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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 08:44

 

            Bérénice venait de terminer son exposé sur la biodiversité en insistant sur l’importance du Triton crêté, comme espèce caractéristique de certaines zones humides, gages d’équilibre des écosystèmes.

          Lucas leva la main pour poser une question : Mais qu'estce que ça peut bien faire si le triton crêté disparaît ? Ce n'est pas la fin du monde tout de même !  

          Effectivement, la disparition de cet amphibien (Triturus cristatus) ne va pas changer la face du monde ! Mais il est révélateur de l’état du milieu naturel et donc de la qualité de notre milieu à nous, les Humains. Il s’agit d’un triton de grande taille  qui peut mesurer jusqu’à 18 cm. Au printemps, au moment de la reproduction, les mâles de cette espèce présentent une crête dentelée ; ils fréquentent alors les milieux aquatiques. Cette espèce est très sensible à la pollution et la modification des milieux, c’est pourquoi elle préfère les grandes mares ensoleillées comportant une abondante végétation. Depuis une trentaine d’années le Triton crêté s’est considérablement raréfié pour diverses raisons : urbanisation, aménagements routiers, pollutions agricoles, comblement des mares, etc. Si le Triton crêté disparaît d’une zone géographique, c’est le résultat de modifications du milieu, c’est la conséquence de dégradations de l’environnement qui peuvent être préjudiciables à notre cadre de vie et à notre santé.

C'est là une chose simple, mais toujours difficile à expliquer. Bérénice reprit alors son commentaire, en s’appliquant à davantage de pédagogie :

Nous sommes confrontés, nous les écologues, à une difficulté culturelle. Depuis des siècles on nous rabâche que l’Homme domine la nature, que la nature est à notre service, qu’elle est faite pour être exploitée… Mais en fait, nous faisons partie de la nature, nous sommes dépendants de la nature, nous en avons besoin à tout moment pour nous nourrir, nous habiller, nous loger, ou toute autre activité… Si bien que ce n’est pas le Triton crêté en lui-même qui est indispensable, mais la nature dans son ensemble, parce que c’est notre milieu de vie. Dans ce contexte, la disparition d’une espèce sauvage est une alerte. Nous les Humains, sommes aussi une espèce « naturelle ».

La « leçon » fut simple et bien comprise. C’est Lucas qui tira la conclusion : Si je comprends bien, plus de nature, plus de bonshommes !

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Published by Michel Lerond - dans Nouvelles
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Daniel 08/07/2013 16:27

Oui, bon mais, relativisons tout de même un peu. J'ai lu il n'y a pas très longtemps la prose d'un éminent scientifique qui constatait qu'un peu plus de 90 pour cent des espèces animales qui ont
peuple notre planète depuis qu'elle existe ont déjà disparu !
Je suis bien d'accord pour protéger ce qui existe encore ; mais doit- on pour cela prévoir la fin du monde à tout bout de champ ?

Michel Lerond 09/07/2013 08:30



Merci Daniel. Nous sommes bien d'accord, il convient de relativiser, comme je l'ai écrit : la disparition de triton crêté ne serait pas la fin du monde, mais seulement un avertissement. Il
convient de tenir compte de ces avertissements... qui se multiplient, et c'est là que réside le problème. Nous n'avons pas un besoin vital de toutes les espèces, mais nous avons un besoin vital
d'un certain équilibre de la nature.


Quant aux 90 % d'espèces disparues, oui bien sûr, mais attention à léchelle de temps que l'on considère. C'est là aussi une vraie question.


Bien sûr que les choses ne sont pas désespérées et il nous appartient de redonner l'espoir par nos actions. Les choses les plus simples n'étant pas les plus faciles à expliquer !


Michel