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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:42

 

En janvier 2012, la Cour des Comptes publiait un rapport d’évaluation de la politique d’aide aux biocarburants en dressant un bilan environnemental très discutable, même si son utilité pour la filière agricole est réel. En 2008 déjà, nous avions attiré l’attention sur cette question (http://www.michel-lerond.com/article-25617505.html). Qu’on nous excuse de nous citer nous-mêmes : Le secteur le plus contesté est sans aucun doute celui des agrocarburants, longtemps défendus par l’ADEME, qui persiste dans ses choix, et qui sont maintenant largement considérés comme concurrents des cultures alimentaires, sans compter leurs impacts forts, notamment sur l’érosion de la biodiversité …C’est ainsi qu’en 2003 la France s’est lancée dans la production des agrocarburants sous la pression des céréaliers, en dehors de toute évaluation sérieuse… Une décennie plus tard… la Cour des Comptes recommande de redéfinir cette politique de soutien aux biocarburants. N’est-il pas savoureux de lire la recommandation 5 : acquérir une véritable connaissance, qui fait encore défaut, des données comptables et financières de la filière. Ou encore la recommandation 9 : satisfaire les exigences de transparence vis-à-vis des citoyens, consommateurs et contribuables, en faisant clairement savoir à l’opinion si la politique en faveur des biocarburants est une vraie composante d’une politique de l’environnement ou un simple volet d’une politique agro-industrielle. Nous y voilà, il ne s’agissait donc bien que d’une action de lobbying bien menée ! Mais maintenant que les usines de biodiesel et bioéthanol existent, on ne va pas les fermer et licencier le personnel, ce serait trop ballot…

         Au-delà de cette « embrouille » bien vendue en termes de communication, il est encore temps d’en tirer le meilleur profit. Faisons en sorte que l’agriculture utilise elle-même ses biocarburants pour devenir autonome au plan énergétique. Cela devrait permettre d’expérimenter, évaluer et mettre au point la filière des biocarburants de 2ème génération (la filière lignocellulosique) qui utilise la biomasse végétale des sous-produits de l’agriculture, donc sans concurrence avec les cultures alimentaires. On peut imaginer aussi d’aller plus loin dans cette voie pour rendre les exploitations agricoles autonomes en énergie et même « exportatrices » vers le monde rural environnant. La méthanisation, par exemple, est un procédé qui permet de valoriser les matières organiques (lisiers, boues de stations d’épuration des eaux, tontes de pelouses, déchets agro-alimentaires, de cantines, etc.) en produisant du biogaz. En Haute-Normandie, de nombreux projets existent, à l’image de Capik-Ikos en service à Fresnoy-Folny en Pays de Bray (www.capseine.fr/IMG/pdf/dossier_presse-web.pdf).

         Des solutions énergétiques innovantes existent, elles permettent de construire l’avenir pourvu qu’on les évalue en privilégiant l’intérêt collectif plutôt que celui de tel ou tel corporatisme.

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Published by Michel Lerond - dans Environnement
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