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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 07:44

    4. Perspectives

 

     Si l’agro-écologie peut constituer un axe essentiel de la révolution agricole en cours, ce ne sera pas la seule innovation. On peut penser que le retour à des principes basiques, tels qu’une certaine harmonie agriculture/nature, soit accompagnée d’innovations beaucoup plus technologiques. La révolution numérique en cours va concerner de plus en plus l’agriculture en ouvrant des perspectives d’anticipation et d’automatisation des tâches agricoles. Par exemple, on commence à pratiquer la complémentarité entre des drones qui repèrent des zones, parfois très localisées, infestées par un parasite et des robots qui vont effectuer un traitement (chimique, mécanique ou thermique) très adapté en termes de surfaces et de doses. Le « big data » appliqué à l’agriculture doit permettre de recueillir les informations, les gérer et les utiliser dans diverses applications, que ce soit pour la culture des céréales, l’élevage ou la production laitière.

     Par ailleurs, si les systèmes agricoles varient beaucoup d’un continent à l’autre, il va falloir s’interroger sérieusement sur la « mondialisation des marchés ». Peut-on continuer à cultiver sur un continent des denrées qui vont être consommées sur un autre, en laissant éventuellement les producteurs affamés ? On peut penser que les agricultures familiales, et donc de proximité, constituent le socle de systèmes alimentaires équilibrés pour se donner des chances de nourrir toute la planète.

     Sur le plan économique, il faudra enfin nous interroger sur notre double schizophrénie : des agriculteurs qui veulent à la fois être indépendants, mais ne peuvent se passer de la PAC, des consommateurs qui veulent des produits de qualité, mais sans en payer le prix réel…

     Toute cette évolution nécessite également de revoir la formation des agriculteurs. Ceci est d’autant plus aisé et d’actualité que de nombreux jeunes recherchent du sens pour leur métier et veulent l’exercer avec une approche positive pour la nature. Il est de moins en moins contestataire ou « écolo de base » que d’envisager son métier d’agriculteur avec le souci des circuits courts, une transition énergétique avec de la méthanisation par exemple, un recyclage plus performant, etc.

     Le développement de l’agriculture biologique est un témoin de cette évolution, avec une augmentation de près de 20 % du nombre de fermes laitières biologiques entre 2015 et 2016.

     Paysans, soyez fiers de vous, la révolution est en marche ! Nous vous suivons.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 07:38

3. Nouvelles orientations en cours

     L’agriculture a besoin d’une double révolution, à la fois écologique et technologique. Pour nourrir la population mondiale à venir, il faudrait… doubler la production, ce qui sera difficile sans une meilleure maîtrise de la natalité. Le paysan, devenu exploitant agricole puis chef d’entreprise industrielle va devoir se transformer en ingénieur biologiste, afin de savoir accélérer les processus biologiques tout en respectant les ressources.

      Nous avons besoin, plus que jamais, d’une agriculture respectueuse de l’environnement et des consommateurs. Ce n’est pas nouveau, mais il va falloir bientôt nourrir une population mondiale très nombreuse, et cela dans un contexte de changements climatiques qui pose question. C’est ainsi que progressivement, on redécouvre « l’agro-écologie » (http://www.michel-lerond.com/article-20124265.html) afin de prendre en compte les processus écologiques dans les systèmes agricoles, comme le faisaient les paysans d’autrefois. C’est du coup redonner de l’importance aux « petits paysans » que les grandes exploitations et un système hyperproductif ont littéralement laminés. Les femmes ont un rôle à jouer dans ce secteur qui se féminise, comme beaucoup d’autres, plus sensibles qu’elles sont à la diversification et la protection de l’environnement.

     Bien que l’agro-écologie existe depuis les années 1930, elle s’est surtout développée à partir des années 1970-80 et commence seulement à être connue du grand public. On peut la définir comme un ensemble cohérent de pratiques qui concilient les pratiques agricoles avec les fonctionnalités des écosystèmes. En somme il s’agit d’utiliser la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement. Bien que correspondant aux origines de l’agriculture, par rapport à l’agriculture intensive, il s’agit d’une révolution qui nécessite un fort développement de la recherche appliquée pour améliorer la production, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, tout en sauvegardant l’eau, les sols et la biodiversité. Les « culs-terreux » savent cela intimement, mais perçus comme plaintifs et conservateurs, ils doivent inverser leur image pour s’affirmer comme nourrisseurs de la population et sauveurs de la planète.

     Comme toute révolution celle-ci prendra du temps, mais une dynamique est en marche, d’autant plus indispensable que le défi climatique constitue une nouvelle donne.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 07:57
  1. Enjeux et évolutions souhaitables

     L’agriculture est confrontée à des enjeux considérables que sont la priorité donnée à sa vocation vivrière, la préservation des sols et son équilibre tant économique qu’environnemental. Tout cela nécessite une évaluation de l’activité agricole dans son ensemble, avec le souci affirmé de privilégier l’intérêt collectif.

     La vocation vivrière de l’agriculture doit redevenir une priorité nationale, en France, mais aussi partout dans le monde.

     Cela suppose, en premier lieu, que l’on préserve les sols. En France, le grignotage des terres agricoles est en moyenne de 74 000 hectares par an. En Europe, les sols imperméabilisés représentent environ 400 m2 par habitant… Au niveau planétaire, ce sont 25 % des terres agricoles qui sont dégradées ! Cela rend encore plus difficile le défi qui consistera à nourrir 9 milliards d’humains en 2050, pour lesquels il faudrait 70 % d’aliments supplémentaires sur des terres de moins en moins fertiles, voire dans certaines contrées… sans sol.

     Avec une certaine mondialisation l’agriculture a perdu ses repères ancestraux et, parfois, ne « nourrit plus son homme », ce qui est un comble. Quel bilan économique, en effet, quand la production agricole est rémunérée davantage par le contribuable que par le consommateur ; quand les « dégâts collatéraux » sont pris en charge par la collectivité et non par leurs auteurs. Combien coûte et combien rapporte  l’agriculture ? C’est une question qu’il faut poser.

      Quant à ses impacts environnementaux, ils demeurent même si une prise de conscience est indéniable et des mesures prises. Ainsi, malgré le programme Ecophyto, la consommation de pesticides ne cesse d’augmenter, avec des conséquences non négligeables sur la santé et l’environnement : en 2013, 92 % des points de surveillance des cours d’eau font état de la présence d’au moins un pesticide. De même, concernant les modifications climatiques, l’agriculture n’a pas été assez prise en compte dans les négociations internationales : elle est très sensible aux perturbations climatiques, notamment dans les pays du Sud, et est génératrice d’émissions spécifiques.

     On ne pourra résoudre cette équation difficile qu’en commençant par établir un bilan réel de l’agriculture française. C’est une réelle difficulté que de faire évaluer, par un observateur indépendant, avec la participation des citoyens, une activité aux facettes aussi diversifiées, en considérant toute la chaîne et pas seulement le maillon qui nous convient. Mais c’est un passage obligé.

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 07:43

1. Repenser l‘agriculture

 

     Rien n’étant jamais désespéré, de nombreux indices nous invitent à croire que l’agriculture amorce une révolution, face aux défis qui sont les siens.

     L’histoire de l’agriculture montre une évolution très lente au cours des siècles, puis une accélération prodigieuse à partir de la fin du 19ème siècle avec l’apparition des cultures industrielles et du machinisme agricole. A partir de la moitié du 20ème siècle, les intrans (engrais et produits phytosanitaires) deviennent de plus en plus importants.

     Sans doute peut-on admettre que cohabitent différentes formes d’agriculture, mais aucune ne doit être nocive à la santé. L’agriculture conventionnelle actuelle peut être amenée à porter atteinte gravement à la faune et la flore sauvages, aux paysages et à la santé humaine, comme nous l’avons évoqué à plusieurs reprises sur ce blog.

     Ces constats ramènent à des considérations basiques : l’agriculture doit assurer d’abord l’alimentation des populations locales. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il est maintenant urgent d’assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud.

     L’actualité récente de l’agriculture a mis en évidence une crise de fond, à la fois agronomique, économique et environnementale. Les agriculteurs sont les premiers déstabilisés par cette crise et remettent en cause leurs pratiques. Il est en effet urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notament la petite agriculture familiale. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en acceptant d’en payer le prix.

   Selon la FNSEA, si l’on cumule les emplois de la production, de l’agrofourniture, l’agroalimentaire et les services qui sont rattachés à ces activités, le secteur agricole représente 14 à 15 % des emplois totaux en France, soit 3 500 000 emplois. Depuis une trentaine d’années, le secteur a beaucoup évolué avec une perte d’emploi en production, mais un gain important dans la transformation et les services rattachés.

 Voilà où sont les enjeux qui vont déterminer les évolutions qui se dessinent.

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 08:00

     Il y a un an je vous souhaitais une bonne année et un bon siècle. L’année écoulée a montré qu’il y avait encore beaucoup à faire pour parvenir à une réconciliation durable avec la nature. Il pourrait bien en être de même pour tout le 21ème siècle si on ne progresse pas plus vite, notamment en matière de sauvegarde de la biodiversité et de maîtrise des risques climatiques. Pour cela on compte toujours sur les politiques, les décideurs, les institutions, les autres en somme. Et si on s’y mettait soi-même ?

     On incombe toujours les manques et les défaillances à la société, mais celle-ci ne peut être que le reflet de ses constituants, nous. Si la société actuelle dysfonctionne autant, elle n’est que le miroir de nos propres faiblesses, de notre façon d’être, de penser et d’agir… Au fond de nous-même, chacun sait que nous souhaitons « que ça change », mais plutôt que de prendre chacun ses responsabilités, on trouve plus simple d’être dirigés. Et de fait, il est plus simple de critiquer le système que de se remettre en cause. Ah ces Français, râleurs et monarchistes !

     Il faut bien se rendre à l’évidence, la meilleure chose que l’on puisse vraiment changer, c’est notre comportement. Rien ne dit que ce soit facile. Bien au contraire, changer nos habitudes, analyser nos façons de penser, nos actions, se remettre en cause paraît parfois insurmontable. Pourtant c’est chacun de nous qui contribue à créer la société et c’est précisément le challenge que nous avons à relever.

     Ce défi doit être enthousiasmant pour tout le monde et en particulier pour les jeunes, pour qui c’est une chance que de devoir refaire le monde ! C’est aussi un défi intergénérationnel, impliquant les séniors d’aujourd’hui qui ont eu la chance de connaître 70 ans de paix et de confort matériel. C’est ainsi que l’on pourra réconcilier l’homme et la nature et assurer un avenir serein à nos enfants et petits-enfants.

     Que ce blog puisse y contribuer en apportant des éléments de réflexion à discuter ou critiquer, selon les cas. Vos commentaires contribueront à nous faire avancer.

     Alors bonne année à chacun(e) et encore une fois, bon siècle !

Pour commencer à refaire le monde :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

- Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud (avec le Béninois G. Lanmafankpotin)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 07:51

     En neuf ans, 474 chroniques et micro nouvelles ont été publiées sur ce blog, avec 1 214 commentaires. La fréquentation totale a été de 42 513 visiteurs pour 75 127 pages vues, avec 180 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2016 :

  • Neuf ans et 474 articles, déjà 27-12-16
  • Animal, animal ! 20-12-16
  • Réduction de 60 %, qui dit mieux ? 13-12-16
  • Ecole écolo ? 6-12-16
  • Urgence Africa ! 29-11-16
  • L’écolo qui parlait à l’oreille des politiques ! 22-11-16
  • Relire Philippe Saint-Marc ! 2/2 15-11-16
  • Relire Philippe Saint-Marc ! 1/2 8-11-16
  • Le cheval qui murmurait à l’oreille des hommes ! 1-11-16
  • Faites vos jeux ! 25-10-16
  • Relire Jean-Marie Pelt ! 3/3 18-10-16
  • Relire Jean-Marie Pelt ! 2/3 11-10-16
  • Relire Jean-Marie Pelt ! 1/3 04-10-16
  • Brexit, frexit ou populexit ? 27-09-16
  • Vous bouffez mal ? 20-09-16
  • Relire Jean Rostand ! 3/3 13-09-16
  • Relire Jean Rostand ! 2/3 06-09-16
  • Relire Jean Rostand ! 1/3 30-08-16
  • La récolte a été mauvaise ! 23-08-16             
  • Au Point du Jour 4/4 16-08-16
  • Au Point du Jour 3/4 29-08-16
  • Au Point du Jour 2/4 02-08-16
  • Au Point du Jour 1/4 26-07-16
  • C’est pas foutu ! 2/2 19-07-16
  • C’est pas foutu ! 1/2 12-07-16
  • Tout gratos ? 05-07-16
  • Nucléaire, c’est clair ? 2/2 28-06-16
  • Nucléaire, c’est clair ? 1/2 21-06-16
  • Orages, ô désespoir 14-06-16
  • Pas encore connues, déjà disparues 07-06-16
  • Ça roule ou çà déraille 31-05-16
  • La peste ici, encore ? 23-05-16
  • Tous à la manif ! 17-05-16
  • Comment brasser du vent avec élégance ? 10-05-16
  • Hymne à la joie ! 03-05-16
  • La déchéance, un concept franco-français ! 26-04-16
  • A ta santé, Mec ! 19-04-16
  • Plume dans le cul, ou tête dans le sable ? 12-04-16
  • Actionnaire ou action-air ? 05-04-16
  • Le bio, c’est bobo ? 29-03-16
  • Vous voulez vraiment être suréquipés ? 22-03-16
  • « Oui chef, bien chef, entendu chef », c’est fini ! 15-03-16
  • Il est permis d’espérer ! 08-03-16
  • Le changement, c’est maintenant ! 01-03-16
  • Marais Vernier et Risle maritime, Ramsar ! 23-02-16
  • Homme, ta nature fout le camp ! 2/2 16-02-16
  • Homme, ta nature fout le camp ! 1/2 09-02-16
  • Alors, climato-réalistes ? 02-02-16
  • L’auxiliaire, c’est essentiel ! 26-01-16
  • Avoir plus ou être mieux ? 19-01-16
  • Adieu Monsieur Pelt ! 12-01-16
  • Bon siècle !  05-01-16

     Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux. Bonne année 2017 à toutes et tous.

     Par ailleurs, au cours de l’année 2016, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications :

  • 54 publications : 1 livre, 2 articles et 51 chroniques du blog
  • Séance de dédicace de Quel foutoir la nature ! à Buchy

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

  • Communication à l’assemblée générale de la Société centrale d’agriculture de Seine-Maritime sur le thème « L’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen et l’agriculture »
  • Communication interne sur le thème « L’Académie et l’agriculture »

▪ Assistance conseil et représentation :

  • Co-animation des débats après projection du film « Des racines et des haies » à Sainte-Croix-sur-Buchy-. ARBRE et Beaubec Productions
  • Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:50

     A plusieurs reprises ces derniers temps, il a été question de maltraitance à l’égard des animaux mais aussi plus globalement de nos rapports avec les animaux. Nous autres humains, une espèce animale aussi, sommes confrontés à une période difficile où la violence est souvent présente entre nous sous différentes formes. N’est-ce pas l’occasion de regarder vivre les animaux avec plus d’attention et, éventuellement, nous en inspirer en matière de respect des autres et de la nature. Le bon sens et l’intelligence des animaux, chez certains d’entre eux, nous laissent parfois sans voix devant ce qu’il faut bien appeler de la sagesse.

     Au cours des temps nous avons pris l’habitude de regarder les animaux à travers le prisme des croyances ancestrales à caractère religieux ou de déductions hâtives sans fondement. C’est ainsi que les écureuils sont gentils, que les chouettes émettant leur cri la nuit portent malheur, ou que les chauves-souris sont quasiment des vampires, ou encore que les araignées sont détestables… Pourtant, même si l’homme s’est persuadé de sa supériorité sur tout le reste du monde animal au cours du temps, il ne peut nier son animalité et aurait sans doute intérêt à s’en souvenir.

     En connaissant mieux les comportements animaux, nous pourrions appréhender nos complémentarités. Si nombre de médicaments proviennent des plantes, certains proviennent aussi d’animaux et parfois de façon inattendue. C’est le cas par exemple de certains anti-coagulants qui proviennent du venin de serpent. Par ailleurs, sous l’impulsion des éthologues nous découvrons de plus en plus que les animaux sont des êtres doués d’intelligence. L’étude des grands singes notamment a montré que les gorilles ou les chimpanzés ont de vraies relations sociales, qu’ils communiquent entre eux et utilisent des outils. A partir de là on a pu constater que ces capacités cognitives et ces dispositions sociales existent aussi chez les oiseaux, insectes, poissons et bien sûr les animaux de ferme. Tous ces animaux sont dotés, à des niveaux divers, d’intelligence et d’émotions.

     Ces découvertes remettent en cause notre vision du monde et nos rapports avec le monde animal. Cela bouscule nos certitudes d’antan et nous amène à nous interroger, par exemple, sur la souffrance animale dans le cadre des élevages intensifs, des abattoirs ou de la maltraitance « ordinaire ». C’est à partir de ces découvertes que les juristes sont amenés à revoir le droit des animaux avec des concrétisations surprenantes comme cet orang-outang à qui la cour de cassation d’Argentine reconnaît le droit de vivre, d’être libre et de ne plus être maltraité ou les dauphins pour lesquels l’Inde a reconnu des droits semblables par une loi de 2013. En France, ces débats restent marginaux, pour le moment, par crainte que le droit animal ne s’oppose aux droits de l’homme.                   

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 08:02

     A chaque période de soldes, les réductions des prix sont de plus en plus attractives et laissent parfois perplexes sur leur montant. S’il s’agit là de réductions relatives à des biens matériels, c’est encore plus étonnant quand ces pourcentages concernent… le vivant. Périodiquement, différents organismes internationaux nous informent sur la diminution du nombre d’espèces vivant sur la planète. Et voilà que le WWF (Fonds mondial pour la nature) vient de nous apprendre qu’en 40 ans, la planète Terre avait perdu plus de la moitié de ses animaux sauvages ! Non ce ne sont pas les soldes, mais le fait que nous surexploitons notre planète et ainsi la mettons en péril. A moins que nous soyons en train de solder notre avenir… Actuellement, pour satisfaire tous nos besoins, il faudrait l’équivalent de 1,6 planète, ce qui est bien sûr impossible.

     Partout sur la planète, les écosystèmes sont mis à mal et la tendance semble s’aggraver, malgré toutes les mesures prises ici ou là. C’est ce que met en évidence l’étude réalisée tous les 2 ans par la Zoological Society of London et l’ONG Footprint Network portant sur un suivi de 14 152 populations animales de 3 706 espèces différentes de vertébrés.

     La tendance à la régression est claire, montrant une baisse de 58 % des populations entre 1970 et 2012. Ce sont les milieux d’eau douce qui ont été les plus affectés avec une perte de 81 % pendant la même période ! Si ce rythme est maintenu, on devrait passer de 58 à 67 % de diminution d’ici 2020, concrétisant ainsi la sixième extinction des espèces terrestres, dont nous sommes en partie responsables. Ce recul est dû essentiellement à l’agriculture et la déforestation (l’agriculture génère 80 % de la déforestation mondiale), l’urbanisation et l’exploitation minière. Sont imputables aussi la surexploitation (pêche notamment), la pollution et les changements climatiques dont on commence à percevoir les effets sur la biodiversité.

     C’est surtout depuis les années 1970 que nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, que nous prélevons plus de poissons dans les océans qu’il n’en naît, et que nous rejetons davantage de carbone dans l’atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Avec une population mondiale de 10 milliards d’humains vers 2050, nous aurons besoin de 2 planètes…

     Que faire face à un tel défi ? D’abord en avoir conscience et prendre les mesures nécessaires pour préserver le capital naturel à l’échelle planétaire, consommer en harmonie avec les disponibilités et instaurer une gouvernance mondiale des ressources. Il ne s’agit pas de revenir à la préhistoire, mais d’inventer un nouveau modèle. Refaire le monde, quel beau défi ! Courage !

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 07:36

     Nous en sommes maintenant à ce que (presque) plus personne ne nie que de grands défis nous attendent avec les modifications climatiques et l’épuisement des ressources naturelles. Si nombre de politiques sont un peu dépassés par ces questions, qu’en est-il de la préparation des jeunes d’aujourd’hui à cette nouvelle donne pour la Terre entière ? En France, les débats récurrents, et parfois un peu passéistes, sur le monde scolaire ne s’intéressent guère à ces questions pourtant essentielles. Au niveau international les conférences climatiques n’ont pas davantage fait preuve de beaucoup d’imagination pour mettre en avant un levier essentiel du changement : l’éducation au développement soutenable.

     Comme nous l’avons évoqué sur ce blog à plusieurs reprises depuis une dizaine d’années, il faut commencer par le début, l’école. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/ développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

     Certes la préoccupation de certains enseignants pour la nature et l’environnement n’est pas nouvelle et on en connaît des exemples dès les années 1945… Il faut maintenant sortir l’éducation à l’environnement de son relatif isolement culturel et la recadrer dans un contexte plus large pour constituer un axe essentiel d’une réforme en profondeur de l’enseignement. Il est devenu urgent de passer d’une société des connaissances spécialisées à une société de LA connaissance, celle qui permet de transcender les spécialités. Cela passe, entre autres, par redonner le goût des sciences, le sens de la rationalité scientifique. L’école doit aussi apprendre à raisonner globalement.

     De nombreuses expériences vont déjà en ce sens et on peut noter quelques évolutions de l’Education nationale, il faut s’en réjouir, mais il faut aller plus loin, plus vite, plus fort. Pour cela nous avons déjà eu l’occasion de formuler quelques suggestions à l’intention des ministres de l’éducation.

     L’avenir se prépare afin de le maîtriser plutôt que le subir. Pour cela, d’abord refonder l’école !

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 07:53

     Si l’ensemble de la planète est concerné par les grandes évolutions de notre environnement, l’Afrique semble particulièrement confrontée à ces évolutions. Les changements climatiques, les ressources naturelles et la disponibilité de l’eau vont être des facteurs déterminants pour l’avenir des Africains.

     Bien que l’Afrique, jusque-là, ait peu contribué au réchauffement climatique, elle sera très vulnérable aux épisodes de sécheresses ou de précipitations extrêmes, d’autant plus que l’augmentation de la température moyenne pourrait être au-dessus de la moyenne planétaire, soit 3 à 4°. L’élévation du niveau de la mer pourrait entraîner des submersions de terres agricoles et de zones habitées, générant des migrations importantes. L’Afrique aura-t-elle la capacité de s’adapter à de tels bouleversements ?

     Cette question sera d’autant plus sensible que les ressources naturelles sont déjà très menacées par la déforestation (perte de 4 millions d’hectares de forêts chaque année, entre 1990 et 2005, soit 3 fois plus que la moyenne mondiale ! ).

     Quant à la disponibilité en eau… l’Afrique ne dispose que de 9 % des ressources mondiales, avec une consommation qui va croissant du fait des usages domestiques, de l’irrigation et de l’industrie. Des prévisions alarmistes prévoient que le stress hydrique pourrait concerner 35 à 45 % de la population du continent d’ici 2055.

     Devant de telles incertitudes, l’Afrique a besoin de réponses politiques fortes, telles que le préconise la Banque Africaine de Développement. Des efforts concertés et une approche commune seront nécessaires pour élaborer des stratégies économiques nouvelles.

      Ceci d’autant plus que le continent africain, qui comptait 200 millions d’habitants en 1950, en compte aujourd’hui 1 milliard et sans doute 2 milliards en 2050. A cette date, un humain sur 5 sera africain.

     Il y a donc bien urgence à repenser le développement de l’Afrique. Le défi est énorme mais il sera aussi enthousiasmant et exemplaire :

  • Ou bien ce sera l’échec et alors, on peut le craindre, une simulation de ce qui attend toute la planète,
  • ou bien ce sera une réussite qui pourrait alors préfigurer une évolution positive de toute l’humanité réconciliée avec la nature.

     Viva Africa !

 

A offrir à Noël :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

- Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud (avec le Béninois G. Lanmafankpotin)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

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