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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 16:48

La culture du risque :

     Il faut rappeler qu’en 2019, en France, on dénombre 705 sites Seveso classés seuil haut et 607 sites Seveso classés seuil bas. La répartition de ces sites sur le territoire est assez disparate, avec des concentrations, souvent liées à l’histoire industrielle des régions. Avez 58 sites Seveso seuil haut, la Normandie est cinquième, avec une forte disparité, la Seine-Maritime en comptant 11 à elle seule. Ce qui frappe, c’est la concentration, de Rouen au Havre en trois points : Rouen, Lillebonne-Notre-Dame-de-Gravenchon et Le Havre.

     Ainsi pour la zone industrielle de Rouen, l'usine de fabrication d'engrais azotés GPN, filiale de Total, qui stocke 20 000 tonnes d'ammoniac et 10 000 tonnes d'ammonitrates, côtoie le centre de stockage Rubis Terminal (650 000 m3 de produits pétroliers, chimiques et d'engrais) et le fournisseur de gaz Butagaz (800 m3 de propane et 1 600 m3 de butane). Quand l'entreprise GPN est créée en 1912, elle connaît son heure de gloire, à l'instar des autres usines d'une région qui se transforme en l'un des plus importants complexes pétrochimiques de France, employant alors 1 000 salariés. Les ateliers tournent à plein régime pour produire des engrais, mais aussi des lessives ou de l'acide phosphorique. Le groupe construit même des logements pour ses salariés qui résident ainsi à côté de l’usine. Cette proximité avec la ville interroge sur l'équilibre entre enjeux économiques et impératifs de sûreté publique.

     Longtemps, les industriels ont vécu en vase clos avec chacun sa propre stratégie de maîtrise des risques. Mais l’électrochoc AZF, en 2001 à Toulouse, a obligé le monde industriel à réfléchir en commun, avec l’objectif partagé d’analyser les sources de risques, de les éviter et de développer en interne une plus grande culture du risque. C’est à la suite de cet accident que sont nés les PPRT (Plans particuliers des risques technologiques). Le risque zéro n’existe pas, mais il ne faut pas pour autant banaliser le risque, c’est pourquoi les industriels Seveso sont soumis à des règles drastiques en constante évolution. Les dispositifs PPRT obligent à l’identification des sources de risques et à une gestion collective des sites, en associant les Comités hygiène, sécurité et environnement, le tout contrôlé par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et l’Inspection du travail.

     La solidarité entre industriels est souvent plus forte qu’on l’imagine. Ainsi dès l’alerte Lubrizol, d’autres industriels se sont mobilisés pour venir en aide à l’un des leurs, chacun étant conscient que la tragédie est toujours possible. En 2018, la DREAL a recensé une soixantaine d’incidents ou accidents dans les sites Seveso de Normandie.

     A suivre : Les suites à donner.

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