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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 07:33

     On a souvent comparé la médecine et l’étude de l’environnement dans leurs démarches assez parallèles. En médecine il existe des généralistes qui « font la synthèse » à partir de leur propre diagnostic, complété de ceux des spécialistes s’il y a besoin. En écologie, il en est de même, l’écologue fait la synthèse à partir de son diagnostic, complété par les spécialistes de divers domaines (http://www.michel-lerond.com/article-33539231.html).

     Ce constat prend toute sa signification lorsque médecine et écologie se rejoignent pour démontrer à quel point la santé des humains dépend de celle des écosystèmes. Des chercheurs de plus en plus nombreux démontrent que les pressions exercées par l’homme sur les écosystèmes pèsent au final sur sa propre santé.

     Parmi les relations les plus évidentes, on peut noter que la progression démographique de la planète exerce une pression pour nourrir tout le monde qui va devenir insoutenable. Le besoin de protéines végétales et animales demande de plus en plus de terres cultivables, donc des défrichages qui compromettent l’avenir de la biodiversité, rompant ainsi des équilibres qui peuvent favoriser la prolifération de parasites redoutables pour l’homme. De même, les modifications climatiques réchauffent les océans et font émerger des pathogènes à cycles courts qui s’adaptent à une évolution rapide.

     On en vient, de plus en plus, à parler de « santé des écosystèmes » ou de « l’écologie de la santé », ce qui montre bien l’osmose existante entre les deux concepts. Pour progresser dans cette voie, il subsiste un besoin important de recherche pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes et les possibilités de transferts vers l’organisme humain. On a encore beaucoup à apprendre sur les alertes que peuvent nous donner le développement de certaines plantes ou animaux, afin de prévenir des risques importants pour les populations humaines.

     Nous faisons partie de la nature, en dépendons et devons donc être attentifs à son évolution, pour notre propre bien. Il ne s’agit pas de sauver la planète, mais de sauver l’homme.

C‘est la 1000ème !

     Cette chronique est ma 1000ème publication, je n’en reviens pas moi-même… 1000 publications entre 1972 et 2017, soit en 45 ans. Parmi celles-ci on note une bonne dizaine d’ouvrages, de nombreux articles scientifiques ou de vulgarisation, des rapports d’études et de conseil et 488 chroniques de ce blog. Cette bibliographie a déjà fait l’objet d’une mention (http://www.michel-lerond.com/article-ma-bibliographie-125324108.html) en 2015.

     Par ailleurs, mes archives personnelles et professionnelles, de 1972 à maintenant, ont fait l’objet d’un don aux Archives Départementales de Seine-Maritime en 2015 (http://www.michel-lerond.com/2015/04/mes-archives.html).              

     Tout au long de ces années, j’aurai été animé essentiellement par la volonté de « faire passer le message » (http://www.michel-lerond.com/article-18951863.html), d’essayer de convaincre que nous devons nous réconcilier avec la nature.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 17:50

     Quelle banalité que d’annoncer ce fait ! Oui mais… En effet il y a un mais, si l’on précise qu’il s’agit du grand sud, l’Antarctique, là où normalement il ne pleut jamais, mais il neige. Dé-Trumpez vous, le changement climatique est bien là et avance… plus vite que prévu !

     Regardons d’abord notre sud à nous, le milieu méditerranéen. L’intensification des précipitations est une tendance observée depuis quelques années et serait imputable, au moins en partie, au réchauffement climatique. De ce fait le GIEC considère les rives de la Méditerranée comme un point chaud au niveau mondial, dans un contexte de changement qui s’accentue. On a pu, ces derniers temps, constater des cumuls de pluie inquiétants, jusque 200 mm en 24 heures parfois, soit l’équivalent de 2 mois et demi de précipitations.

     Si l’on va beaucoup plus au sud, on constate que les modifications du climat produisent des bouleversements en Antarctique qui inquiètent les scientifiques, avec hausse des températures, fonte des glaciers et pluie qui remplace la neige. Il pleut en Antarctique, ce qui est nouveau ! Auparavant il ne pleuvait jamais, il neigeait. Aujourd’hui, il pleut régulièrement, la température a augmenté de 2,5 degrés en un siècle et les paysages laissent apparaître les flancs de montagne, ce qui est nouveau. En plus de ces bouleversements immédiatement visibles, la fonte des glaces modifie la salinité de l’eau de mer et change ainsi le milieu de vie des micro-organismes (comme les mini-crevettes, le krill) en nombre moindre aux dépens des mammifères marins qui s’en nourrissent. En résumé, moins de krill, c’est moins de baleines, manchots ou phoques.

     Tout cela peut paraître assez exotique, mais n’oublions pas que la fonte des banquises fait monter le niveau des océans. Négligeable ? Pas sûr. En France même, le cinquième des côtes est en recul, avec une perte de 26 km2 en 50 ans. Avec un recul du trait de côte de l’ordre d’un mètre par an, le Pas-de-Calais est le département le plus touché, mais la Gironde suit de près, tout comme la Charente-Maritime, le Gard, les Bouches-du-Rhône et la Manche. Rien de grave à cela tant que l’on n’est pas concerné, mais quand cela arrive et qu’il faut évacuer des habitations… Ainsi au Havre, les responsables du Port et de la Ville s’interrogent sur l’opportunité de surélever les infrastructures existantes. Rotterdam s’est déjà engagé dans cette voie en surélevant la nouvelle zone portuaire de Maasvlakte de 2m ! Quant à continuer à construire en zones inondables, près du littoral, dès à présent, c’est bien sûr un manque d’anticipation, mais aussi d’une irresponsabilité notoire. Il est vrai que la notion de temps n’est pas la même selon que l’on parle de nature, de société ou… de politique. Une fois de plus, on voit bien que l’on ne peut pas décider de l’aménagement du territoire sans une prise en compte forte de la nature.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 07:27

     La biodiversité est sérieusement menacée sur l’ensemble de la planète, chacun le sait. Parmi les dernières menaces on peut noter l’impact du commerce mondial. Par exemple, pour produire du café ou du soja, des forêts entières ont été rasées en Indonésie ou au Brésil, menaçant ainsi des dizaines d’espèces végétales et animales de ces régions en détruisant leurs habitats. Certains produits manufacturés nécessitent des matières premières (notamment des coupes de bois) dont l’exploitation contribue au déclin d’environ 7 000 espèces selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

     La Terre est confrontée à la sixième extinction de masse, la précédente ayant eu lieu il y a 500 millions d’années. La faune et la flore de la planète Terre s’éteignent 1 000 fois plus rapidement qu’il y a quelques siècles… en conséquence de l’urbanisation, de l’agriculture intensive, des pollutions, des modifications climatiques, sans oublier le commerce illégal d’animaux. Il y a comme une urgence à agir !

     Parmi ces espèces, les primates apparaissent maintenant plus menacés que l’on ne pensait. Trente et un primatologues ont lancé un appel en janvier 2017 pour attirer l’attention sur le fait que les 504 espèces de primates vivant dans le monde sont en grand danger. Une découverte récente renforce nos craintes pour l’avenir en établissant que les grands fonds marins sont aussi très pollués. En dessous de 6 000 mètres, on ne connait quasiment rien de la biodiversité, mais on vient de découvrir que ces fonds marins constituent des pièges à contaminants chimiques, dont les PCB, qui sont stockés par les invertébrés, premiers maillons des chaînes alimentaires.

     Récemment, en février 2017, plus de 400 baleines ont échoué sur une plage de Nouvelle-Zélande. On ne connaît pas précisément la cause de cet échouage et près des 3/4 des animaux sont morts. Mais c’est là que renaît l’espoir, en constatant que de très nombreux volontaires ont réussi à renflouer la plupart des baleines survivantes et ont formé une chaîne humaine pour les empêcher de s’échouer à nouveau. L’Homme n’est pas que désespérant. Certains parmi nous ont bien compris que nous faisons partie de la nature, que nous ne pouvons pas vivre sans et qu’il faut en sauver le maximum. Il y a de l’espoir !

 

Pour détailler un peu plus ces questions :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:00

2. Faites l’amour, pas la guerre

     Les robots peuvent aussi servir à faire la guerre, ce n’est plus de la science-fiction. Des drones, par exemple, peuvent être programmés pour sélectionner et tuer ou blesser des cibles, sans intervention humaine. Aux Etats-Unis, par exemple, des drones peuvent être équipés de lance-grenades, fusil laser ou armes pour « seulement » blesser. Mais voilà, les robots tueurs posent des problèmes… juridiques et une démarche internationale est en cours pour interdire les robots létaux autonomes. En effet, ces robots étant autonomes, aucun humain ne pourra être tenu pour responsable et ne pourra rendre compte des morts… C’est embêtant !

     Un traité international sur le sujet est en cours de préparation, avec difficulté, certains pays étant réticents pour interdire ce type d’armes, dont la Russie. La discussion est ardue dans la mesure où ces robots ne sont pas conformes aux normes internationales relatives aux droits humains et au maintien de l’ordre. Qu’en serait-il de l’usage de ces armes, même non létales, en cas de manifestations syndicales, ou autres. Par ailleurs il existe des « lois de la guerre », même si cela paraît un peu surréaliste, qui exigent des ripostes proportionnées, un jugement humain et la distinction entre combattants et civils. Cependant certains pays, dont la Chine, Israël, Russie, Corée du Sud, Etats-Unis et Royaume-Uni développent actuellement des machines de combat autonomes qui peuvent, entre autres, projeter des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc ou des aiguillons à impulsions électriques. On va bien rigoler ! L’histoire ne dit pas, pas encore, ce qu’il en adviendra avec des terroristes.

     Faites donc l’amour, ce sera plus cool. D’autant plus que les premiers robots sexuels arrivent, comme annoncé lors du congrès « Love and Sex with the Robots », oui oui cela existe, c’était à Londres en décembre 2016. Ces machines permettront d’avoir des relations sexuelles et même d’avoir de « véritables discussions »… Vous pourrez satisfaire toutes vos envies, par exemple faire l’amour avec un robot à l’image de son actrice fétiche (ou acteur bien sûr). Des jouets sexuels connectés vont vous permettre de garder un lien avec votre partenaire à distance, de l’embrasser à distance et même de reproduire le mouvement de ses lèvres sur les vôtres ! Si vous en voulez davantage vous pourrez utiliser un casque qui vous plonge dans la peau d’un acteur pornographique. Pour rester simple et modeste, vous pourrez vous contenter d’une poupée silicone grandeur nature dotée d’intelligence artificielle, cela ne coûtant que de l’ordre de 30 000 €. La première de ces poupées sortira au printemps 2017, livrée à votre convenance, timide, intellectuelle ou autre.

     Profitez bien de la vie ! Nous vivons une époque formidable !

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:45
  1. Des robots plutôt que des abeilles

     La révolution numérique et internet nous ont familiarisés avec l’intelligence artificielle, mais il se pourrait bien que nous n’ayons vu que le début de cette nouvelle étape de l’humanité. Depuis peu, par exemple, les drones ont démultiplié les possibilités de prise de vue, de surveillance discrète, voire d’actes de guerre. Les robots, déjà existants depuis un certain temps, profitent de cette avancée technologique pour devenir des auxiliaires super-doués des hommes, voire des concurrents redoutables, qui cependant peuvent les soulager de tâches ardues.

     C’est en 1956, aux Etats-Unis, qu’est admis le principe d’enseigner à une machine un comportement « intelligent ». C’est 60 ans plus tard, en 2016, que deux réseaux d’intelligence artificielle ont réussi à communiquer entre eux sans intervention humaine… De quoi frémir ? Comme toujours, ces avancées technologiques visent d’abord une amélioration des conditions de vie. Par exemple, c’est le cas lorsque l’Ecole polytechnique de Lausanne projette la construction de spatioports pour drones en Afrique afin de permettre des livraisons de médicaments ou autres par des drones autonomes. On a beaucoup entendu, ces derniers temps, l’inquiétude que suscite cette révolution industrielle en matière de suppression d’emplois, même s’il faut aussi des emplois pour concevoir et fabriquer les robots. Certains économistes estiment cependant à 5 millions le nombre d’emplois détruits par les robots, à l’échelle mondiale d’ici 2020. Les taxis-robots sont déjà là, les voitures sans chauffeur arrivent et tout cela va impacter le transport urbain, les parkings, les voies de circulation… avec des conséquences encore bien difficiles à estimer.

     Les robots, de plus en plus performants, pourraient-ils aussi corriger nos erreurs ? Nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce blog les inquiétudes concernant la disparition des abeilles. Celles-ci sont essentielles à la pollinisation alors que leur nombre ne cesse de chuter, à l’échelle mondiale, à un rythme sans précédent, du fait de maladies parasitaires et de l’utilisation abusive de pesticides. C’est environ le tiers de notre nourriture que nous devons aux abeilles : cultures, fruits et légumes. Mais plus d’inquiétude, des ingénieurs d’Harvard sont en train de mettre au point les RoboBees des robots pour remplacer les abeilles ! Ces mini machines de 3 cm et pesant 80 mg seraient capables de battre des ailes 120 fois par seconde pour suppléer aux abeilles, ce qui n’est pas sans poser de questions sur la relation homme-nature. Des chercheurs japonais ont inventé un mini drone équipé d’un gel spécial qui permet de polliniser les fleurs en pratiquant comme les abeilles. Les robots nous sauveront-ils si nous persistons dans nos erreurs ? La question peut angoisser un peu, mais ce n’est encore rien… par rapport à ce qui suit !

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 07:52

     La campagne électorale pour les prochaines présidentielles bat son plein, si l’on peut dire… Si de nombreux sujets ont été évoqués, il ne semble pas que le revenu universel, la croissance ou la colonisation, etc. soient des thèmes majeurs en terme de prospective, même s’ils ont leur intérêt (http://www.michel-lerond.com/2017/02/la-presidentielle-pour-les-nuls.html). Ne faisons pas d’amalgame, tous les élus ne sont pas à mettre dans le même panier et les élus locaux sont souvent très dévoués à la cause publique et s’y donnent souvent à fond. Mais au plan étatique, il faut bien admettre que nombre des élus sont un peu, beaucoup, déconnectés des réalités (http://www.michel-lerond.com/article-ils-sont-eleves-hors-sol-125175116.html). Faut-il redire que l’on pourrait attendre des propositions précises concernant les modifications climatiques, la préservation de la biodiversité ou les ressources énergétiques, questions essentielles celles-là puisqu’il y va de notre survie !

     L’intérêt des politiques va d’abord à des manifestations très médiatisées comme la COP 21, mais ils s’avèrent souvent incapables de formuler ensuite des propositions concrètes applicables en France, au niveau des territoires. Si quelques propositions sont esquissées, elles manquent d’ambition, de modalités pratiques de mise en œuvre et de propositions de suivi.

     C’est pour remédier à cette situation assez déplorable que la Fabrique Ecologique (http://www.lafabriqueecologique.fr/), fondation pluraliste de l’écologie, forte de 700 experts a présenté en février 14 mesures soumises aux candidats à cours d’idées pour la présidentielle. Avec un souci de stratégie politique, la Fabrique a élaboré des propositions concrètes qui vont de la rénovation énergétique à la fiscalité écologique, en passant par la planification de l’arrêt de certains réacteurs nucléaires.

     Née des réflexions d’un groupe de responsables et experts proches des acteurs économiques, administratifs et politiques, la Fabrique Ecologique se donne pour objectif de proposer des actions concrètes et pragmatiques afin de mettre en œuvre la transition écologique et la responsabilité environnementale de tous. Elle se veut rigoureuse, pluraliste, transparente, européenne et internationale. Elle compte pas moins de 4 ancien(ne)s ministres de l’environnement, des experts écologues, juristes, entre autres.

     Même s’il est bien tard pour cette fois, cette démarche redonne cependant de l’espoir et permet d’amorcer des évolutions importantes avec un esprit positif, en vue de préparer le futur avec calme et réflexion, en dehors des braillements revendicatifs. Continuons dans cette voie.

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 07:33

     Le village à la française reste un mythe, une sorte de fantasme. Nombre de citadins se réfèrent au village, paradis perdu, souvenir de leur enfance, et y reviennent parfois, s’il y a le Wi-Fi et si possible une gare TGV ou une autoroute proches… Nous ne sommes plus des hommes des cavernes, ni même des Gaulois, nous sommes des Terriens, des citoyens du monde. Comment donc concilier le mythe du village et la Planète ? Le village planétaire, en somme !

     Depuis la loi de décentralisation de 1982, nous n’avons cessé de nous interroger sur l’organisation du territoire français, mais surtout de créer de nouvelles structures, ou d’envisager des suppressions,… sans décider grand chose. Pourtant, de la commune à l’Europe, voilà 12 niveaux territoriaux possibles : communes, communes nouvelles, communautés de communes, syndicats intercommunaux, métropoles, cantons, départements, régions, pays, parcs naturels régionaux, Etat et Europe.

     Nous avons souvent rappelé qu’il devient impératif, à défaut de supprimer purement et simplement des collectivités, de les regrouper en quatre pôles aux niveaux local, régional, national et européen en appliquant le principe de subsidiarité (allouer la responsabilité publique à la plus petite entité capable de résoudre le problème elle-même). Cette démarche doit aller de pair avec une recherche de couplages institutionnels qui permettent de réduire les financements cumulatifs et de supprimer les structures devenues superflues (d’innombrables syndicats intercommunaux…).

     La loi NOTRe, du 7 août 2015, portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République, malgré ses imperfections et revirements, constitue une avancée considérable dont le grand public a bien peu conscience. Enfin un gouvernement a eu le courage de s’attaquer à cette question récurrente depuis des décennies…

     Certes les regroupements de communes entraînent parfois de la confusion, des rejets, voire la séparation de communes déjà associées… Il y a là comme une ringardise devant laquelle l’Etat a baissé les bras.

     En pratique ces évolutions doivent constituer une avancée pour les territoires en globalisant les approches de thématiques comme la collecte et le traitement des déchets des ménages et déchets assimilés, la promotion du tourisme ou l’urbanisme, entre autres.

     A chaque niveau, il est prévu de préserver l’identité communale et la proximité, notion très chère aux Français dont la fierté d’appartenance est d’abord communale avant d’être nationale. Dans un monde instable et inquiétant, le territoire, le terroir, restent un repère solide et identitaire. Allons de l’avant sans renier notre histoire, mais aussi sans s’y laisser enfermer. Réconcilions notre village et notre planète !

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 07:34

     Le premier qui tombe à l’eau… Le premier c’est Eric, un chef d’entreprise qui a créé la Générale de Bureautique il y a 27 ans. Parti de rien et sans aucune aide dans un sous-sol de Nantes, il parvient maintenant à un chiffre d’affaires annuel de 8 millions d’euros et avec 40 salariés assure la vente et la maintenance de copieurs et outils de bureautique.

     A 56 ans Eric pense à sa retraite et aurait pu revendre sa société à un repreneur pour un montant de l’ordre de 10 M€. Mais il a pensé que la revente risquait d’entraîner des licenciements dans le cadre d’une recherche de rentabilité rapide. Convaincu qu’il était redevable à son personnel d’avoir bâti un projet avec lui, il en a décidé autrement : il a décidé de revendre l’entreprise à 5 de ses cadres avec un montage financier adapté qui lui rapportera personnellement beaucoup moins. « C’est un juste retour des choses » dit Eric, et d’ajouter « l’argent n’est pas une motivation, c’est un moyen pour réaliser certaines motivations,… notamment la vie de l’entreprise. »

     Le second c’est Carlos, un PDG de l’industrie automobile. Il dirige Renault et Nissan et est aussi président de Mitsubishi. Au total, ses activités le place parmi les 4 premiers groupes de l’industrie automobile mondiale. Il a restructuré le groupe Renault, au prix d’une politique drastique de réduction des effectifs, ce qui lui vaut d’être cité parmi les 10 hommes d’affaires les plus puissants du monde, cité parmi les leaders les plus respectés du monde des affaires ou encore de devenir un sujet d’une bande dessinée Manga !

     A 62 ans Carlos pense aussi à sa retraite et dans cette perspective a acquis 132 720 actions de sa société, qui devraient lui rapporter de l’ordre de 6 M€. Certes les résultats sont là avec un chiffre d’affaires record en 2015 et des ventes encore en progrès en 2016. Toute peine mérite salaire, ce qui est légitime puisque, comme le dit Carlos « le talent et l’expérience acquise se paient. » Avec un salaire annuel cumulé de l’ordre de 16 M€, Carlos se trouve ainsi bien récompensé, même si ce montant fait… un peu tousser quelques esprits grincheux.

     Entre Eric Belile et Carlos Ghosn, « on ne joue pas dans la même cour », c’est vrai, mais au-delà de la différence de rémunération entre un « petit » dirigeant d’entreprise et un « grand » PDG, il semble qu’il y ait comme une différence de conception de l’entreprise, comme une différence de perception des relations humaines et de la décence ou de l’indécence.

     Pince mi et pince moi sont dans un bateau, le premier qui tombe à l’eau nous donnera une idée du monde qui nous attend demain !

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 07:54

     De nombreux ouvrages de pédagogie tentent d’expliquer un sujet complexe à ceux qui n’y entendent rien, comme par exemple « L’écologie pour les nuls ». Peut-être en existe-t-il à propos des différentes élections afin de mieux faire connaître les procédures, les finalités et les objectifs politiques. Mais si les « nuls » constituent parfois une partie des lecteurs, il se peut aussi qu’ils soient les acteurs même du sujet dont il est question. Ainsi pour la présidentielle française de 2017, ne peut-on pas s’interroger ? Sans doute de nombreux sujets ont-ils été évoqués et chaque candidat a t’il proposé au moins quelques bonnes idées, dans tous les partis. Mais comment comprendre que les thèmes essentiels soient aussi peu abordés, si mal connus et parfois traités par pure démagogie, pour répondre à l’air du temps et une attente du public que l’on méprise un peu…

     Il est vrai que quelques candidats ont évoqué les questions environnementales, mais le plus souvent de façon très générale et imprécise. Si une élection présidentielle est bien une projection vers l’avenir, on pourrait attendre des propositions précises concernant les modifications climatiques, la préservation de la biodiversité ou les ressources énergétiques, questions essentielles qui engagent bien au-delà d’un mandat de cinq ans et pour les générations futures. La plupart des candidats envisagent la gestion de l’Etat au quotidien ou à court terme, alors qu’ils devraient exprimer une vision d’avenir. Quelle est en effet leur opinion, et leur projet, pour la transition énergétique, un nouveau modèle de développement respectant la biodiversité, ou les indicateurs de croissance soutenable ?

     Ainsi, qui a évoqué les ODD (Objectifs de Développement Durable) ? Je n’ai pas écouté attentivement tous les candidats et peut être cela m’a t’il échappé… alors même que la France est totalement engagée dans cette démarche. C’est en septembre 2015 qu’ont été adoptées 17 ODD par 193 états de l’ONU afin de s’appuyer sur elles pour fonder les programmes et politiques des 15 années à venir. Parmi ces ODD, on note : « Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions », « Réserver et restaurer les écosystèmes terrestres… et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité », entre autres. Ces ODD sont déclinées en 169 engagements dont certains ont fait l’objet d’un engagement chiffré de la France.

     En Norvège, par exemple, le suivi des ODD est un enjeu politique important qui mobilise tout le gouvernement. L’Allemagne, la Finlande et l’Estonie ont choisi de renouveler l’action publique sur la base de cette contrainte internationale, qu’ils se sont fixée librement.

     Mesdames et messieurs les candidats, il est grand temps de vous sortir de votre petite mandature un peu riquiqui et de vous projeter dans l’avenir !

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 07:44

    4. Perspectives

 

     Si l’agro-écologie peut constituer un axe essentiel de la révolution agricole en cours, ce ne sera pas la seule innovation. On peut penser que le retour à des principes basiques, tels qu’une certaine harmonie agriculture/nature, soit accompagnée d’innovations beaucoup plus technologiques. La révolution numérique en cours va concerner de plus en plus l’agriculture en ouvrant des perspectives d’anticipation et d’automatisation des tâches agricoles. Par exemple, on commence à pratiquer la complémentarité entre des drones qui repèrent des zones, parfois très localisées, infestées par un parasite et des robots qui vont effectuer un traitement (chimique, mécanique ou thermique) très adapté en termes de surfaces et de doses. Le « big data » appliqué à l’agriculture doit permettre de recueillir les informations, les gérer et les utiliser dans diverses applications, que ce soit pour la culture des céréales, l’élevage ou la production laitière.

     Par ailleurs, si les systèmes agricoles varient beaucoup d’un continent à l’autre, il va falloir s’interroger sérieusement sur la « mondialisation des marchés ». Peut-on continuer à cultiver sur un continent des denrées qui vont être consommées sur un autre, en laissant éventuellement les producteurs affamés ? On peut penser que les agricultures familiales, et donc de proximité, constituent le socle de systèmes alimentaires équilibrés pour se donner des chances de nourrir toute la planète.

     Sur le plan économique, il faudra enfin nous interroger sur notre double schizophrénie : des agriculteurs qui veulent à la fois être indépendants, mais ne peuvent se passer de la PAC, des consommateurs qui veulent des produits de qualité, mais sans en payer le prix réel…

     Toute cette évolution nécessite également de revoir la formation des agriculteurs. Ceci est d’autant plus aisé et d’actualité que de nombreux jeunes recherchent du sens pour leur métier et veulent l’exercer avec une approche positive pour la nature. Il est de moins en moins contestataire ou « écolo de base » que d’envisager son métier d’agriculteur avec le souci des circuits courts, une transition énergétique avec de la méthanisation par exemple, un recyclage plus performant, etc.

     Le développement de l’agriculture biologique est un témoin de cette évolution, avec une augmentation de près de 20 % du nombre de fermes laitières biologiques entre 2015 et 2016.

     Paysans, soyez fiers de vous, la révolution est en marche ! Nous vous suivons.

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