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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 07:07

     Rien de tel qu’un regard sur le passé pour mieux préparer l’avenir. C’est ce que nous avons tenté en rappelant les propos de Jean Rostand, puis de Jean-Marie Pelt. Un autre pionnier dans le domaine de l’environnement mériterait aussi d’être relu, c’est Philippe Saint-Marc et en particulier son ouvrage « Socialisation de la nature ». Né en 1927 à Paris, Philippe Saint-Marc a eu une formation large, il est docteur en droit puis major de sa promotion à l’ENA (1950-52). Durant les années 1950-60 il mène une carrière classique de haut-fonctionnaire, à la Cour des Comptes puis à l’administration chargée des rapatriés d’Algérie. Il rappelle lui-même qu’il a été militant politique avant « d’entrer en écologie ». C’est au Mouvement Républicain Populaire qu’il trouve une philosophie spiritualiste et chrétienne, et… se lie d’amitié avec Jean-Marie Pelt. En 1965, il est nommé chargé de mission à la DATAR (Délégation Interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale) et c’est là que s’affirme son intérêt pour l’écologie et la défense de la nature.

     En 1972, il publie son célèbre ouvrage « Socialisation de la nature » chez Stock dans lequel il s’attache à remonter la chaine des causalités pour comprendre la crise écologique en dépassant la défense ponctuelle d’un site ou la protection d’une espèce particulière. Philippe Saint-Marc préconise une autre politique de développement, inspirée par « l’humanisme écologique ». Selon lui, la recherche du bien-être physique et spirituel de l’homme doit être le fondement de la société et passe par une nouvelle relation de l’homme à son environnement, qu’il se doit de sauvegarder. Il se définissait lui-même comme énarque marginal !

     Pour notre part nous avons eu le plaisir et l’honneur de faire venir Philippe Saint-Marc et Jean-Marie Pelt à Rouen en 1987, dans le cadre du forum « L'environnement : un enjeu européen pour la Haute Normandie », que nous organisions entre l’Observatoire régional de l’environnement et le journal Paris-Normandie.

     D’emblée, « l’énarque marginal » pose le principe central de sa réflexion :

     Comme le profit dans notre système économique conduit inéluctablement à l’appropriation et à la dégradation du milieu naturel, il faut enlever au profit son rôle dominant en provoquant une prise de conscience collective et en mobilisant ensuite l’opinion publique, ainsi éclairée, en un immense réseau de pression démocratique vis-à-vis de tous les pouvoirs, à quelque niveau qu’ils se trouvent et sous quelque forme qu’ils s’exercent.

     Voilà 45 ans que ces paroles ont été écrites… Il semble qu’il y ait encore un peu de chemin à parcourir pour entendre les politiques se référer à ce même principe de base !

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 07:51

     Jérémy vivait dans la prairie proche et on s’observait par la fenêtre de la cuisine sans y prêter vraiment attention. J’aimais quand il partait au galop avec des hennissements qui semblaient dire « je vais bien », « je suis heureux ». Les restes de pain dur étaient pour lui, il venait près de la haie pour les attraper, à l’appel de son nom. A d’autres moments, c’est lui qui « gognait » de mon côté et semblait me dire « alors mec, ça va ? ».

     Il faut dire que depuis quelque temps, la prairie avait été partagée en deux parties et à côté de lui s’étaient installés un cheval noir et un âne. Tous deux s’entendaient parfaitement. Mais Jérémy, notre cheval blanc manifestait, par-dessus la clôture, un intérêt certain pour ces deux équidés. Plus particulièrement, il copinait avec le cheval noir et tous deux se faisaient des papouilles, se grattaient mutuellement, presque des bisous… C’était ravissant et tendre.

     Il aurait été plus simple de les mettre ensemble, mais ils n’appartenaient pas au même propriétaire, les deux parcelles de prairie non plus. Chacun chez soi, tout de même. Il en fut ainsi tout le printemps et l’été, et ce fut une réelle animation locale pleine de poésie.

     Mais voilà, la saison passait, l’automne était là, puis les premières gelées arrivaient. Fort à propos, le propriétaire du cheval noir et de l’âne décida de les mettre à l’abri pour l’hiver qui arriverait bientôt. Et un soir, les deux copains équidés partirent, solidement tenus par le licol. Ils gagnèrent la limite de parcelle, la barrière, puis la route, et disparurent de la vue.

     C’est alors que Jérémy, qui avait observé la scène en s’approchant au maximum, se mit à galoper le long de la clôture séparant les deux parcelles en poussant des hennissements douloureux. Il avait compris que l’on venait de lui arracher ses deux amis, il était visiblement bouleversé, courant, hennissant sans fin. Il faisait pitié le pauvre Jérémy qui continua ce manège pendant une heure, jusqu’à la nuit noire. Le lendemain matin, Jérémy semblait calmé, mais il arpentait encore la prairie le long de la clôture, scrutait l’horizon et ne voyait rien venir…

     Oui, Jérémy avait exprimé ses sentiments et nous murmurait à notre oreille humaine : « Moi aussi j’ai des sentiments et suis capable d’empathie, d’amitié, voire d’amour, bien qu’étant un cheval, un animal, une bête ! »

     Ce fut, en quelque sorte, une lecture inversée de l’histoire racontée dans le film de Robert Redford, « L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ». Quand les bêtes nous donnent des leçons… d’humanité.

 

Il est paru :

LEROND, Michel.- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016.- Paris : les Impliqués (l’Harmattan), 2016.- 149 p.

Cent mini éco-nouvelles rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719 …

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 07:58

     La préoccupation à l’égard des drogues de toutes natures va grandissant, tant le problème a pris de l’ampleur. La drogue la plus médiatisée est peut-être le cannabis, consommé par des jeunes de plus en plus nombreux. Mais en fait, le problème est bien plus vaste que cela. Les addictions les plus répandues sont le tabac (32 % des consommateurs sont dépendants), l’alcool, le cannabis puis les opiacées et autres amphétamines. Mais on oublie souvent dans cette liste l’addiction aux jeux d’argent et jeux vidéo.

Certes, la consommation de ces drogues se réfère souvent à des façons de communiquer, de créer de la convivialité (faire la fête et donc boire) ou simplement à des gestes habituels (la cigarette du matin, ou de la pause-café). La drogue intervient alors comme un calmant, voire un antidépresseur, mais avec le risque d’addiction qui fait passer des petits avantages (stimulant) aux gros inconvénients (problèmes cardiaques ou cancers)… C’est en effet le tabac qui tue le plus (c’est écrit dessus : fumer tue !), puis vient l’alcool (23 000 décès par an en France).    

Quant aux jeux d’argent… l’incidence est moindre, mais l’addiction, par ses conséquences en termes d’endettement, peut conduire au suicide. C’est d’autant plus regrettable que cette pratique est « encouragée » par l’Etat, propriétaire à 72 % de la Française des jeux qui vous fait miroiter des millions avec un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 14 milliards d’euros ! Faites vos jeux. Il en est un peu de même, en termes d’addiction, avec les jeux vidéo, dont un certain nombre consistent à tuer le plus possible…    

Et enfin, on peut considérer qu’il existe une addiction à la religion, parfois savamment organisée, pour « fabriquer » des intégristes dont les ravages peuvent être conséquents comme on le voit en ce moment.    

Tout cela est connu et assez largement étudié, sauf bizarrement pour l’addiction aux jeux d’argent. Mais comme souvent, la médecine apporte des réponses médicales en analysant les symptômes et les moyens de tenter d’y remédier, mais quid des causes ? La question centrale demeure, à laquelle personne ne répond : pourquoi tant de drogues, pourquoi tant de progression, et donc pourquoi tant d’angoisse ?    

Est-ce que la situation de l’emploi, le stress au travail, les conflits familiaux, les risques climatiques, les menaces d’attentats ne seraient pas des facteurs de désespérance et d’angoisse. Quant de plus, on observe un silence assourdissant des responsables politiques sur ces questions, alors certains pensent qu’il n’y a plus qu’à se shooter… pour oublier un peu.     

Faites vos jeux !    

Faites vos jeux !

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 07:57

     Pour conclure sur l’ouvrage L’Homme renaturé, le grand pédagogue que fut Jean-Marie Pelt, tant à l’Université de Metz que dans ses conférences et ses émissions radio, n’a pas oublié le rôle de l’école :

Il est urgent de développer dans la mentalité collective une vision synthétique, évolutionniste et dynamique de l’univers. Cette tâche fondamentale de la pédagogie moderne contribuera à créer entre les hommes ce langage minimal commun, en deçà duquel il n’y a plus de valeurs partagées ni de compréhension possible : donc plus de civilisation. A notre époque, le défi est de taille, car tous les futurs sont possibles, de l’effondrement des sociétés industrielles à la conflagration nucléaire, et de la montée des totalitarismes aux décadences dans l’anarchie. Il n’est même pas impossible que nous parvenions à instituer la société planétaire, équilibrée, conviviale, humaine.    

L’inquiétude sur l’avenir est pourtant bien là :    

La « victoire » de l’homme sur la nature fait surgir une nouvelle menace pour l’espèce : la montée de la compétition intraspécifique, c’est-à-dire entre les hommes.    

Mais aussi l’espoir d’une évolution :    

Comme les plantes et les animaux de la forêt cohabitent, bien que « d’origine » et de « cultures » différentes, acceptons enfin comme normale et légitime la coexistence de l’intégriste et du progressiste, du libéral et du socialiste, du réactionnaire et du gauchiste, du juif et du musulman, du catholique et du protestant.    

Certes, il y a encore du boulot, mais voilà au moins une voie à suivre. Pelt visionnaire et peut être aussi citoyen du monde :     

Cependant, au moment où la crise de notre civilisation est planétaire, où le Club de Rome alerte l’opinion internationale sur les dramatiques conséquences à terme d’un déséquilibre économique, écologique et démographique accru, la construction européenne ne saurait être qu’une étape sur le chemin de la planétarisation nécessaire des projets et des décisions. La concertation à l’échelle mondiale pour la gestion des ressources naturelles, l’exploitation des matières premières et la sauvegarde de l’environnement devient un impératif auquel on ne pourra plus longtemps se soustraire.    

Et enfin, pour conclure :    

A l’aube du troisième millénaire, l’humanité est enfin sommée de prendre sa destinée en charge.    

Que Jean-Marie Pelt soit entendu ! Il nous faut relire, et faire lire ou relire ces grands précurseurs comme Jean Rostand ou Jean-Marie Pelt.    

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 07:45

     En tant que botaniste-écologue, Jean-Marie Pelt ne pouvait rester silencieux sur le thème de la biodiversité :

     Durement agressée, la nature recule à sa manière : silencieuse, et sur la pointe des pieds… (Au) recul spectaculaire des espaces naturels, cultivés ou boisés, s’ajoute la régression, moins immédiatement perceptible, des faunes et des flores. Pourtant les chiffres sont éloquents. Des études précises effectuées en Belgique montrent que chaque année, depuis le début du siècle, une espèce végétale disparaît du territoire belge ; en outre 200 espèces ont perdu plus de 75 % de leur population. Depuis le siècle dernier 49 espèces ont disparu de l’Anjou.

     Et en grand pédagogue qu’il fut, il s’empresse d’ajouter :

     Mais, dira-t-on, à quoi peuvent servir ces espèces qui disparaissent ? Il serait facile de répondre : à quoi servons-nous, nous-mêmes ?... La question posée est en réalité celle-ci : à quoi peuvent-elles nous servir ? La réponse est simple : ces plantes, ces animaux sont ce que nous avons de plus utile, de plus cher, de plus beau dans notre environnement. Chacun joue son rôle sur la grande scène de la vie et contribue au maintien des équilibres de la nature, dont nous sommes tributaires, par l’oxygène que nous respirons, la nourriture que nous prélevons, les matières premières que nous utilisons… La facture, c’est pour plus tard.

     N’allons-nous pas commencer à « payer la facture » maintenant ?

     Jean-Marie Pelt fut aussi élu à la mairie de Metz et nous livre une brève réflexion, oh combien d’actualité :

     (La) notion de propriété trouve sa justification dans la protection qu’assure à chacun la « bulle territoriale » de son habitation… Remembrer, réussir des fusions de communes ou créer de nouvelles structures d’agglomération urbaine ou rurale sont donc de rudes épreuves où la ferveur des discours cache mal l’attachement viscéral à la propriété et au territoire, c’est à dire, pour l’animal humain, aux fondements mêmes de son agressivité.

     Voilà bien de quoi méditer pour un certain nombre d’élus confrontés au regroupement de communes, dont certaines parfois, atteignent péniblement la centaine d’habitants…

     Mais notre ami ne désespère pas : L’homme n’a progressé au cours de l’évolution biologique et sociale qu’à travers des crises. Or, l’homme contemporain est en crise… Il est donc, par là même, en « puissance d’évolution », c’est-à-dire en situation d’innovation et de dépassement.

     Courage, on va y arriver !

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 09:51

     Eh oui, il est paru : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719 …

 

 

               QUEL FOUTOIR LA NATURE

Après avoir publié Le développement soutenable en collaboration avec un béninois, en 2007, nous avons poursuivi la réflexion sur nos modes de développement, avec un oeil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d'action. Nous renouvelons cette expérience avec une centaine de mini éco-nouvelles écrites entre 2008 et 2016.


Broché : ISBN : 978-2-343-10176-7 • octobre 2016 • 170 pages
Prix éditeur : 17,10 €

Version numérique : 13,99 € / 2 019 Ko / EAN Ebook format pdf : 9782140019708          

 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 08:18

     L’année où disparaissait Jean Rostand, en 1977 (http://www.michel-lerond.com/2016/08/relire-jean-rostand-1-3.html), Jean-Marie Pelt publiait L’Homme re-naturé (Editions du Seuil, 1977, 271 pages), marquant par cet ouvrage, lui aussi, son esprit précurseur (http://www.michel-lerond.com/2016/01/adieu-monsieur-pelt.html). Relire ces auteurs « anciens » me semble utile pour mesurer, à la fois, les avancées de la pensée et aussi les piétinements de l’action. Que faudra-t-il encore de pédagogie et de répétitions pour convaincre de choses aussi élémentaires et souvent évidentes…

     Ainsi à propos du contexte économique de notre société, Jean-Marie Pelt écrit : … Il est aisé de démontrer que le malaise économique et le désarroi moral actuels sont les conséquences naturelles d’une conception exclusivement quantitative et matérielle du progrès.

     Le rythme de croissance auquel sont soumises les économies des pays techniquement avancés depuis une trentaine d’années suppose, pour se maintenir, une augmentation de la consommation. Trois types de stratégies concertées permettent d’atteindre cet objectif : la création de nouveaux besoins et la stimulation des désirs par la publicité, l’ouverture de nouveaux débouchés à l’exportation et la réduction de la durée de vie des objets.

     A-t-on vraiment évolué en 40 ans ? J’en doute. En aval de cette croissance, il y a parfois quelques problèmes de pollution :

     Polluer, en effet, c’est d’abord transférer des déchets de son activité domestique ou industrielle sur le territoire des autres. Qu’importe après tout de contaminer la foule innombrable des êtres vivants qui peuplent la nature et dont la vie, à première vue, ne nous concerne pas ? Comment se sentir solidaires de ces rapaces devenus stériles par accumulation de pesticides chlorés dans leur organisme ?… C’est ainsi que peu à peu des espèces reculent, d’autres disparaissent, appauvrissant de manière irréversible le patrimoine biologique et génétique de la biosphère.

     Et tout cela avec, aussi, des résultats qui nous concernent davantage :

     L’importance des interactions entre le monde moléculaire et l’organisme humain apparaît avec éclat dans l’estimation selon laquelle 80 à 90 % des cancers seraient dus à l’environnement. On connaît aujourd’hui avec certitude la responsabilité du tabac et de l’alcool dans le développement des cancers de la cavité buccale et de l’appareil bronchopulmonaire. Mais on perçoit mieux chaque jour l’impact de la pollution de l’air et de l’eau, et les effets cancérigènes de nombreuses molécules considérées comme banales, de sorte que la qualité de l’environnement semble peser de plus en plus lourd sur le bilan global de la santé…

     Où en est-on en 2016 ? C’est mieux ?

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 08:42

     Le brexit a permis aux Britanniques de dire non à l’Europe. Le peuple a parlé. Pourquoi pas, c’est son droit. Bien sûr l’abstention fait que seule une minorité s’exprime et emporte la décision, les absents ayant toujours tort. Au fait, les Britanniques ont répondu à la question posée par le gouvernement, faut-il quitter l’Europe, mais en pensant surtout à la question qu’ils se posent eux, faut-il encore accepter des immigrés …

          C’est bien le problème du référendum qui apparaît comme la formule la plus démocratique qui soit. C’est vrai en termes numériques, mais attention aux apparences. Comme disait Giscard d’Estaing, le référendum est une bonne idée à condition de voter oui…

          La démagogie permet de convaincre nombre d’électeurs de voter dans telle ou telle direction, sans grand discernement. Un référendum peut être un boulevard pour les partis extrémistes. Certains reprochent à l’Union européenne toutes sortes d’abus de pouvoir en termes de directives et normes. Mais la loi européenne est votée par des parlementaires européens dont bon nombre de représentants des partis extrémistes brillent… par leur absentéisme. Dès lors on peut proposer un frexit (exit la France, de l’Europe) pour tenter d’exploiter la naïveté des citoyens trop peu réfléchis.

          Il faudra peut-être un jour proposer un populexit (exit le populisme, de l’Europe), un référendum pour ou contre le populisme… Mais ce n’est pas gagné d’avance.

          L’Europe est pourtant une étape indispensable pour une meilleure vie collective avec une démocratie rénovée et la construction d’un avenir commun pacifié, pour mieux gérer les immenses défis écologiques, sociaux et économiques dans un monde interdépendant : http://www.michel-lerond.com/article-nous-citoyens-europeens-nous-123977952.html

 

          A paraître prochainement :

LEROND, Michel.- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016.- Paris : les Impliqués (l’Harmattan), 2016.- 149 p.

Cent mini éco-nouvelles rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:32

     Cela a été assez répété, la malbouffe favorise l’obésité et le diabète, entre autres. C’est ainsi qu’entre 1980 et 2014, le nombre de diabétiques est passé de 180 à 422 millions dans le monde, selon la revue The Lancet. On considère aujourd’hui que 13 % de la population mondiale est obèse. La nourriture que nous consommons est bourrée de produits chimiques tels que colorants, additifs divers et résidus de pesticides. C’est pourquoi nombre de médecins considèrent que la malbouffe est à l’origine de troubles digestifs, allergies, maladies cardio-vasculaires, diabète et, pour une part au moins, de cancers. Bonjour les dégâts !

     Face à ce constat, les pouvoirs publics sont d’une réactivité… un peu assoupie, d’autant plus que des lobbies puissants sont aux aguets, que certains industriels trichent un peu et que les contrôles sont… pas trop regardants. Le but de l’agroalimentaire étant d’abord… la croissance du chiffre d’affaires, l’urgence est de faire surconsommer et de nous rendre accros au sucre, au sel ou au gras. Il faut vendre ! Toute cette démarche est bien formatée pour que dès le plus jeune âge, le consommateur apprenne ce qui sera bon… pour le business.

     La comparaison est tentante entre le dérèglement alimentaire et le dérèglement climatique, si l’on considère que le secteur de l’alimentation est à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre. De belles marges de progrès en perspective ! Une forme de résistance, ou au moins de réactivité, s’organise : les magasins bio se multiplient, comme les Amap, alors que la consommation de viande et de jus de fruits industriels est en baisse, dans les pays industrialisés. Le consommateur responsable sait qu’il détient le pouvoir puisque c’est lui qui choisit d’acheter ou de ne pas acheter.

     Le choix du consommateur serait néanmoins plus facile, s’il disposait d’une information fiable et si possible honnête. C’est pourquoi, en 2013, des chercheurs de l’Inserm ont proposé un système d’étiquetage simple et compréhensible avec des pastilles de couleur qui permettent immédiatement de connaître les facultés nutritionnelles de chaque aliment, en fonction de son apport calorique, de sa teneur en graisses, sucre et sel. Ce système existe déjà dans certains pays dont la Grande-Bretagne.

     Mais les industriels de l’agroalimentaire craignent que l’on stigmatise ainsi certains produits et que ceux affectés d’une pastille rouge ne se vendent plus. Ils proposent donc un autre étiquetage qui mèle critères nutritionnels et fréquence de consommation, beaucoup moins compréhensible… Pour résoudre ce dilemme, la ministre de la santé a créé un comité scientifique chargé d’arbitrer entre ces systèmes d’étiquetage. Plusieurs journaux ont révélé que ce comité de 14 membres comporte une majorité de personnes liées à l’agroalimentaire… De quoi ressentir quelques troubles digestifs !

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 08:42

     Toujours dans son ouvrage Inquiétudes d’un biologiste (Editions Stock, 1967), Jean Rostand évoque ses  craintes, et son combat, à l’égard de l’arme nucléaire. Cet extrait est très significatif :

  • La bombe atomique : ce monstrueux produit de la copulation de la haute physique et de l’art militaire…

Les explosions nucléaires font pis que tuer ; elles préparent de la mauvaise vie ; elles mettent en circulation des gènes défectueux, qui vont proliférer indéfiniment.

Non seulement crime dans l’avenir, mais crime vivant, continué, qui s’entretient de lui-même.

     Qu’aurait pensé Jean Rostand de nos centrales nucléaires et des stockages souterrains de déchets garantis sans risque pour plus d’un million d’années ?...

     Voilà sans doute un des facteurs d’inquiétude pour Jean Rostand qui évoque l’avenir avec un certain scepticisme :

  • La seule « prospective » qui m’intéresserait serait celle de l’affectivité. Peu importe quels seront, demain, l’aspect des cités, la forme des maisons, la vitesse des véhicules… Mais quel goût aura la vie ? Quelles seront, pour l’homme, les nouvelles raisons de vouloir et d’agir ? Où puisera-t-il le courage d’être ?
  • Jamais on n’a tant parlé de l’avenir que depuis qu’on ne sait même plus s’il y aura un avenir.
  • Avenir humain. La pièce sera de plus en plus belle, mais encore faut-il que les acteurs aient envie de la jouer

     A chacun de méditer ces pensées profondes et de relire, éventuellement, les deux ouvrages cités en référence. Jean Rostand, un biologiste, un écrivain, un Homme à ne pas oublier !

 

     Il peut être utile aussi de relire :

 

LEROND, Michel.- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009).- Paris : l’Harmattan, 2010.- 149 p.

Les cent premières chroniques de notre blog rassemblées de façon construite, selon les piliers du développement soutenable.

LEROND, Michel.- C’est bientôt la renaissance ? Pour sortir de la crise écologique.- Paris : l’Harmattan, 2013.- 156 p.

100 chroniques écrites en 2010-2012 : une réflexion sur nos modes de développement, avec un œil critique, mais aussi pour esquisser des propositions d’action.

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