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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 16:35

Il y a bien longtemps que nous nous interrogeons sur les frontières qui existent, ou pas, entre l’homme et les autres espèces animales, au point de nous demander si nous ne serions pas tous des singes ? Le changement récent de statut juridique des animaux pour les considérer désormais comme des « êtres vivants sensibles » et non plus comme des « biens meubles » constitue une avancée certaine. On conçoit bien que cette évolution concerne d’abord les animaux dits « de compagnie », mais peut-être y a-t-il encore du chemin à faire pour la faune sauvage. C’est ainsi que nombre de chercheurs ont été frappés de constater l’empathie qui peut exister entre certains grands singes ou même parfois chez les souris, les rats ou les éléphants… Mais si cette empathie peut être très marquée chez les bonobos par exemple, les chimpanzés peuvent faire preuve parfois, au contraire, d’une forte xénophobie. Des sentiments humains en somme… Toutefois, les hommes constituent quasiment la seule espèce capable de s’organiser méthodiquement pour tuer un grand nombre de leurs congénères, ils appellent cela la guerre…

Longtemps l’animalité a été perçue chez l’homme comme une régression, dans un contexte où la domination de la nature par l’homme semblait aller de soi. Mais des études récentes ont montré que cette domination n’était qu’une vue de l’esprit et qu’au contraire, l’homme et la nature sont partie liée.

C’est ainsi que l’on sait, depuis peu, que l’origine de la pandémie de sida (VIH) provient de chimpanzés camerounais qui, vers 1920, ont contaminé un homme qui a propagé la maladie, amplifiée par la prostitution et le manque d’hygiène. C’est dans les années 1960 que le VIH « conquière » d’autres états africains et les Etats-Unis pour infecter 75 millions de personnes et en tuer 36 millions… Plus récemment, on constate un processus de même type avec le virus Ebola. Ce constat pourrait donner à penser que la nature est surtout maléfique pour l’homme. En fait, il existe des relations étroites homme–nature qui rendent les êtres vivants largement interdépendants. Certains chercheurs sont ainsi persuadés que la déforestation de la Guinée a contraint des chiroptères (chauve-souris), porteurs du virus Ebola, à se déplacer et se rapprocher des villages, augmentant ainsi les risques de transmission aux hommes. En Asie du Sud-Est, la destruction de la forêt primaire a contraint des populations de macaques à se déplacer en transmettant une souche virulente de paludisme aux hommes. En résumé, cela signifie que la destruction des milieux naturels peut avoir des impacts importants sur la santé humaine. Il n’y a donc pas à opposer l’homme et la nature, il faut prendre en compte les synergies obligatoires du monde vivant, parfois pour le meilleur… ou pour éviter le pire.

Moi grand humain, voudrait être l’ami de petit singe.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 18:52

De 1972 à maintenant, ma bibliographie personnelle compte 879 références (ouvrages, articles, rapports d’études et de conseils, chroniques du blog). En voici les principales :

 

013      LEROND, Michel

Etude des lichens dans le Parc Naturel Régional de Brotonne (Intérêt pour la mise en évidence des zones de pollution atmosphérique).- Rouen : Université (Diplôme d'Etudes Supérieures), 1975.- 185 p.

 

041      LEROND, Michel

            Cadre naturel.- In : Normandie.- Paris : Bonneton, 1978.- p. 162-221.

 

042      LEROND, Michel

            Cours masures en Pays de Caux.- Rouen : Museum, 1978.- 85 p.

 

048      LEROND, Michel

Evolution de la muséologie en sciences naturelles.- In : FOURAY, Monique ; LEROND, Michel, le 150 ème anniversaire du Museum de Rouen.- Rouen : Museum, 1978.- p. 151-179.

 

076      LEROND, Michel

Les lichens épiphytes en Normandie orientale. Distribution, sociologie et application à la cartographie de la pollution atmosphérique.- Actes du Museum de Rouen, 1981, 1-2 : p. 1-300.

 

183      LEROND, Michel

            Rouen, ville sur un méandre.- In : Rouen - Paris : Bonneton, 1990.- p. 9-37.

 

198      CHAIB, Jérôme ; BARDAT, Jacques ; LEROND, Michel

Gestion de l'espace et plantes protégées de Haute-Normandie. Guide pratique.- Rouen: CDM, Observatoire Régional de l'Environnement, 1991.- 89 p.

 

220      VAN HALUWYN, Chantal ; LEROND, Michel

            Guide des lichens.- Paris : Lechevalier, 1993.- 345 p.

 

260          LEROND, Michel ; NOEL, Jean-Paul ; DELABARRE, Olivier ;

DEVILLEPOIX, Patricia ; PIOLE, Lucette

Ernest Noury, naturaliste bucheois, 1877-1968.- Buchy : Valeurs Anciennes du Canton de Buchy, 1995.- 64 p.

 

324      LARRUE, Corinne ; LEROND, Michel

Recommandations pour conduire une évaluation environnementale des contrats de plan Etat/Région.- Paris : Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, 1998.- 53 p.

 

372      BERTAUX, Jean-Jacques ; LEMENOREL, Alain ; LEROND, Michel ; LEPELLEY, René ; NONDIER, Guy ; RAGACHE, Jean-Robert

Normandie.- Paris : Bonneton, 2001.- 320 p.

 

388      LEROND, Michel ; THIEVENT, Philippe

Opérations routières. Suivi et évaluation environnementale. Paris : Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, 2001.- 64 p.

 

424      LEROND, Michel ; LARRUE, Corinne ; MICHEL, Patrick ; ROUDIER, Bruno ; SANSON, Christophe                                                                               

L’évaluation environnementale des politiques, plans et programmes. Objectifs, méthodologies et cas pratiques.- Paris : Editions Tec et Doc, 2003.- 314 p.

 

472    LEROND, Michel ; LANMAFANKPOTIN,    Georges                                                                              

Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud.- Paris : L’Harmattan, 2007.- 187 p.

 

526      MAURY-DELEU, Virginie ; HARDEL, Blandine ; GOSSELIN, Olivier ; PESQUET, Gilles ; FAJON, Philippe ; LEROND, Michel                                                                                  

Clos-masures et paysage cauchois.- Rouen : CAUE et Point de Vues, 2008.- 256 p.

 

610      LEROND, Michel                                                                                   

Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.

 

763      LEROND, Michel 

L’homme et la nature, une symbiose à inventer. Discours de réception.- Rouen : Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen, 2012.- p. 33-49.

 

768      LEROND, Michel

C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

 

La bibliographie complète, au format pdf, peut être obtenue sur demande  à michel.lerond@wanadoo.fr

Concernant le thème spécifique de l’étude des lichens, une bibliographie régionale, en cours d’actualisation, est disponible sur le site de l’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie : http://www.arehn.asso.fr/centredoc/biblios/lichens.pdf

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 08:33

En sept ans, 370 chroniques et mini éco-nouvelles ont été publiées sur ce blog, qui ont fait l’objet de 657 commentaires. La fréquentation totale a été de 34 339 visiteurs pour 62 354 pages vues, avec 200 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2014 :

 

-      Sept ans et 370 articles, déjà 30-12-14

-      Nos amis les arbres 2/2 23-12-14

-      Nos amis les arbres 1/2 16-12-14

-      Ils sont élevés hors sol 09-12-14

-      Prenons des précautions… avec précaution ! 02-12-14

-      La comète et les cafards 25-11-14

-      Le futur s’invente sous nos yeux ! 18-11-14

-      Les économistes sont en short ! 11-11-14

-      Désherber sans phytos ! 04-11-14

-      Nous devons faire des économies ! 28-10-14

-      « Y a jamais person qui y répond » 21-10-14

-      Retour à la terre ! 14-10-14

-      Citoyens de la planète ! 07-10-14

-      Petit retour en arrière ! 30-09-14

-      Sortons de la confusion ! 23-09-14

-      Nous y voilà ! 16-09-14

-      Participer à la science ! 09-09-14

-      Pour un débat public sur l’agriculture ! 02-09-14

-      La biodiversité, un enjeu fondamental ! 26-08-14

-      Paysage et littérature 5/5 19-08-14

-      Paysage et littérature 4/5 12-08-14

-      Paysage et littérature 3/5 05-08-14

-      Paysage et littérature 2/5 29-07-14

-      Paysage et littérature 1/5 22-07-14

-      Un champignon nommé Boullard ! 15-07-14

-      Le bonheur à la danoise ! 08-07-14

-      Respirer peut tuer ! 01-07-14

-      Nous citoyens européens, nous… 24-06-14

-      Fêtez les voisins, c’est bon pour la santé ! 17-06-14

-      Quelle chance, le monde est à refaire ! 10-06-14

-      Le temps qui passe 03-06-14

-      La croisière s’amuse 4/4 27-05-14

-      La croisière s’amuse 3/4 20-05-14

-      La croisière s’amuse 2/4 13-05-14

-      La croisière s’amuse 1/4 06-05-14

-      A quoi ça sert de travailler ? 29-04-14

-      Génération espoir ? 22-04-14

-      Le centenaire de Stockholm 15-04-14

-      Partager l’emploi ! 08-04-14

-      Cynique, moi ? Jamais ! 01-04-14

-      Il ne nous reste plus qu’à prier 25-03-14

-      Repenser le vivre ensemble ! 18-03-14

-      Des discours, toujours des discours… 11-03-14

-      « Bâtir la forêt » 04-03-14

-      C’est toujours trop cher ! 25-02-14

-      Une espèce féconde ! 18-02-14

-      Ne rien bouleverser, mais tout changer ! 11-02-14

-      Un trésor vert protégé 04-02-14

-      « Des racines et des haies » 28-01-14

-      Pour que ça tourne rond ! 21-01-14

-      Robert Barbault, un homme dans la nature 14-01-14

-      Bonnets, bérets ou… benêts ? 07-01-14

 

Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux. Bonne année 2015 à toutes et tous. Par ailleurs, au cours de l’année 2014, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications : 

-      57 publications : 5 articles et 52 chroniques du blog

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

▪ Assistance conseil et représentation :

-      Conseil de développement du Pays de Bray : membre du bureau. SMAD du Pays de Bray

-      Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie

-      Animation de la Conférence régionale de la biodiversité. Région Haute-Normandie

-      Participation au tournage du film « Des racines et des haies ». Beaubec Productions

-      Avis pour une VAE (Valorisation d’Acquis d’Expérience) sur le thème des sciences participatives. Aurélie Marchalot

-      Avis pour un mémoire de master à AgroParisTech : réflexions sur l’évolution de l’agriculture. Thomas Andrieu

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 09:19

Alors, vous l’avez choisi votre arbre ? Grand, petit, à feuillage persistant ou caduque, régional bien sûr, ou un peu exotique et ornemental pour le parc près de la maison… Plantez, plantez, il en restera toujours quelque chose !

La suite de quelques avis extraits du bulletin officiel de la société française des amis des arbres, de mai 1924 :

 

-      Maurice MAETERLINCK

Comment choisir entre les arbres ? Je les aime tous. Ils sont le grand ornement de notre planète ; peut-être la seule chose que nous regretterons en d'autres mondes. Mais j'aime surtout les voir à leur place : le chêne et le hêtre dans la forêt, le platane, notamment le magnifique platane du midi, au bord des routes et sur le seuil des petites villes, l'orme et le marronnier dans les parcs ou le long des avenues, le saule et le peuplier d’Italie dans les prés, où ils gardent l'argent des ruisseaux, le cyprès sur la colline, à l'angle du portail ou de la bastide dorée. Mais le plus sympathique, le plus amène, le plus familier, le plus humain peut-être, c'est le bon tilleul rond, plantureux, satisfait, souriant, paternel qui, au plus bleu d'un jour d'été chaud comme un pain qui sort du four, vous accueille au seuil de la maison et semble vous tendre le vieux banc de pierre qu'il n'a cessé d’arroser de son ombre fraîche, verte, profonde, parfumée où bourdonnent, en son nom, des milliers d'abeilles…

 

-      Henri de REGNIER, de l’Académie française

J’aime trop les arbres pour en préférer aucun. Ils sont, en leur diversité la parure du paysage, mais je me sens peut-être une amitié particulière pour le pin, cher à Ronsard.

 

-      J.-H. ROSNY aîné, de l'Académie Concourt.

J'hésite ! J'hésite beaucoup ! J'aime tant les arbres, tous les arbres... Le charme d'un beau châtaignier, d'un vieux chêne, d’un hêtre bien campé, d'un peuplier lancé en flèche !...

Enfin ! choisissons le chêne, mais je ne suis pas sûr de l’aimer plus que d'autres arbres.

          Joyeux réveillon, en n’oubliant pas d’aller saluer votre arbre pour marquer le renouveau de l’année et des saisons.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 10:13

En consultant les archives de son grand père auvergnat et forestier, notre amie Jeanine a découvert un numéro de l’ARBRE, le bulletin officiel de la société française des amis des arbres, daté de mai 1924, qu’elle m’a communiqué. 90 ans, quelle fraîcheur ! Ce bulletin offre, entre autres, le résultat d’une enquête menée auprès d’une vingtaine d’écrivains quant à leurs arbres préférés. Extraits :

 

-      René BAZIN, de l’Académie française

Les trois plus beaux arbres de chez nous sont le chêne, le hêtre et l'orme. Si j'avais à choisir, je crois que le hêtre passerait même avant le chêne : il a, tout ensemble, la vigueur et la grâce ; son écorce, au plus épais des futaies, met de la lumière ; la splendeur de ses feuilles, quand il leur faut mourir, est sans égale. Et puis, quel arbre de lisière, avec ses grandes rames inclinées.

-      Francis CARCO

Il y a tant de beaux arbres en France que je ne sais lequel préférer... Demandez plutôt à Paul Bourget dont la maison de Costebelle est ornée d'un pin admirable... je serai certainement du même avis que lui car, au pied de ce pin sans égal, j'ai compris la plus belle des leçons.

 

-      COLETTE

Préférer un arbre ? Vous n'y pensez pas. Tous sont beaux.

Mais laissez-les mêlés dans mon cœur, tutélaires l'un à l'autre, comme ils sont mêlés dans les bois de mon pays natal. Une fusée de pins noirs, je l'aime mieux parmi les bouleaux satinés, et la feuille neuve du chêne, presque rose parfois au sortir du bourgeon, rivalise avec la première fleur de l'acacia... Non, non, pas de prix d'excellence ! Je connais trop les arbres pour ignorer que chacun est le plus beau.       

Et vous, quel est votre arbre préféré ? Et si, pour Noël ou la nouvelle année, vous offriez à vos enfants, parents, amis, ou à vous-mêmes, un arbre. C’est le bon moment pour planter. Alors, lequel ?

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 09:11

De plus en plus souvent, depuis quelques années, quelques décennies peut être, ils sont élevés hors sol. De ce fait, ils se trouvent un peu déconnectés des réalités du terrain, enfermés qu’ils sont dans leur stabulation. Ainsi ils « profitent » au mieux de ce qui leur est fourni pour les nourrir et, se reproduisant entre eux, sont livrés à « l’ivresse des cimes », même si, en fait, ils ne goûtent guère à la diversité du monde.

Je m’aperçois que je n’ai pas encore dit à quel animal je fais allusion. Non, il ne s’agit pas de vaches, cochons ou couvées, mais de… l’animal politique.

Chacun a pu le constater, l’homme politique est formaté à un point tel que l’on croirait parfois un produit standard qui a vocation à inonder le marché ! Tout est codifié, les « éléments de langage » sont bien cadrés pour une communication irréprochable, la façon de s’exprimer permet souvent d’identifier le parti par le vocabulaire, les mots ou les phrases employés, les attitudes, voire le costume…

Si l’on parle ici des politiques de niveau national, il faut bien reconnaître que la plupart sont des « professionnels », qui n’ont jamais exercé un vrai métier. Issus de l’ENA ou de Science po’, pour beaucoup, ils passent ensuite par les mêmes parcours d’assistant parlementaire, de membre de cabinet ministériel, puis de ministre, ou député, pour finir en toute quiétude… sénateur. Tout cela sans omettre les cumuls, parfois outranciers, de mandats électifs, à ne pas confondre avec une profession. On est assez éloigné d’une démocratie exemplaire… Certes on constate une progression du nombre de femmes et un certain rajeunissement de la « classe » politique, mais c’est encore très insuffisant.

Comment alors s’étonner que les politiques nous rabâchent à peu près les mêmes discours depuis une quarantaine d’années ? C’est toujours la crise, c’est toujours de la faute des autres, de l’Europe, de l’autre « camp », de l’administration… alors même que ce sont les parlementaires qui votent les lois et suivent leur application. Si gouverner, c’est prévoir, les politiques doivent anticiper et définir des parades à une crise éventuelle. Personne ne prétend que c’est facile, mais il faut au moins le tenter. Et s’il y a véritablement crise, peut-être bien que c’est une chance, pour réformer, innover, inventer de nouvelles manières de vivre ensemble, de vivre bien ensemble.

Cette déconnexion des politiques par rapport au monde réel peut expliquer, au moins en partie, l’exaspération qui monte partout. Ce n’est pas grave si l’on sait réagir à temps par une limitation stricte des mandats électifs, par un renouvellement du « personnel politique » et une démocratisation plus ample de notre société. Ferez-vous le 11 ? 

Il est déjà bien tard, mais pas encore trop tard !

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:52

De façon assez récurrente, le principe de précaution est remis en cause, notamment en France… Pourtant, le principe de précaution a été formulé pour la première fois en 1992, dans la déclaration de Rio, puis introduit dans le traité de Maastricht et repris et précisé en France dans la loi Barnier de 1995 et enfin inscrit dans la Constitution française en 2005.

Le problème avec ces “débats de société” c’est qu’il y a toujours un peu trop de parti pris. La discussion devient vite dogmatique, comme si c’était toujours noir ou blanc et la mise en application reste toujours assez problématique. Devenu un élément de clivage gauche-droite, le principe de précaution génère alors un dialogue très démagogique qui s’installe entre lobbies et dogmatistes, au nom du maintien de l’emploi et de la croissance ou, au contraire, pour ne tenter aucune innovation…

Par exemple, à La Faute-sur-Mer, tout le monde savait que l’on construisait en zone inondable, bien que protégée par une digue assez symbolique. On a vu la suite ! Le principe de précaution, alors simple bon sens, aurait voulu que l’on ne construise pas à cet endroit. Autre exemple : les OGM sont potentiellement dangereux au vu de certaines études scientifiques, mais sous la pression du marché et des grands lobbies de l’agro-alimentaire, on en consomme en masse venant d’Amérique du Sud. Alors quels sont les risques réels pour la santé et l’environnement ? Peut-on expérimenter davantage ? La prise de risque est-elle légère ou lourde de conséquences ? A court terme ou à long terme ? Ces questions doivent être posées dans le cadre d’une évaluation contradictoire qui permette de prendre des décisions éclairées.

Voilà bien un débat récurrent qui demande pour chaque cas évaluation pertinente et aussi objective que possible et prise de décision collégiale. Comme en toute chose il faut se garder des excès : on entend parfois des discours totalement absurdes quand, par exemple, quelqu’un déclare “allons-y pour les gaz de schiste, c’est bon pour l’emploi et on verra bien quels seront les problèmes ». A quoi bon de l’emploi si ceux-ci vont de pair avec un risque maximum ?? On a déjà vu cela avec l’amiante, que l’on a continué à utiliser pendant 90 ans après les premiers morts de 1906. Aujourd’hui on est à des milliers de cancers... Bien sûr la technologie et la science pourront apporter des solutions à des problèmes aujourd’hui irrésolus, mais quand et comment ?

La seule réponse possible est donc bien l’évaluation en amont et l’expertise scientifique afin de pouvoir dresser un bilan prospectif coûts/avantages, comme cela se pratique déjà pour un certain nombre d’équipements, en rendant plus transparentes les décisions publiques.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 08:48

Le 12 novembre 2014 restera une date historique. Ce jour-là, en effet, la sonde spatiale Rosetta a largué son module laboratoire/robot, Philae, au-dessus de la comète Tchouri, à environ 500 millions de kilomètres de la Terre !

Cette expérience hors du commun a commencé en 1993 avec l’approbation de la mission par l’Agence spatiale européenne. La sonde Rosetta a été lancée depuis Kourou en 2004 vers la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, dite plus simplement Tchouri, découverte en 1969. Cette comète est une sorte de boule de glace, un des plus anciens fossiles de ce qu’a été le système solaire. La mission d’archéologie spatiale de Rosetta a pour objet d’améliorer la connaissance sur l’évolution du système solaire depuis sa naissance il y a 4,5 milliards d’années, voire sur l’apparition de l’eau et de la vie, puisqu’il semble que certaines molécules complexes présentes à la surface de la comète pourraient être des « briques élémentaires » nécessaires à l’apparition de la vie. Cette approche se fait à partir de photos, sondages et analyses. C’est une première dans l’histoire spatiale, ce qui mérite d’être salué comme une prouesse technique, une réussite européenne et bien plus encore, une réussite de l’humanité toute entière, à la recherche de ses origines, réunissant pour cela toute l’intelligence nécessaire et le savoir-faire de toute la planète pour améliorer la connaissance au service de tous. C’est lors d’une journée comme celle-ci que l’on se dit que l’Homme a quelque chose de plus que les autres êtres vivants.

Le même jour cependant, à 500 millions de kilomètres de Tchouri, sur un astre de toute petite taille du système solaire, en un lieu bien précis, on assistait à des gesticulations d’êtres vivants assez primitifs, des sortes de cafards, insectes vivants en petits groupes, dans des endroits plus ou moins insalubres et ignorant le concept de hiérarchie, si ce n’est pour se placer au sommet, mais restant très autonomes et très résistants. Cet astre était précisément le même que celui d’où avait été lancée Rosetta, d’où un contraste… sidéral ! Ces gesticulations, avec fort retentissement médiatique, portaient sur la question de savoir, dans l’affaire Fillon-Jouyet, qui avait cafardé le plus pour, selon les cas, défendre ou attaquer un moucheron qui lui, aurait confondu sa personne et la nation entière, souhaitant revenir au sommet après en avoir été exclu… L’affaire atteignait ce jour-là son paroxysme en s’étalant à l’Assemblée nationale.

Grandeur et petitesse des hommes !

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 08:32

Le futur génère souvent des craintes. Peur des fins de mois difficiles, du chômage, de l’avenir de nos enfants, telles sont les craintes les plus courantes par temps de crise. Mais les vraies peurs sont celles les mieux dissimulées, liées aux évolutions climatiques ou à la dégradation généralisée de notre environnement. Pour beaucoup d’entre nous, la connaissance de ces phénomènes est trop superficielle, qui plus est trop dogmatisée par les médias et les groupes de pression, pour que l’on puisse exprimer des craintes fondées sur un argumentaire valide. La culture scientifique n’étant pas ce qui caractérise le mieux nos élites, la mutation sociétale actuelle leur échappe en grande partie. Faute de guides, l’appréhension de phénomènes complexes n’en est que plus aléatoires pour nous, ce qui peut renforcer l’angoisse devant l’avenir. Ceci est vrai aussi pour les enseignants peu préparés, ou pas du tout, à la connaissance du fonctionnement du cerveau, aux nouvelles technologies ou au travail en réseau. On sent confusément qu’il va falloir, à un moment donné, trancher dans le vif et prendre des décisions désagréables, en somme « payer l’addition » de nos erreurs passées… Face au rabâchage des dogmes économiques, nous peinons à trouver des formes de résistance collectives adaptées et si possible… sans douleur.

Pourtant, le futur se construit inévitablement, avec des orientations nouvelles telles que l’économie positive, si chère à Jacques Attali, qui vise à servir les intérêts des générations à venir plutôt que ceux des actionnaires court-termistes… L’échange gratuit d’informations lié aux nouvelles technologies contribue de fait à l’émergence d’une économie de la gratuité. Cette libération de l’information est une rupture culturelle qui bouleverse le monde du travail en remettant en cause les principes de propriété et d’autorité. Simultanément la relation au temps évolue avec un souci de plus en plus prononcé d’utiliser son temps pour la création sous toutes ses formes. Une nouvelle conception du travail apparaît avec un fort souci du contenu, créateur et valorisant.

Au-delà de tous les poncifs, le monde de l’enseignement doit se réapproprier le monde réel, celui d’aujourd’hui qui lie davantage économie et vie sociale. Quelle bonne nouvelle que d’apprendre la création de réseaux universitaires internationaux tels que l’Initiative étudiante internationale pour l’économie pluraliste (http://www.isipe.net/home-fr/) qui prône cette condition au débat ouvert et à la démocratie. Parallèlement apparaît le temps du « Commun », celui qui doit permettre de sortir de l’alternative entre l’Etat et le marché, et sous-tend l’idée de tâche collective et d’obligation mutuelle, avec lesquelles nous devrions être égaux dans l’élaboration des buts d’une activité.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 16:16

Non, tous les économistes ne sont pas en vacances. Mais le titre de cette nouvelle ne devait pas être trop provocateur. En fait, comprenons : les économistes sont un peu shorts, comme on dit en français, un peu courts dans leur raisonnement. Toujours ils ressassent croissance, PIB, compétitivité… alors que depuis des décennies on essaie vainement de leur expliquer qu’une croissance ne peut pas être infinie, que peut-être faudrait-il définir ce qui doit croître (le transport de marchandises par le rail) et ce qui doit décroître (les émissions de CO2)… que la compétitivité, c’est aussi la compétition entre les peuples : on est les plus beaux, les meilleurs, allons z’enfants…

Mais puisqu’il en est ainsi, faisons un effort nous-mêmes pour nous mettre au diapason. Pour qu’il y ait croissance, sur un temps long, il faut une rupture dans les cycles économiques afin de pouvoir ensuite relancer la machine. Par exemple un tsunami qui détruit tout sur son passage. On l’a vu à plusieurs reprises ces dernières années, mais c’est un peu décevant dans la mesure où ces catastrophes naturelles touchent surtout les pays en développement où les constructions sont précaires et vite reconstruites, au profit de consommateurs qui consomment peu.   Un méga tremblement de terre, ce serait mieux. Là on peut espérer une destruction massive, même dans des pays développés, et donc une nécessité de reconstruire les habitations, usines et autres équipements. Le problème, c’est que l’on ne maîtrise pas grand-chose et que si cet incident survient chez nous il va nécessiter des importations, ce qui n’est pas bon pour la balance commerciale.

Tout bien réfléchi, le mieux ce serait quand même une bonne guerre. Souvenez-vous de la seconde guerre mondiale et ses bombardements. Les alliés débarquent et pilonnent les villes susceptibles d’héberger l’ennemi, avec quelques erreurs bien pardonnables en la circonstance… Ainsi à Rouen, pour couper les ponts sur la Seine et empêcher toute retraite de l’ennemi, on bombarde la ville 500 mètres de part et d’autre du fleuve, par précaution ! Après cela, 30 ans de prospérité, les « trente glorieuses » pour tout reconstruire avec une croissance qui permet le plein emploi. Le bonheur quoi ! Tout de même dans un cas comme celui-là, il faudrait rester un peu raisonnable et limiter l’usage des armes nucléaires. En effet celles-ci promettent un avenir de reconstruction et de croissance. Mais l’inconvénient, c’est qu’elles sont aussi très efficaces en matière de diminution du nombre de consommateurs ! D’autant plus que les survivants risquent fort, pour eux-mêmes et leur descendance, de présenter un très grand nombre de cancers qui pourraient augmenter de façon inconsidérée les dépenses de santé. Il faut tout de même garder raison pour atteindre l’objectif !

La croissance à tout va, ce n’est pas un peu short comme concept économique ?

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