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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 08:34

En décembre 2013, s’est éteint un homme dont on se souviendra. Robert Barbault était un écologue mondialement reconnu, notamment en tant que président du Comité français du programme Man and Biosphere (MAB) de l’UNESCO. Professeur émérite de l’Université Paris VI, il a terminé sa carrière comme directeur du Département Ecologie et Gestion de la Biodiversité du Museum national d’histoire naturelle de Paris. Il a occupé de nombreuses fonctions, obtenu de nombreux prix et citations, tout cela avec une modestie et une simplicité qui n’avaient d’égal que sa compétence.

Proche de Nicolas Hulot ou de Hubert Reeves, pour ne citer que ses amis les plus connus, ce fut l’un des grands spécialistes français de l’écologie pour la seconde moitié du 20ème siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, seul ou avec d’autres auteurs. Un de ses grands succès fut « Un éléphant dans un jeu de quilles » démontrant à quel point l’homme bouscule la biodiversité. Il voulait sensibiliser le public à l’importance de la biodiversité, en résumant sa pensée dans la formule : « Sans nature, pas de futur, parce que nos vies sont liées ». Il voulait aussi réconcilier l’économie et l’écologie et ce fut l’un de ces derniers ouvrages, écrit avec Jacques Weber en 2010 : « La vie, quelle entreprise ! Pour une révolution écologique de l’économie ». 

Il a eu l’occasion de prononcer plusieurs conférences en Normandie, même si une « interruption de trafic ferroviaire » l’avait empêché de s’exprimer début 2013 devant l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen, hélas. En Pays de Bray, il fut président de l’association « Chemins de Traverse » qui permit, entre autres, la réalisation de la Nef végétale ( La Nef Végétale, art ou nature ? ) des artistes plasticiens Juliette et Jacques Damville.

Sur ce blog, nous nous y sommes référé à plusieurs reprises : « La biodiversité à travers des exemples » et surtout dans notre article : L’homme dans la nature ? que nous avions conclu ainsi : Pour qu’un message aussi simple et primordial puisse trouver écho auprès du grand public, je ferai mienne la formule de Robert Barbault, écologue au Museum national de Paris, cité dans le dossier : « La biodiversité, c’est le passage du concept de l’homme et la nature à celui de l’homme dans la nature à tous égards, pour le meilleur et pour le pire ».

De nombreux médias nationaux, presse écrite et audio-visuelle, se sont fait l’écho de cette disparition. Adieu Robert, mais tu seras toujours parmi nous.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 09:19

Ainsi, on tourne la page de 2013. Pas un très bon cru semble-t-il. Il faut dire tout de même que nous avons eu dans l’actualité de l’année passée nombre de faits de haute saveur. Le surréalisme est toujours d’époque et la nôtre n’en manque pas. Chez nous, parmi les faits les plus croustillants, il y eut l’épisode des bonnets rouges. Une manifestation avait rassemblé 20 000 personnes dans les rues de Quimper, CONTRE l’écotaxe et POUR l’emploi en Bretagne. Bon d’accord, les bonnets, emblême de la défense du made in Bretagne, étaient fabriqués en Ecosse, mais c’est tout de même la Bretagne, enfin la Grande… Malgré tout, cela faisait un peu franchouillard, « béret et baguette sous le bras », ou carrément un peu benêt ! Donner des leçons de patriotisme n’est pas toujours facile…

Mais ce symbole de la révolution antifiscale bretonne du XVIIème siècle, les bonnets rouges, ne manquait pas de saveur non plus quant à la lutte contre l’écotaxe. Alors que la décision avait été prise dans le cadre du Grenelle de l’environnement en 2008, dans un consensus politique sur la fiscalité écologique, les violences qui ont accompagné les manifestations ont entraîné le saccage de certains portiques à écotaxe, très onéreux, aux frais des contribuables… dont les manifestants.

Pendant ce temps, les émissions de CO2 ont atteint un niveau record sur la planète en 2013 (+ 2,1 % par rapport à 2012) et les modifications climatiques prennent de plus en plus d’acuité avec sécheresses, ouragans et submersions marines. C’est ainsi que lors de la Conférence de l’ONU à Varsovie en novembre 2013, la Banque mondiale a rappelé que depuis 30 ans, les catastrophes naturelles ont fait 2,5 millions de morts sur la planète (dont les trois quarts lors d’évènements extrêmes)  et généré près de 3 000 milliards d’euros de dommages. Ces dernières années, le coût des dommages a été multiplié par 4 ! En conséquence, bien sûr il a été décidé… d’attendre l’année prochaine pour prendre des décisions. Si ce n’est en France, où sous la pression des contestataires, il a été décidé de surseoir à la mise en application de l’écotaxe…

Faut-il le répéter encore ? :

  http://www.michel-lerond.com/article-35814501.html

  http://www.michel-lerond.com/article-ca-va-taxer-un-max-86748265.html 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:40

 

En six ans, 318 chroniques et mini éco-nouvelles ont été publiées sur ce blog, qui ont fait l’objet de 551 commentaires. La fréquentation totale a été de 29491 visiteurs pour 53 775 pages vues, avec 196 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2013 :

 

-         Six ans et 318 articles, déjà 31-12-13

-         C’est quoi le progrès ? 4/4 Vive le progrès 24-12-13

-         C’est quoi le progrès ? 3/4 C’est la revolution 17-12-13

-         C’est quoi le progrès ? 2/4 L’apocalypse 10-12-13

-         C’est quoi le progrès ? 1/4 Ils n’ont rien compris 03-12-13

-         Tous des drogués ! 26-11-13

-         Ah, mince alors, c’est ballot çà ! 19-11-13

-         Ils sont fous ! 12-11-13

-         La mémé des dieux 05-11-13

-         La vie sauvage 29-10-13

-         Alexandre, son gros tracteur et la vieille jument 22-10-13

-         Restons Français ! 15-10-13

-         La communication en environnement 08-10-13

-         Ah la vache ! 01-10-13

-         Quand la Chine-écolo s’éveillera 24-09-13

-         Vers une société horizontale ? 17-09-13

-         Ressortez immédiatement ! 10-09-13

-         Médiatic et médiatoc 03-09-13

-         Des nouvelles de l’été 2013 27-08-13

-         Vous en aurez besoin ! 20-08-13

-         Souvenirs souvenirs 5/5 13-07-13

-         Souvenirs souvenirs 4/5 06-07-13

-         Souvenirs souvenirs 3/5 30-07-13

-         Souvenirs souvenirs 2/5 23-07-13

-         Souvenirs souvenirs 1/5 16-07-13

-         Devoir de vacances pour un ministre de l’éducation 09-07-13

-         Le petit triton de Bérénice 02-07-13

-         J’me dope au nitrate 25-06-13

-         Faut toujours payer ! 18-06-13

-         Vive les mariés 11-06-13

-         Hypertension et poussée de fièvre 04-06-13

-         Ah, le retour aux sources 28-05-13

-         Rouen : de la Seine impressionniste à la Seine impressionnante 21-05-13

-         Hollywood sur les Monts 14-05-13

-         Pétroplus, pétromoins 07-04-13

-         Je suis addicticide 30-04-13

-         Fuir la France 23-04-13

-         Tombe la neige 16-04-13

-         Irène, Régine et Marie, une petite histoire IRM 09-04-13

-         Vous avez mauvais air 02-04-13

-         C’est l’histoire d’un mec qui fait teuf teuf 26-03-13

-         Le costume vert 19-03-13

-         La Késou, c’est à cause du baobiao 12-03-13

-         Quel foutoir la nature 05-03-13

-         On nous dit rien, on nous cache tout 26-02-13

-         Une belle ville qui sent bon 19-02-13

-         Voilà 12-02-13

-         Président du monde 05-02-13

-         Laissez refroidir le thé, mais pas trop longtemps 29-01-13

-         Bêtes de sexe 22-01-13

-         Je suis malade 15-01-13

-         Scénario catastrophe 08-01-13

 

Merci pour vos commentaires toujours avisés et pondérés, ce qui contribue à nourrir notre réflexion commune. Bonne année 2014 à toutes et tous. Par ailleurs, au cours de l’année 2013, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications :

-         56 publications : 1 ouvrage, 3 articles et 52 chroniques du blog

▪ Président de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen :

-         Conférence « C’est bientôt la Renaissance ? »

▪ Assistance conseil et représentation :

-         Participation à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme de Sigy-en-Bray / Saint-Lucien. Conseil municipal

-         Conseil de développement du Pays de Bray : membre du bureau. SMAD du Pays de Bray

-         Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie

-         Grand témoin au colloque « Quel air respirons-nous ? ». Agence Régionale de l’Environnement de Haute-Normandie

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 16:09

Vive le progrès !

 

L’économie, c’est l’administration de la maison ; l’écologie, c’est l’étude des êtres vivants dans leur milieu, y compris les Hommes. Il serait donc logique que l’on se préoccupe d’abord d’écologie, puis en fonction de l’état des lieux, que l’on « administre la maison ». Il est simple de comprendre que le développement soutenable a comme objectif essentiel le social, l’Humain, la condition première en étant l’environnement et l’économie étant seulement un moyen d’y parvenir.

Le progrès, c’est donc envisager une autre finalité de l’emploi, non plus la compétitivité ou le profit, mais le bien être que cela apporte et la satisfaction que procure le travail, avec une meilleure répartition : travailler moins pour travailler plus nombreux. Ce nouveau mode de fonctionnement de notre économie mêle secteurs publics et privés, mais l’Etat doit rester maître du jeu. Pour préparer une société future qui sera obligatoirement frugale en énergie, il nous faudra réapprendre le temps libre pour la vie personnelle, le temps long pour les transports, le temps apaisé pour le travail.

Notre société fonctionne de façon verticale, les décisions viennent d’en haut… et le « marché » définit ce que doivent être les comportements des consommateurs pour pérenniser le système… Mais le vertical ne fonctionne plus et doit laisser place progressivement à une approche plus horizontale, associant davantage les citoyens en relation avec des élus qui ont mission de prendre des décisions répondant à l’intérêt collectif. On pourrait appeler ce système une démocratisation intense, dans un contexte ouvert qui dépasse le cadre national pour aborder un monde nouveau en émergence. L’avenir est plus ouvert qu’il n’y paraît, tout est à ré-inventer et donc le meilleur est possible. La société va évoluer pour privilégier l’usage sur la propriété. L’entreprise, base de notre système économique, devra changer de nature en s’orientant vers la notion de service et d’épanouissement Humain, plutôt que vers le consumérisme.

Avec les moyens modernes de communication l’information circule rapidement, et dès lors il n’y a plus de « vérité officielle » mais matière à discussion et remise en cause sur des problématiques qui sont rarement simples. Pour qu’un message aussi simple et primordial puisse trouver écho auprès du grand public, il ne faut jamais oublier que nous les Hommes, appartenons à la nature et avons besoin de la nature. Plus que jamais il faut passer d’une société des connaissances spécialisées à une société de LA connaissance, celle qui permet de transcender les spécialités. C’est d’une nouvelle culture dont il s’agit, peut être d’une nouvelle civilisation. Ce ne sera pas simple, mais vive le progrès !

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 08:44

C’est la révolution

 

Rebondir au moment de l’apocalypse, c’est en fait une révolution : s’occuper de la biodiversité, du climat, de l’énergie, de l’économie en gardant l’Humain comme priorité absolue, et cela bien au-delà des frontières nationales. C’est ce que les psychologues appellent résilience, la capacité de réagir aux traumatismes violents, les surmonter et en tirer parti pour se dépasser.

Nous devons aller très vite vers une économie sobre en carbone, c’est un bouleversement qui est nécessaire, qui traite la vraie crise, celle du climat et de l’avenir de l’humanité dans un contexte complètement nouveau. La question de l’énergie est primordiale, mais où est la vision globale de la politique ? La filière nucléaire a pris l’importance que l’on sait avec beaucoup de doutes sur la sécurité et l’approvisionnement en uranium. Il faut donc préparer une transition pour produire de l’énergie renouvelable et sécurisée.

La crise économique actuelle ne doit pas justifier un retard dans les mesures à prendre, au contraire elle doit les amplifier et les accélérer. Il est aussi urgent de redonner de la transparence à la vie économique pour que les prix prennent en compte les coûts environnementaux réels. Nous devrons passer de l’économie de « l’avoir plus » à celle de « l’être mieux ».

Ainsi pour l’eau potable dont la gestion est devenue un défi à relever pour garantir la sécurité alimentaire et qui ne peut être un enjeu de marché. De même pour la biodiversité qui est bien sûr une priorité vitale. Concernant le climat, nous allons devoir nous habituer aux désordres climatiques et instituer la taxe carbone au plus tôt. L’agriculture est une autre priorité, en relation avec l’eau, la biodiversité ou le climat, il faudrait la réorienter vers l’agro-écologie.

Une révolution est à opérer aussi dans la gouvernance : gouvernement resserré, non-cumul des mandats, consultation de la société civile, recentrage des collectivités territoriales et établissement d’un véritable gouvernement de l’Union Européenne. C’est à l’Etat qu’il revient de contrôler si ce qui est produit est sans nuisances graves et issu de circuits courts. La « libre entreprise » est possible, mais elle doit produire des choses utiles et durables.

Ces changements importants doivent s’accompagner d’une révolution de l’enseignement pour que l’éducation à la nature, et donc à notre place dans la nature, trouve enfin sa véritable fonction dans la société.

Même si l’on change de priorité pour passer de la technologie à la nature, l’esprit reste le même en matière de projet intellectuel et de progrès : privilégier l’Humain.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 08:34

 

L’apocalypse

 

C’est une curieuse façon que de toujours reporter sur « quelqu’un d’autre » les conséquences de ce que l’on décide aujourd’hui à la hâte. Le déficit de la France est de plus en plus impressionnant, malgré cela chaque corporation demande des aides de l’Etat… et dans le même temps une baisse des impôts ! Notre difficulté à maîtriser le temps est aussi le symptôme d’un dysfonctionnement profond de notre société qui affecte notre capacité de représentation de l’avenir. Et si, après tout, l’urgence c’était précisément… de prendre son temps. Il nous faut apprendre à peser les conséquences de nos décisions sur le long terme.

Certes les dirigeants du monde se mobilisent pour éteindre l’incendie, faute de l’avoir empêché. Sans doute la « crise » résulte-t-elle d’une dérive des procédures financières, mais n’est-elle pas aussi l’aboutissement logique d’une société-fric à laquelle nombre d’entre nous collaborent, ne serait-ce que par les jeux d’argent. Maintenant que l’on a conscience de l’épuisement des ressources fossiles et que l’on consomme « à crédit », on peut comprendre qu’aucune croissance ne soit infinie, pas même celle des Humains…

En matière d’environnement, donc de milieu de vie, nous sommes dans une course de vitesse entre des facteurs de dégradation et des facteurs de rénovation, les seconds n’ayant toujours pas rattrapé les premiers. Si bien que le « déficit écologique » continue de s’accroître. Cela peut durer jusqu’à des seuils de rupture qui pourraient être proches. On peut donc penser que lorsque ces seuils seront atteints, il ne restera plus qu’à prendre des mesures drastiques pour tenter d’éviter la catastrophe. On sent bien le désarroi de la classe politique à cet égard. La radicalisation actuelle des mouvements sociaux nous rappelle que les choses peuvent bouger assez vite et se soustraire à tout contrôle. Que pourront faire alors les gouvernants, quels que soient les partis, sinon réagir de façon autoritaire. Acculés, ils seront peut être contraints, un jour pas si lointain, de sanctionner fortement les atteintes à l’environnement, pour tenter de faire face à des défis énormes. Le pire n’est jamais sûr, heureusement, mais il va peut être nous falloir choisir entre la révolution verte, à laquelle chacun de nous peut contribuer, et « la dictature écologiste », à laquelle nous ne pourrons échapper si la crise devait s’aggraver.

C’est peut être cela l’apocalypse, non pas la fin du monde, mais la certitude que le futur ne sera pas ce que l’on pensait, avec toutefois la possibilité de rebondir, de faire une révolution. 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 08:53

 

Ils n’ont rien compris

 

L’interrogation sur le progrès n’est pas nouvelle. Ainsi à la fin du 19ème siècle, à bien des égards similaire à la fin du 20ème siècle, le progrès c’était la vapeur, l’éclairage au gaz et l’électricité, en somme la technologie. C’est avec ce fil conducteur que bien souvent on a pris des décisions, puis réfléchi seulement ensuite aux conséquences imprévues, comme le développement intensif de l’industrie minière avec son cortège de risques sanitaires, par exemple. C’est ainsi que s’est forgé le dogme de « la technologie qui va tout résoudre », y compris, de nos jours, pour les défis climatique, énergétique ou alimentaire.

Cette frénésie technologique va de pair avec une volonté d’aller toujours plus vite, qui répond à un impératif de résultat immédiat et de rentabilité directe, sans véritable souci du long terme. Il y a pourtant un moment où il convient de se demander si c’est encore « rentable » d’aller plus vite, comme pour les TGV, dès lors que le coût des aménagements et la consommation d’énergie déterminent un prix à la personne transportée prohibitif. La technologie contribue aussi à créer de nouveaux services dont les consommateurs ne peuvent plus se passer (téléphone mobile, internet) réduisant du même coup les disponibilités financières pour les dépenses de base.

Cette vision du progrès rend le débat difficile quand il faudrait réduire notre consommation, ou prévenir les catastrophes en gérant la nature avec économie. Le plus simple est peut être alors de douter… pour ne pas décider, d’où un certain fatalisme. On l’a bien vu avec la contestation de l’écotaxe : remettre en cause « le progrès », c’est remettre en cause un système de production qui profite à certains, voulant conserver leurs privilèges. D’ailleurs le Medef avait prévenu en affirmant que toute fiscalité écologique serait incompatible avec les impératifs de compétitivité… Dès lors il faut maintenir la production  et la croissance du PIB, génératrice de pollutions, épuisement des ressources naturelles, dégradation de la biodiversité et modifications climatiques. Tout cela est-il vraiment indispensable pour notre bonheur ? Il eut fallu définir des objectifs parmi de très nombreux futurs technologiques possibles, en mettant l’Homme au centre des préoccupations pour que la technique lui profite, plutôt que le contraigne.

Décidément, ils n’ont rien compris les adeptes de ce progrès-là, sauf le seul souci comptable à court terme, une notion vraiment obsolète qui peut nous conduire à l’apocalypse. 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 09:01

            Tu fumes toujours toi ? Malgré l’augmentation des prix. Bah oui, les buralistes se sont mis en grève mais ça n’a servi à rien.

Et tu picoles un peu aussi ? Bah oui, la samedi, pour oublier la semaine.

Mais tu te shootes pas quand même ? Oh non, pas beaucoup.

Et tu joues pour payer tout çà ? Ben oui, parce que c’est la ruine à force…

La récente étude de l’INPES sur l’usage des substances psychoactives a relancé le débat sur cette question récurrente. Le tabac et l’alcool sont plus que jamais en tête des préoccupations, mais il est rare qu’il y ait une seule conduite addictive. Le mélange tabac, alcool et drogue est donc courant et, parmi les jeunes consommateurs, la proportion de filles est en augmentation. Notre société valorise les réponses rapides et la performance, et devient de ce fait addictogène.

Entre tabac, alcool, drogues douces, drogues dures, jeux d’argent, il y a un point commun qui est la volonté de dominer une angoisse existentielle. Dès lors la seule vraie question qui vaille, c’est pourquoi ?

Dans la plupart des enquêtes réalisées, les addicts répondent le plus souvent que leur motivation, c’est de tout oublier des soucis du moment. C’est ainsi que les jeunes goûtent à l’alcool très tôt (54 % des élèves de CM2 déclarent en avoir déjà consommé), ou au tabac (6 % des élèves de CM2). Le cannabis est devenu un produit de consommation courante et le recours aux drogues dures augmente (la consommation de cocaïne a presque triplé en 5 ans en Haute-Normandie) : http://drogaddiction.com/actualites/ . Une autre addiction est moins souvent mentionnée (serait-ce parce qu’elle rapporte beaucoup à l’Etat ?), c’est celle liée aux jeux d’argent, casinos, Française des jeux (l’Etat détient 72 % du capital) et sociétés de courses. Comment pourrait-il en être autrement lorsque le chômage est là ou les grandes difficultés financières et que les médias vont font miroiter à tout va la possibilité de gagner des millions ! En France 500 000 personnes sont concernées par cette addiction.

Devant les incertitudes de l’avenir et les angoisses du lendemain, certains manifestent, parfois avec violence, au point que la montée actuelle de la colère, amplifiée par les réseaux sociaux, fait craindre un mouvement social étendu. D’autres se replient sur eux-mêmes et fuient la réalité par le recours à une « drogue ». C’est bien là le nœud du problème : redonner confiance en l’avenir. Pas facile, mais il faudrait, pour le moins, que les politiques affichent un peu plus de cohérence quant aux objectifs, fassent preuve d’un peu plus de pédagogie et d’un peu moins de soif du pouvoir, une autre addiction…

  

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 08:06

            « La pollution atmosphérique est un cancérogène avéré pour l’homme. » Voilà ce que révèle le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Certes, la nature des polluants en cause et leurs impacts ont évolué, mais tout de même… Dès les années 1970, la préoccupation pour ces pollutions était à son plus haut niveau (http://www.michel-lerond.com/article-qualite-de-l-air-ou-air-de-qualite-55873434.html). Près d’un demi siècle plus tard, on compte encore 45 % de la population urbaine européenne qui est exposée à des polluants pouvant porter préjudice à sa santé (particules et ozone notamment), en sous-estimant toujours les pesticides, dont l’incidence sanitaire n’est pas étudiée comme il conviendrait.

En cette année européenne de l’air, il est donc opportun de rappeler que la question demeure. C’est dans ce contexte qu’il faut saluer des initiatives comme celle du CHU de Rouen qui organisait le 5 novembre la Journée de l’air, afin de faire le point sur les enjeux de santé (http://www3.chu-rouen.fr/internet/).

Le 12 décembre prochain, c’est l’AREHN (Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie) qui organisera un colloque sur le thème Quel air respirons-nous ? (http://www.arehn.asso.fr/9jdd/). La qualité de l’air, tant intérieur qu’extérieur, est aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique. Des témoignages apporteront aux collectivités territoriales des clés pour agir et contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air, même si l’impact est complexe à appréhender du fait du mélange des substances en cause, de leur concentration et de leur rémanence sur de longues périodes.

Le CIRC essaie d’envoyer un message fort vers les décideurs, politiques et industriels, pour tenter de provoquer, enfin, une véritable prise de conscience devant ce fléau planétaire, tant les pays émergents sont maintenant concernés. En France, nous ne nous embarrassons pas trop des directives européennes en la matière, continuons à subventionner le diesel, nous « révolutionnons » contre l’éco-taxe et… payons chaque année de l’ordre du milliard d’euros pour la prise en charge des maladies liées à la pollution de l’air. On a les moyens !

En 1975, un certain M.L. écrivait dans son Diplôme d’études supérieures de sciences : Le développement du cancer broncho-pulmonaire fait l'objet d'études car sa relation avec la pollution, si elle n'est pas douteuse, n'est pas toujours admise totalement. II faut tenir compte en effet à cet égard de l'influence du tabac sur les fumeurs. Néanmoins, l'augmentation du nombre de cancers des poumons en France doit attirer notre attention (CHOVIN et ROUSSEL, 1972). Rappelons enfin qu'en 1952, à Londres, quatre jours de "smog" particulièrement dense ont causé la mort de 3500 à 4000 personnes (DE SLOOVER, 1964).

Ah, mince alors, c’est ballot çà !

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 08:30

 

Les « révolutionnaires » bretons, coiffés de bonnets rouges ont manifesté, avec violence, contre l’écotaxe. En fait, cette démarche se retourne contre eux, puisqu’en s’opposant à cette régulation fiscale de la consommation d’énergie fossile, ils encouragent implicitement à contribuer toujours plus au dérèglement du climat, à la pollution de l’air et à la dégradation de notre milieu de vie, ce dont la Bretagne est une des premières victimes ! Mais les campagnes s’inquiètent : http://www.michel-lerond.com/article-entendez-vous-dans-les-campagnes-56211750.html.

 

Des esprits « éveillés » ont prétendu que la Garde des Sceaux était apparentée aux singes. A tel point que, lors d’une manifestation à Angers, des enfants lui ont tendu des bananes en criant « tu pues »… ou encore « La guenon, mange ta banane », ces enfants étant encadrés par leurs parents. Personne n’a été inquiété pour insultes. Angers, la douceur angevine… (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/02/01016-20131102ARTFIG00294-la-video-choc-de-christiane-taubira-insultee-a-angers.php).

 

Certains footballeurs professionnels vont se mettre en grève. Il est effectivement insupportable pour ces gens là de se voir taxés à 75 % la part de revenu qui dépasse le million d’euros, alors qu’ils ne gagnent, par an, que l’équivalent de quelques dizaines d’années de Smic… ou l’équivalent d’une belle école maternelle (http://www.michel-lerond.com/article-33268572.html). Mais les gladiateurs n’existent que tant qu’il y a du monde pour les regarder…

 

Mais rassurez-vous, c’est bientôt Noël. D’ailleurs, les magasins sont déjà remplis d’armes, oui vous savez bien, ce que l’on appelle des jouets, des armes de toutes sortes, factices bien sûr, mais tellement ressemblantes : http://www.michel-lerond.com/article-la-creche-de-la-guerre-93352248.html. Il y a le réel, mais aussi le virtuel, avec tous ces jeux vidéo où l’objectif est de détruire l’ennemi, l’étrangler ou le poignarder… A quelques semaines du centenaire de la première guerre mondiale, on se dit que décidément…

 

C’est bientôt l’hiver, donc bientôt le printemps. Un écureuil saute d’arbres en arbres près de la maison, rassemblant ses provisions. Il nous dit que la vie est là, que tout continue.

 

 

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