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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 08:00

     Il y a un an je vous souhaitais une bonne année et un bon siècle. L’année écoulée a montré qu’il y avait encore beaucoup à faire pour parvenir à une réconciliation durable avec la nature. Il pourrait bien en être de même pour tout le 21ème siècle si on ne progresse pas plus vite, notamment en matière de sauvegarde de la biodiversité et de maîtrise des risques climatiques. Pour cela on compte toujours sur les politiques, les décideurs, les institutions, les autres en somme. Et si on s’y mettait soi-même ?

     On incombe toujours les manques et les défaillances à la société, mais celle-ci ne peut être que le reflet de ses constituants, nous. Si la société actuelle dysfonctionne autant, elle n’est que le miroir de nos propres faiblesses, de notre façon d’être, de penser et d’agir… Au fond de nous-même, chacun sait que nous souhaitons « que ça change », mais plutôt que de prendre chacun ses responsabilités, on trouve plus simple d’être dirigés. Et de fait, il est plus simple de critiquer le système que de se remettre en cause. Ah ces Français, râleurs et monarchistes !

     Il faut bien se rendre à l’évidence, la meilleure chose que l’on puisse vraiment changer, c’est notre comportement. Rien ne dit que ce soit facile. Bien au contraire, changer nos habitudes, analyser nos façons de penser, nos actions, se remettre en cause paraît parfois insurmontable. Pourtant c’est chacun de nous qui contribue à créer la société et c’est précisément le challenge que nous avons à relever.

     Ce défi doit être enthousiasmant pour tout le monde et en particulier pour les jeunes, pour qui c’est une chance que de devoir refaire le monde ! C’est aussi un défi intergénérationnel, impliquant les séniors d’aujourd’hui qui ont eu la chance de connaître 70 ans de paix et de confort matériel. C’est ainsi que l’on pourra réconcilier l’homme et la nature et assurer un avenir serein à nos enfants et petits-enfants.

     Que ce blog puisse y contribuer en apportant des éléments de réflexion à discuter ou critiquer, selon les cas. Vos commentaires contribueront à nous faire avancer.

     Alors bonne année à chacun(e) et encore une fois, bon siècle !

Pour commencer à refaire le monde :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

- Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud (avec le Béninois G. Lanmafankpotin)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 07:51

     En neuf ans, 474 chroniques et micro nouvelles ont été publiées sur ce blog, avec 1 214 commentaires. La fréquentation totale a été de 42 513 visiteurs pour 75 127 pages vues, avec 180 abonnés. Voici le rappel des titres pour 2016 :

  • Neuf ans et 474 articles, déjà 27-12-16
  • Animal, animal ! 20-12-16
  • Réduction de 60 %, qui dit mieux ? 13-12-16
  • Ecole écolo ? 6-12-16
  • Urgence Africa ! 29-11-16
  • L’écolo qui parlait à l’oreille des politiques ! 22-11-16
  • Relire Philippe Saint-Marc ! 2/2 15-11-16
  • Relire Philippe Saint-Marc ! 1/2 8-11-16
  • Le cheval qui murmurait à l’oreille des hommes ! 1-11-16
  • Faites vos jeux ! 25-10-16
  • Relire Jean-Marie Pelt ! 3/3 18-10-16
  • Relire Jean-Marie Pelt ! 2/3 11-10-16
  • Relire Jean-Marie Pelt ! 1/3 04-10-16
  • Brexit, frexit ou populexit ? 27-09-16
  • Vous bouffez mal ? 20-09-16
  • Relire Jean Rostand ! 3/3 13-09-16
  • Relire Jean Rostand ! 2/3 06-09-16
  • Relire Jean Rostand ! 1/3 30-08-16
  • La récolte a été mauvaise ! 23-08-16             
  • Au Point du Jour 4/4 16-08-16
  • Au Point du Jour 3/4 29-08-16
  • Au Point du Jour 2/4 02-08-16
  • Au Point du Jour 1/4 26-07-16
  • C’est pas foutu ! 2/2 19-07-16
  • C’est pas foutu ! 1/2 12-07-16
  • Tout gratos ? 05-07-16
  • Nucléaire, c’est clair ? 2/2 28-06-16
  • Nucléaire, c’est clair ? 1/2 21-06-16
  • Orages, ô désespoir 14-06-16
  • Pas encore connues, déjà disparues 07-06-16
  • Ça roule ou çà déraille 31-05-16
  • La peste ici, encore ? 23-05-16
  • Tous à la manif ! 17-05-16
  • Comment brasser du vent avec élégance ? 10-05-16
  • Hymne à la joie ! 03-05-16
  • La déchéance, un concept franco-français ! 26-04-16
  • A ta santé, Mec ! 19-04-16
  • Plume dans le cul, ou tête dans le sable ? 12-04-16
  • Actionnaire ou action-air ? 05-04-16
  • Le bio, c’est bobo ? 29-03-16
  • Vous voulez vraiment être suréquipés ? 22-03-16
  • « Oui chef, bien chef, entendu chef », c’est fini ! 15-03-16
  • Il est permis d’espérer ! 08-03-16
  • Le changement, c’est maintenant ! 01-03-16
  • Marais Vernier et Risle maritime, Ramsar ! 23-02-16
  • Homme, ta nature fout le camp ! 2/2 16-02-16
  • Homme, ta nature fout le camp ! 1/2 09-02-16
  • Alors, climato-réalistes ? 02-02-16
  • L’auxiliaire, c’est essentiel ! 26-01-16
  • Avoir plus ou être mieux ? 19-01-16
  • Adieu Monsieur Pelt ! 12-01-16
  • Bon siècle !  05-01-16

     Merci encore pour vos commentaires toujours nombreux. Bonne année 2017 à toutes et tous.

     Par ailleurs, au cours de l’année 2016, nous avons participé à un certain nombre d’activités :

▪ Publications :

  • 54 publications : 1 livre, 2 articles et 51 chroniques du blog
  • Séance de dédicace de Quel foutoir la nature ! à Buchy

▪ Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen : membre titulaire

  • Communication à l’assemblée générale de la Société centrale d’agriculture de Seine-Maritime sur le thème « L’Académie des sciences, belles lettres et arts de Rouen et l’agriculture »
  • Communication interne sur le thème « L’Académie et l’agriculture »

▪ Assistance conseil et représentation :

  • Co-animation des débats après projection du film « Des racines et des haies » à Sainte-Croix-sur-Buchy-. ARBRE et Beaubec Productions
  • Comités de Pilotage des sites Natura 2000 des cuestas du Pays de Bray et du Bray humide. Préfecture de Haute-Normandie

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:50

     A plusieurs reprises ces derniers temps, il a été question de maltraitance à l’égard des animaux mais aussi plus globalement de nos rapports avec les animaux. Nous autres humains, une espèce animale aussi, sommes confrontés à une période difficile où la violence est souvent présente entre nous sous différentes formes. N’est-ce pas l’occasion de regarder vivre les animaux avec plus d’attention et, éventuellement, nous en inspirer en matière de respect des autres et de la nature. Le bon sens et l’intelligence des animaux, chez certains d’entre eux, nous laissent parfois sans voix devant ce qu’il faut bien appeler de la sagesse.

     Au cours des temps nous avons pris l’habitude de regarder les animaux à travers le prisme des croyances ancestrales à caractère religieux ou de déductions hâtives sans fondement. C’est ainsi que les écureuils sont gentils, que les chouettes émettant leur cri la nuit portent malheur, ou que les chauves-souris sont quasiment des vampires, ou encore que les araignées sont détestables… Pourtant, même si l’homme s’est persuadé de sa supériorité sur tout le reste du monde animal au cours du temps, il ne peut nier son animalité et aurait sans doute intérêt à s’en souvenir.

     En connaissant mieux les comportements animaux, nous pourrions appréhender nos complémentarités. Si nombre de médicaments proviennent des plantes, certains proviennent aussi d’animaux et parfois de façon inattendue. C’est le cas par exemple de certains anti-coagulants qui proviennent du venin de serpent. Par ailleurs, sous l’impulsion des éthologues nous découvrons de plus en plus que les animaux sont des êtres doués d’intelligence. L’étude des grands singes notamment a montré que les gorilles ou les chimpanzés ont de vraies relations sociales, qu’ils communiquent entre eux et utilisent des outils. A partir de là on a pu constater que ces capacités cognitives et ces dispositions sociales existent aussi chez les oiseaux, insectes, poissons et bien sûr les animaux de ferme. Tous ces animaux sont dotés, à des niveaux divers, d’intelligence et d’émotions.

     Ces découvertes remettent en cause notre vision du monde et nos rapports avec le monde animal. Cela bouscule nos certitudes d’antan et nous amène à nous interroger, par exemple, sur la souffrance animale dans le cadre des élevages intensifs, des abattoirs ou de la maltraitance « ordinaire ». C’est à partir de ces découvertes que les juristes sont amenés à revoir le droit des animaux avec des concrétisations surprenantes comme cet orang-outang à qui la cour de cassation d’Argentine reconnaît le droit de vivre, d’être libre et de ne plus être maltraité ou les dauphins pour lesquels l’Inde a reconnu des droits semblables par une loi de 2013. En France, ces débats restent marginaux, pour le moment, par crainte que le droit animal ne s’oppose aux droits de l’homme.                   

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 08:02

     A chaque période de soldes, les réductions des prix sont de plus en plus attractives et laissent parfois perplexes sur leur montant. S’il s’agit là de réductions relatives à des biens matériels, c’est encore plus étonnant quand ces pourcentages concernent… le vivant. Périodiquement, différents organismes internationaux nous informent sur la diminution du nombre d’espèces vivant sur la planète. Et voilà que le WWF (Fonds mondial pour la nature) vient de nous apprendre qu’en 40 ans, la planète Terre avait perdu plus de la moitié de ses animaux sauvages ! Non ce ne sont pas les soldes, mais le fait que nous surexploitons notre planète et ainsi la mettons en péril. A moins que nous soyons en train de solder notre avenir… Actuellement, pour satisfaire tous nos besoins, il faudrait l’équivalent de 1,6 planète, ce qui est bien sûr impossible.

     Partout sur la planète, les écosystèmes sont mis à mal et la tendance semble s’aggraver, malgré toutes les mesures prises ici ou là. C’est ce que met en évidence l’étude réalisée tous les 2 ans par la Zoological Society of London et l’ONG Footprint Network portant sur un suivi de 14 152 populations animales de 3 706 espèces différentes de vertébrés.

     La tendance à la régression est claire, montrant une baisse de 58 % des populations entre 1970 et 2012. Ce sont les milieux d’eau douce qui ont été les plus affectés avec une perte de 81 % pendant la même période ! Si ce rythme est maintenu, on devrait passer de 58 à 67 % de diminution d’ici 2020, concrétisant ainsi la sixième extinction des espèces terrestres, dont nous sommes en partie responsables. Ce recul est dû essentiellement à l’agriculture et la déforestation (l’agriculture génère 80 % de la déforestation mondiale), l’urbanisation et l’exploitation minière. Sont imputables aussi la surexploitation (pêche notamment), la pollution et les changements climatiques dont on commence à percevoir les effets sur la biodiversité.

     C’est surtout depuis les années 1970 que nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, que nous prélevons plus de poissons dans les océans qu’il n’en naît, et que nous rejetons davantage de carbone dans l’atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Avec une population mondiale de 10 milliards d’humains vers 2050, nous aurons besoin de 2 planètes…

     Que faire face à un tel défi ? D’abord en avoir conscience et prendre les mesures nécessaires pour préserver le capital naturel à l’échelle planétaire, consommer en harmonie avec les disponibilités et instaurer une gouvernance mondiale des ressources. Il ne s’agit pas de revenir à la préhistoire, mais d’inventer un nouveau modèle. Refaire le monde, quel beau défi ! Courage !

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 07:36

     Nous en sommes maintenant à ce que (presque) plus personne ne nie que de grands défis nous attendent avec les modifications climatiques et l’épuisement des ressources naturelles. Si nombre de politiques sont un peu dépassés par ces questions, qu’en est-il de la préparation des jeunes d’aujourd’hui à cette nouvelle donne pour la Terre entière ? En France, les débats récurrents, et parfois un peu passéistes, sur le monde scolaire ne s’intéressent guère à ces questions pourtant essentielles. Au niveau international les conférences climatiques n’ont pas davantage fait preuve de beaucoup d’imagination pour mettre en avant un levier essentiel du changement : l’éducation au développement soutenable.

     Comme nous l’avons évoqué sur ce blog à plusieurs reprises depuis une dizaine d’années, il faut commencer par le début, l’école. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement/ développement soutenable le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature.

     Certes la préoccupation de certains enseignants pour la nature et l’environnement n’est pas nouvelle et on en connaît des exemples dès les années 1945… Il faut maintenant sortir l’éducation à l’environnement de son relatif isolement culturel et la recadrer dans un contexte plus large pour constituer un axe essentiel d’une réforme en profondeur de l’enseignement. Il est devenu urgent de passer d’une société des connaissances spécialisées à une société de LA connaissance, celle qui permet de transcender les spécialités. Cela passe, entre autres, par redonner le goût des sciences, le sens de la rationalité scientifique. L’école doit aussi apprendre à raisonner globalement.

     De nombreuses expériences vont déjà en ce sens et on peut noter quelques évolutions de l’Education nationale, il faut s’en réjouir, mais il faut aller plus loin, plus vite, plus fort. Pour cela nous avons déjà eu l’occasion de formuler quelques suggestions à l’intention des ministres de l’éducation.

     L’avenir se prépare afin de le maîtriser plutôt que le subir. Pour cela, d’abord refonder l’école !

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 07:53

     Si l’ensemble de la planète est concerné par les grandes évolutions de notre environnement, l’Afrique semble particulièrement confrontée à ces évolutions. Les changements climatiques, les ressources naturelles et la disponibilité de l’eau vont être des facteurs déterminants pour l’avenir des Africains.

     Bien que l’Afrique, jusque-là, ait peu contribué au réchauffement climatique, elle sera très vulnérable aux épisodes de sécheresses ou de précipitations extrêmes, d’autant plus que l’augmentation de la température moyenne pourrait être au-dessus de la moyenne planétaire, soit 3 à 4°. L’élévation du niveau de la mer pourrait entraîner des submersions de terres agricoles et de zones habitées, générant des migrations importantes. L’Afrique aura-t-elle la capacité de s’adapter à de tels bouleversements ?

     Cette question sera d’autant plus sensible que les ressources naturelles sont déjà très menacées par la déforestation (perte de 4 millions d’hectares de forêts chaque année, entre 1990 et 2005, soit 3 fois plus que la moyenne mondiale ! ).

     Quant à la disponibilité en eau… l’Afrique ne dispose que de 9 % des ressources mondiales, avec une consommation qui va croissant du fait des usages domestiques, de l’irrigation et de l’industrie. Des prévisions alarmistes prévoient que le stress hydrique pourrait concerner 35 à 45 % de la population du continent d’ici 2055.

     Devant de telles incertitudes, l’Afrique a besoin de réponses politiques fortes, telles que le préconise la Banque Africaine de Développement. Des efforts concertés et une approche commune seront nécessaires pour élaborer des stratégies économiques nouvelles.

      Ceci d’autant plus que le continent africain, qui comptait 200 millions d’habitants en 1950, en compte aujourd’hui 1 milliard et sans doute 2 milliards en 2050. A cette date, un humain sur 5 sera africain.

     Il y a donc bien urgence à repenser le développement de l’Afrique. Le défi est énorme mais il sera aussi enthousiasmant et exemplaire :

  • Ou bien ce sera l’échec et alors, on peut le craindre, une simulation de ce qui attend toute la planète,
  • ou bien ce sera une réussite qui pourrait alors préfigurer une évolution positive de toute l’humanité réconciliée avec la nature.

     Viva Africa !

 

A offrir à Noël :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

- Le développement soutenable. Evaluation simplifiée dans un contexte Nord-Sud (avec le Béninois G. Lanmafankpotin)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 06:56

     Mais pourquoi donc, en matière de prise en compte de notre environnement, les choses n’avancent-elles pas plus vite ? Pourtant, depuis un demi-siècle, au moins, les alertes ont été innombrables, les actions d’information et de pédagogie (conférences, émissions radio et télé, livres, brochures, visites, etc.) se comptent par dizaines ou centaines de milliers en France et dans le monde. Et pourtant, si la prise de conscience est réelle, les actions restent souvent en retrait des nécessités. N’y aurait-il pas un certain malentendu quelque part ?

 

     En fait, ces questions sont régies par deux groupes d’acteurs :

     Les demandeurs d’une part : les ONG en faveur de l’environnement, les chercheurs qui identifient la nature et l’intensité des problèmes liés aux pollutions, la biodiversité, les changements climatiques, etc. sans oublier l’opinion publique attentive à ce qui la concerne de près (alimentation bio, impacts sanitaires, etc.). Et d’autre part les décideurs que sont les politiques, parfois un peu coincés entre leurs électeurs, leurs services et… les lobbies.

     Alors, pas toujours facile de s’entendre… et de se comprendre. La question qui demeure est donc bien de savoir faire comprendre aux décideurs, les politiques, la réalité et l’urgence des problèmes. Pour cela il faudrait dépasser la difficulté initiale du langage. Certes les scientifiques, les chercheurs ont leur vocabulaire, leurs concepts, mais peuvent être parfois de piètres pédagogues… Inversement les politiques attendent des idées simples, concrètes, sur ce qu’il convient de faire pour répondre à l’attente de leurs électeurs et parfois… des lobbies. Ceux-ci ne sont d’ailleurs pas toujours des gens avides de profit, ce peut être aussi des associations environnementales qui savent exercer suffisamment de pression pour convaincre de la décision à prendre, même s’il s’agit parfois… d’un conflit d’intérêt local ou d’une radicalisation d’une question marginale !

     Mais voilà, il s’agit maintenant de prendre des décisions et pas seulement de constater les problèmes et les décrire. Il faut inventer le temps du vrai dialogue, de l’ouverture d’esprit et de la rigueur du raisonnement. Il faut simplifier les discours pour les rendre largement accessibles. Souvenons-nous d’une règle, non écrite et « confidentielle » : lorsque vous vous adressez au grand public, faites en sorte d’être compréhensible par un élève de 5ème. Pour objectiver la décision à prendre, il faut avoir recours à l’évaluation environnementale, maintenant largement répandue. Ainsi on établit l’état des lieux, on identifie les enjeux et on choisit le parti le moins dommageable. Ensuite, les décideurs décident après avoir entendu tous les arguments. Enfin, les demandeurs s’inclinent devant le choix opéré, étant entendu que c’est le plus adapté.

     Pas facile de parler à l’oreille des politiques, mais c’est possible. Encore un effort !

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 18:28

     C’est aujourd’hui notre anniversaire, à Vous et moi. En effet voilà 9 ans que ce blog existe ! Nombre d’entre Vous sont restés fidèles depuis les débuts.

      Merci donc à chacun de votre fidélité et de votre intérêt.

      Merci aussi à OverBlog pour son support et sa performance de diffusion, gratuite et sans publicité.

      En 9 ans ce sont 469 chroniques qui ont été publiées, à raison d’une chaque mardi. Celles-ci ont bénéficié de 1 209 de vos commentaires.

      300 de ces chroniques ont été reprises et ordonnées pour être publiées en format papier. Les plus anciens lecteurs pourront les relire, les plus récents les découvrir. Il s’agit de publications de l’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=51719

     

      Ont déjà été publiés :

- Quel foutoir la nature ! Mini nouvelles 2008-2016

- C’est bientôt la Renaissance ? Pour sortir de la crise écologique

- Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009)

 

     Quel foutoir la nature fera l’objet d’une séance de dédicace à la librairie Papier et plumes à Buchy (76) le samedi 26 novembre 2016, de 9h30 à 12h30.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 07:46

     Incontestablement, la prise de conscience des questions environnementales a progressé depuis 45 ans, mais il reste grandement à inventer les principes d’action, sans se perdre dans un maquis d’ambitions et de fausses routes. Ainsi les Verts n’auraient-ils pas dû lire « Socialisation de la nature » de Philippe Saint-Marc et s’en inspirer plutôt que de sombrer dans le ridicule et la disqualification de leurs objectifs annoncés :

     Sans être elle-même un parti, la défense de la Nature doit être un groupe de pression suffisamment puissant pour arbitrer entre les partis.

     Bien entendu, et comme toujours, revient dans les propos de Philippe Saint-Marc la question du pourquoi. Pourquoi tant de mépris pour la nature et donc quelle éducation apporter ? :

     (La Nature) est aussi Culture et, à cet égard, il faut rénover notre conception de l’Education Nationale. Ce qui compte c’est moins d’enseigner la Nature à l’homme que d’organiser l’enseignement de l’homme par la Nature. Ce qui importe, ce n’est pas tant d’apprendre une masse de notions de botanique ou de zoologie qui, d’ailleurs, à la limite, peuvent s’inculquer abstraitement en dehors même du milieu physique ; c’est surtout d’être amené à découvrir ce que la Nature contient comme richesses intellectuelles, scientifiques, artistiques, de percevoir l’intime liaison de tout le monde vivant, de recevoir la leçon d’équilibre et d’harmonie qui se dégage si souvent d’un accord entre la présence humaine et son cadre.

     Cet ouvrage mémorable se termine par des interrogations sur notre avenir et un appel pressant au changement :

     L’humanité aura-t-elle assez de clairvoyance pour rejeter le système qui l’entraîne au suicide, pour comprendre qu’elle ne peut, sans se détruire, conserver la société actuelle ? Socialiser la Nature est aujourd’hui la seule chance de sauver la vie sur Terre…

     Vienne le temps de la Nature retrouvée où, toujours parmi nous et dans nous, sa force vitale exaltera notre soif de créer ! Vienne le temps où les hommes ne seront plus assez fous pour travailler chaque jour à leur souffrance et à leur mort !

     En conclusion, subsiste le doute. Si nous avons avancé, les questions centrales demeurent irrésolues :

     Notre société voudra-t-elle, pourra-t-elle, pendant qu’il est encore temps, échapper aux forces qui la poussent à l’abîme ?

     Demain, c’est pour l’humanité le néant ou la lumière, une fin ou une aurore.

     Il est vrai que 45 ans plus tard, il n’est toujours pas trop tard, mais le temps presse !

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 07:07

     Rien de tel qu’un regard sur le passé pour mieux préparer l’avenir. C’est ce que nous avons tenté en rappelant les propos de Jean Rostand, puis de Jean-Marie Pelt. Un autre pionnier dans le domaine de l’environnement mériterait aussi d’être relu, c’est Philippe Saint-Marc et en particulier son ouvrage « Socialisation de la nature ». Né en 1927 à Paris, Philippe Saint-Marc a eu une formation large, il est docteur en droit puis major de sa promotion à l’ENA (1950-52). Durant les années 1950-60 il mène une carrière classique de haut-fonctionnaire, à la Cour des Comptes puis à l’administration chargée des rapatriés d’Algérie. Il rappelle lui-même qu’il a été militant politique avant « d’entrer en écologie ». C’est au Mouvement Républicain Populaire qu’il trouve une philosophie spiritualiste et chrétienne, et… se lie d’amitié avec Jean-Marie Pelt. En 1965, il est nommé chargé de mission à la DATAR (Délégation Interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale) et c’est là que s’affirme son intérêt pour l’écologie et la défense de la nature.

     En 1972, il publie son célèbre ouvrage « Socialisation de la nature » chez Stock dans lequel il s’attache à remonter la chaine des causalités pour comprendre la crise écologique en dépassant la défense ponctuelle d’un site ou la protection d’une espèce particulière. Philippe Saint-Marc préconise une autre politique de développement, inspirée par « l’humanisme écologique ». Selon lui, la recherche du bien-être physique et spirituel de l’homme doit être le fondement de la société et passe par une nouvelle relation de l’homme à son environnement, qu’il se doit de sauvegarder. Il se définissait lui-même comme énarque marginal !

     Pour notre part nous avons eu le plaisir et l’honneur de faire venir Philippe Saint-Marc et Jean-Marie Pelt à Rouen en 1987, dans le cadre du forum « L'environnement : un enjeu européen pour la Haute Normandie », que nous organisions entre l’Observatoire régional de l’environnement et le journal Paris-Normandie.

     D’emblée, « l’énarque marginal » pose le principe central de sa réflexion :

     Comme le profit dans notre système économique conduit inéluctablement à l’appropriation et à la dégradation du milieu naturel, il faut enlever au profit son rôle dominant en provoquant une prise de conscience collective et en mobilisant ensuite l’opinion publique, ainsi éclairée, en un immense réseau de pression démocratique vis-à-vis de tous les pouvoirs, à quelque niveau qu’ils se trouvent et sous quelque forme qu’ils s’exercent.

     Voilà 45 ans que ces paroles ont été écrites… Il semble qu’il y ait encore un peu de chemin à parcourir pour entendre les politiques se référer à ce même principe de base !

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