mouvements antinucléaire, antimilitariste, non violents, de défense des Droits de l'homme et de l'animal, en manifestant toujours beaucoup d’exigence.

Un bref rappel de sa carrière est éloquent. Il entre au Muséum national d'histoire naturelle en 1922 et y soutient sa thèse en 1926. Il découvre le continent africain dans le cadre de missions de recherche, parcourt le Sahara occidental pendant plus de soixante ans à dos de dromadaire ou à pied. Au Mali, il découvre le squelette de l'homme d'Asselar, estimé à - 6 000 ans. Il découvre de nombreux sites néolithiques et des espèces végétales. En 1938, Monod est affecté à Dakar pour créer l'Institut français d'Afrique noire (IFAN) qui, sous son impulsion, devient un très grand centre scientifique. Il est nommé directeur du laboratoire des pêches d'outre-mer au Muséum en 1942, membre de l'Académie des sciences d'outre-mer en 1949 et de l'Académie de marine en 1957. Il est élu à l'Académie des sciences en 1963, considéré par ses pairs comme un des meilleurs spécialistes des poissons et crustacés. Deux genres et 35 espèces végétales, huit genres et 130 espèces animales sont dédiés à Théodore Monod. Il voit pour la dernière fois le Sahara en 1996, avant de perdre totalement la vue, à 94 ans.

A l'occasion du 10ème anniversaire de sa disparition, le Muséum national d'Histoire naturelle rend hommage à Théodore Monod, afin de mettre à l’honneur, en cette année de la biodiversité, l'un des premiers défenseurs de l'environnement (http://www.mnhn.fr) : exposition du 26 octobre 2010 au 17 janvier 2011 au Cabinet d'histoire du Jardin des Plantes ; publication d’un ouvrage sous la direction de Mauricette Berne et Ambroise Monod (La vie de Théodore Monod racontée par ses proches à partir d'archives. Editions Le Chêne, 288 p.).

En 1979, je venais de publier dans la revue Histoire et Nature des « Eléments pour une histoire de la botanique en Normandie ». Théodore Monod fut particulièrement intéressé et me fit connaître à cette occasion un manuscrit relatant le voyage de Messieurs Vaillant et Danty d’Isnard sur les côtes normandes et bretonnes en 1707. Un moment fort !

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 08:31

       On vit une époque formidable : tout est devenu écologique ! C’est tant mieux quand cela va au-delà de la simple communication commerciale. Mais attention à la dérive du vocabulaire… En fait, le souci de la protection de la nature, prend ses racines dans un passé bien plus lointain qu'on l'imagine souvent, dès le Moyen Age parfois, à la fin du 19ème siècle plus largement. Bien que l'invention du mot écologie date de 1866, c'est surtout depuis une cinquantaine d'années que ce courant de pensée s'est généralisé.

       Durant les années 1960-70, on parle surtout de "protection de la nature". Pendant les années 1980-90, les termes "environnement" et "écologie" deviennent à la mode et les concepts s'élargissent pour considérer les activités humaines et pas seulement la nature. Le passage aux années 2000, c’est l'émergence d'une culture qui met écologie, social et économie sur le même plan. Dans le même temps le concept s'élargit encore dans deux directions avec la notion de "paysage", vocable qui véhicule un concept plus global, une synthèse entre la nature et les productions humaines et la notion d'"écologisme", terme qui désigne "l'écologie politique" à l'origine de la création de plusieurs partis.

       Les années 2000-2010, c’est la montée en puissance de la notion de développement soutenable, des préoccupations du public liées aux dérèglements climatiques et aux faiseurs d’opinion qui s’en suit. Quelques évènements météorologiques forts ont marqué les esprits et ont suscité questions et réflexions. Un sentiment de peur s’installe, en même temps que celui qu’il est encore temps d’agir, mais qu’il y a urgence.

       On aurait économisé bien des débats stériles si l’on avait distingué l’écologie et l’écologisme (ce qui fut proposé par le CNRS dans les années 1980, mais non appliqué). Il ne faut pas confondre en effet l’écologie, la science qui étudie les relations des êtres vivants entre eux, avec l’homme et le milieu environnant (dont les écologues sont les praticiens), avec l’écologisme, un courant de pensée en faveur de la protection de la nature et de l’environnement (ou écologie politique dont les tenants sont les écologistes). Les deux disciplines sont tout à fait respectables, et souvent complémentaires, mais la désignation des deux thématiques par un même vocable a créé une confusion des esprits. Ce fut le cas par exemple dans l’ouvrage de Luc Ferry  (Le nouvel ordre écologique, Grasset, 1992) où l’auteur tient des propos alambiqués en confondant écologisme avec écologie « profonde » (très dogmatique), allant jusqu’à lui trouver des relents pétainistes et des affinités avec le fascisme hitlérien…       

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 16:33

           

La fameuse formule « Penser globalement, agir localement » a été reprise et réappropriée par tant de monde que l’on ne sait plus que son auteur en est René Dubos (agronome, biologiste et écologue français, 1901-1982). A l’aboutissement de sa carrière de chercheur, Dubos se réoriente vers l'écologie globale et contribue à préparer, en 1972, le rapport de base de la première Conférence des Nations Unies sur l'environnement de Stockholm. Il est ensuite à l'origine de la création du Programme des Nations unies pour l'environnement.

         C’est bien cet état d’esprit qui préside à une émission de télévision qu’il faut absolument regarder : Global Mag, sur Arte. Du lundi au jeudi à 13h30 (durée 26 mn), Émilie Aubry tient la chronique planétaire de l’environnement.

Ce magazine prend le pouls de la planète et fait de la défense de l’environnement l’affaire de tous en nous emmenant à l’autre bout du monde ou au coin de la rue pour ausculter les maux du village global et pour imaginer ensemble comment y remédier (coproduction Arte France et Capa).

Le site de l’émission comporte un blog (http://global.arte.tv/fr) auquel je collabore désormais en tant qu’Eco-Respondant (Professionnels engagés, bloggeurs militants ou simples curieux du web et de la planète, qui apportent leurs témoignages).

Ainsi, le 26 octobre était publiée la chronique « Qualité de l’air : mieux, mais loin d’être limpide » http://global.arte.tv/fr/2010/10/26/qualite-de-l%E2%80%99air-mieux-mais-encore-loin-detre-limpide/  : Un être humain inspire environ 23 000 fois par jour. Au total, ce sont 15m3 d’air qui circulent dans nos poumons ! Mais on inspire quoi, au juste ? Notre nouvel Eco’respondant, Michel Lerond, a travaillé dans le domaine de l’environnement pendant 35 ans – et étudié notamment la qualité de l’air. Il tire le portrait de ce qui se balade dans nos poumons.

A suivre, chaque jour sur Arte pour l’émission et sur le web pour le blog, à une cadence mensuelle pour ma chronique. On peut revoir l’émission sur le web.

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 08:54

 

L’homme se distingue du reste du monde animal, en particulier, par le fait qu’il est conscient de sa mort. Très vite dans sa vie, il comprend qu’il est mortel et se pose des questions métaphysiques. La prise de conscience qu’il puisse y avoir une fin irrémédiable est génératrice d’angoisse. Cette angoisse peut être atténuée, voire supprimée, ou sublimée, si l’on transcende la brièveté de la vie terrestre par la croyance en une vie éternelle, donc au-delà de la mort. S’il existe une force supérieure, un grand architecte, une divinité, un Dieu qui créé et régit tout cela, la vie terrestre n’est plus qu’une étape dans un processus beaucoup plus complexe. L’angoisse est alors atténuée, ou annihilée, par la croyance en Dieu. A l’échelle individuelle, Dieu est calmant, c’est un anti-dépresseur.

L’homme est aussi un animal grégaire qui ne peut vivre seul indéfiniment. Le groupe auquel il appartient fonctionne comme tout groupe animal, avec des dominants et des dominés. La promesse d’une vie éternelle transforme la vie terrestre en un passage obligé, constitué de rites, de souffrances, de servitudes qu’il faut accepter et surmonter pour pouvoir « gagner » cet au-delà. La croyance devient alors religion, s’érige en dogme et ouvre la voie à une mise en servitude des fidèles par rapport à une caste dominante. A l’échelle collective, les religions sont un instrument de pouvoir, un instrument politique, au sens où elles permettent une gouvernance du peuple.

La science répond à la question du comment, mais ne peut répondre à la question du pourquoi. Paradoxalement, Dieu apporte de la rationalité au monde en justifiant le fait qu’il y ait quelque chose plutôt que rien. Les religions elles, apportent de la rationalité à la société en l’organisant et en évitant, ou limitant, les conflits les plus sauvages. Cela relève de la philosophie, c’est un choix individuel et collectif.

Chacun est libre de ses croyances, ce qui ne doit pas pour autant remettre en cause des faits avérés comme l’évolution des espèces, démontrée par les découvertes paléontologiques. Certes l’évolutionnisme reste perfectible, mais le créationnisme constitue, lui, un dogme affirmé sans fondement autre que la croyance en un concepteur d’ordre supérieur. On est proche alors du totalitarisme idéologique le plus détestable. Quoi qu’il en soit, les religions resteront un facteur parmi d’autres de l’évolution des sociétés humaines, en proposant des points de repère et des réponses aux interrogations existencielles.

Pour ma part, rationnel comme je suis, à la certitude des religions qui ne peut être démontrée, je préfère le charme des incertitudes de la nature.

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:14

 

        L’Académie des sciences publie un dossier intitulé « Libres points de vue d'Académiciens sur la biodiversité » (www.academie-sciences.fr/actualites/textes/points_vue_07_07_10.pdf), à l’occasion de l’Année internationale de la biodiversité. Ce dossier présente les réponses de différents membres de l’Académie, aux questions suivantes : Qu'est-ce que la biodiversité ? Quelle est l'importance écologique de la biodiversité ? Quels sont les principaux bénéfices de la biodiversité pour les hommes et leurs sociétés ? Quels sont les faits nouveaux qui suscitent des inquiétudes chez les scientifiques ? L'homme et la biodiversité. Qu'en est-il pour la France ?

         Près de 2 millions d’espèces animales et végétales ont été décrites pour un nombre réel de l’ordre de 10 millions. La diversité écologique est issue de l’évolution, ce qui explique que des espèces et des écosystèmes apparaissent ou disparaissent au fil du temps. Mais le rythme de disparition semble s’être accéléré à l’époque contemporaine, du fait de l’expansion démographique humaine, de la destruction des habitats naturels, de la surexploitation des ressources naturelles, des pollutions et espèces invasives et des changements climatiques. La Conférence des parties de la convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies s’était fixé, en 2002, l’objectif de réduire de façon significative la perte de biodiversité d’ici à 2010. Cet objectif n’a pas été atteint. Au contraire, la perte massive de biodiversité (forêts, lacs, récifs coralliens, notamment) a commencé et va entraîner une réduction forte des services rendus par les écosystèmes aux sociétés humaines. Des actions urgentes et d’une ampleur sans précédent sont donc nécessaires, c’est dans cette perspective que le 11 juin 2010, a été créée la plate-forme inter-gouvernementale d’interface science-politique sur la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes (IPBES), soit l’équivalent du GIEC pour le climat.

Ce qui frappe à la lecture, c’est le consensus extrêmement large sur le fait que la biodiversité est indispensable à la survie de l’homme, qu’elle est menacée et qu’il est urgent de prendre des mesures drastiques. C’est ainsi que, dans cette semaine à Nagoya, au Japon, lors d’une conférence de l’ONU, la protection de la biodiversité sera un enjeu essentiel, dans la mesure où la disparition des espèces et écosystèmes à un rythme accéléré pénalise en premier lieu les populations les plus pauvres.

Pour qu’un message aussi simple et primordial puisse trouver écho auprès du grand public, je ferai mienne la formule de Robert Barbault, écologue au Museum national de Paris, cité dans le dossier : « La biodiversité, c’est le passage du concept de l’homme et la nature à celui de l’homme dans la nature à tous égards, pour le meilleur et pour le pire ».

Partager cet article
Repost0