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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 07:59

          Nous continuons nos « rediffusions » et évaluons les avancées. Deux faits d’actualité nous renvoient 8 ans en arrière.

        Ainsi la chronique « Toujours plus vite ? » du 23 juin 2009 évoquait les transports et l’obsession de la vitesse :

        Il y a pourtant un moment où il convient de se demander si c’est encore « rentable » d’aller plus vite. N’y a-t-il pas un point de bascule au-delà duquel la vitesse devient un handicap plutôt qu’un atout ? Ainsi dans le domaine des transports, le TGV est un exemple intéressant puisqu’il permet de faire l’aller-retour dans la journée entre deux localités éloignées du territoire français. Mais le coût des aménagements, les nuisances sonores ou la consommation d’énergie détermine un prix à la personne transportée prohibitif… La SNCF estime que le passage des TGV de 300 à 350 km/h ferait gagner 2 minutes 30 sur 100 km, soit de l’ordre d’un quart d’heure pour un Paris-Marseille. Est-ce absolument indispensable ? « Accessoirement », cette prouesse technique augmenterait la consommation d’énergie de 50 % !... Pour préparer une société future qui sera obligatoirement frugale en énergie, ne faudrait-il pas réapprendre le temps long pour les transports, le temps apaisé pour le travail, le temps libre pour la vie personnelle ?... Et si, après tout, l’urgence c’était précisément… de prendre son temps.

         Au moment où l’on vient d’inaugurer les TGV Paris-Bordeaux et Paris-Rennes, on peut encore méditer sur ces réflexions !

         Et puis, il y a le sport. Le Tour de France 2017 commençait en même temps qu’un procès sur… le dopage dans le cyclisme. Relisons la chronique « Sportifs ou gladiateurs ? » du 30 juin 2009 :

         Il faut dire qu’une confusion sémantique s’est progressivement installée en confondant le sport et le spectacle sportif. Si la pratique sportive, apte à développer les aptitudes physiques, reste de vigueur dans le domaine des amateurs, elle est devenue un spectacle dès lors qu’il s’agit de professionnalisme. D’ailleurs le sport peut-il être professionnel ? S’agissant d’un spectacle, celui qui regarde est soumis à ses pulsions, allant parfois jusqu’à une quasi hystérie. Celui qui « joue » n’est-il pas alors davantage un gladiateur des temps modernes plutôt qu’un sportif au sens originel. Le gladiateur du temps des Romains était prisonnier, condamné ou esclave… comme le sont sans doute ces « sportifs » soumis aux règles d’un grand défoulement collectif.

        Si le sport a pu être dénaturé de la sorte, si certains sportifs sont devenus des gladiateurs, c’est le plus souvent sous les vivas de la foule. Mais les gladiateurs n’existent que tant qu’il y a du monde pour les regarder…

        Il semble qu’il y ait encore du chemin à faire !

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 09:08

          Vous l’avez remarqué, pendant l’été, nombre de médias se satisfont de rediffusions. Alors pourquoi pas pour ce blog aussi. Oui bien sûr, il est toujours facile de déclamer « on vous l’avait bien dit !... » Mais ce retour en arrière permet tout de même de se faire une idée sur ce qui a réellement avancé et ce qui avance… doucement.

          Ainsi la chronique « Vive 2008 ? » du 8 janvier 2008 évoquait les Français capables de brûler leurs idoles. Relisez des extraits :

L’année 2007 a été caractérisée par une forte mobilisation citoyenne pour les présidentielles, un large soutien au candidat élu et un intérêt pour une communication nouvelle, qui rompt avec le ton un peu compassé d’hier… Ce souffle nouveau ne peut vivre qu’avec une nouvelle gouvernance qui, elle-même s’inscrit dans une rénovation politique nécessaire. Qu’en sera-t-il en 2008 ? Si les Français sont parfois « moutonniers », ils savent aussi retrouver leur discernement et juger sur les résultats… Cela suppose confiance et respectabilité des citoyens pour leurs dirigeants politiques… Les Français conservent un fond monarchiste, mais ils savent aussi brûler leurs idoles. Qu’on y prenne garde, après avoir réconcilié un temps le peuple et la politique, la rupture pourrait être prolongée…

          Est-ce que cela ne préfigurait pas quelque peu l’année 2017 ? De même, le 22 janvier, la chronique « Ferez-vous le 11 ? » proposait quelques évolutions. Relisez :

          Commençons à mettre en place cette nouvelle gouvernance, en passant d’une classe politique installée, confiscatrice du pouvoir, à des élus plus représentatifs, plus près des réalités de la vie quotidienne. Cela signifie que le pouvoir politique doit redevenir une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes. Pour ce faire, un chiffre claque comme un numéro d’urgence pour proposer une solution : le « 11 », un et un, soit un seul mandat à la fois, renouvelable une seule fois. Ce principe simple aurait la vertu de répartir les pouvoirs de décision sur un nombre de personnes beaucoup plus grand, donc de permettre une expression réellement démocratique et du même coup de permettre à de nombreuses personnes d’être confrontées aux réalités du pouvoir, pas toujours commodes, même à l’échelle locale…

          Nous ne sommes pas encore tout à fait à l’application du 11, mais on s’en rapproche sérieusement. On avance !
 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:40

      Wouah, la déferlante que personne n’attendait est passée. Du nouveau et… du balai. Les Français n’en pouvaient plus de toutes ces salades et ont opté pour un changement radical d’équipe. Certains ont opté pour la « grève du vote » en s’abstenant, ils ont été largement en tête du scrutin. D’autres ont estimé que tout cela ne valait pas la Pen et ont pédalé, sans trop de questions, à la suite du maillot jaune. Vas-y Manu ! Ceux-là ont franchi la ligne d’arrivée, ils sont contents et calmés. Mais ils attendent la suite… après la canicule et les vacances. Pour le moment, voilà fait le grand ménage de printemps. Reste plus qu’à attendre les décisions innovantes qui vont redonner le moral aux Français en apportant à chacun les réponses qu’il attend. Ce n’est plus de la politique, c’est le loto, mais justement…

     Les Français ont voulu laver plus blanc que blanc, c’est fait. Certains n’ont peut-être pas tout compris à ce qui vient de se passer, en étant les chevaliers de la transparence, et oubliant au passage que pour laver blanc, il faut d’abord enlever les quelques tâches qui font désordre. Ainsi, après François du Mans enlisé, François de Pau, mais qui n’a pas de pot, atteignait enfin les cimes, mais badaboum. Il pourrait reprendre son tracteur et faire du lin bio, par exemple. Cela lui laisserait le temps de la méditation.

      Globalement, les partis politiques ne semblent pas avoir compris grand-chose en continuant à tonitruer sur des détails, avec des attitudes parfois infantiles. D’autres, qui ont sans doute mieux compris, vont être les « constructifs ». Un petit coup de main par-ci, par-là, peut apporter une récompense. De nombreux médias, toujours plus propices à s’acharner sur les éraflures plutôt que les plaies graves, continuent de vociférer sur le manque d’expérience des nouveaux venus. Comme si un(e) ingénieur, un(e) juriste, un(e) chercheur ou un(e) agriculteur avait moins d’expérience qu’un « politique de profession »…

      Et maintenant ? Avec des jeunes et des femmes, comme nous le réclamons sur ce blog depuis 10 ans, des exigences fortes de transparence et un programme ambitieux, voilà les conditions enfin réunies pour aller de l’avant. Mais… les Français, qui sont presque tous irréprochables, vont sans doute prendre le relai de cette nouvelle donne dans leur vie de tous les jours en devenant, eux aussi, blancs comme neige. Plus de travailleurs au noir, plus de manifs avec dégradations de biens publics, plus de tricheries d’aucune sorte, plus de rouspétances bétasses.

     Nous voilà à la veille de la fête nationale. Oui ça y est, j’y crois ! On va y arriver ! Sans oublier que le changement… climatique, c’est maintenant, ça on en est sûr ! Mais est-ce que j’ai bien tout compris ?

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 08:36

          Depuis les récentes élections, la France est un pays tout chamboulé par une nouvelle donne politique. N’en serait-il pas de même dans le domaine du travail ? Très souvent dans notre pays, le travail est assimilé à une contrainte, voire une souffrance lorsqu’il est question de stress, de dépression ou de burn-out. Pourtant, être heureux au travail, s’y épanouir est de plus en plus une aspiration des salariés. Depuis peu, le bonheur au travail est un objectif assumé, notamment pour les jeunes, ce qui amène de plus en plus souvent les entreprises et services à repenser leur organisation. Le bien-être au travail devient un objectif prioritaire, ne serait-ce que pour que chacun soit plus efficace et plus « rentable ». Alors, heureux ?

          Pour une majorité de Français, le bonheur au travail signifie d’abord équilibre entre vie professionnelle et personnelle, ce qui suppose autre chose que des mesures cosmétiques, une vraie articulation des temps de la vie, une nouvelle conception du travail. C’est pour ouvrir cette voie qu’ont été créés des postes (une centaine à ce jour en France) de « responsable du bonheur », super DRH qui doivent œuvrer pour plus de flexibilité du temps de travail, plus de télétravail, plus de convivialité. Cette démarche passe aussi par la mise à disposition de services sur les lieux de travail, comme crèche, pressing ou cordonnerie… ou encore possibilités d’activités physiques relaxantes ou d’échauffement.

          Le management aussi change avec les politiques RSE (Responsabilité sociale  et environnementale des entreprises) qui visent à renforcer la confiance entre employeurs et employés. Cette évolution va jusqu’au « slow management » qui place le collaborateur au cœur même de l’entreprise afin d’avancer ensemble, l’aspect économique étant d’abord un moyen, ensuite seulement un objectif. C’est un peu le bonheur à la danoise !

Notre société est largement à refonder, nous l’avons souvent évoqué. Une des questions à se poser et si possible, résoudre, est de se demander à quoi ça sert de travailler ?

Dès le début de ma carrière, je me posais une question qui me semblait fondamentale : il est admis que l’on puisse manquer son travail pour raison de santé, de maladie, de problème familial grave. En somme, pour beaucoup de gens qui souffrent au travail, on admet qu’ils puissent souffrir davantage. Mais quand donc aurons-nous le droit au « congé de bonheur ». Manquer son travail pour jouir d’un moment de vie intense, de plaisir, de joie, manquer son travail pour faire l’amour, pour rencontrer un ami, pour communier avec la nature… Quand donc le bonheur paraîtra-t-il plus important que le malheur ? Voilà un beau défi à relever ! Comme ils disent, le changement est en marche. Chiche !

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 16:53

     Une démarche semble s'amorcer pour créer un PNR (Parc naturel régional) en Pays de Bray. Comme je l’ai déjà exprimé (http://www.michel-lerond.com/article-sauver-les-parcs-ou-les-pays-39102421.html) je crains que ce soit une "fausse bonne idée", d’autant plus que voilà... presque 50 ans que l'on se pose la question !! Au début des années 1970, l’idée a germé d'un PNR en Haute-Normandie. A ma connaissance, seul un universitaire de Rouen a proposé le Pays de Bray. A l'époque... grand silence en Pays de Bray ! Sous l'impulsion des géographes, un PNR axé sur la forêt de Brotonne a été décidé pour créer une "coupure verte" en Basse Seine, dans le contexte d’un schéma d'aménagement qui prévoyait une urbanisation dense et quasi continue de la vallée de la Seine. On a donc créé le PNR de Brotonne. Au début des années 2000 est revenue de façon récurrente l'idée d'un PNR brayon. Dans le même temps les collectivités territoriales,  de tous niveaux, ont initié des actions en faveur de l'environnement. Tout cela dans un embrouillamini de collectivités et de territoires à en perdre son latin. Dans ce mic mac les pays ont été des structures quasi équivalentes aux PNR. Et donc le PNR du Pays de Bray existe déjà, il se confond avec le pays, maintenant PETR (Pôle d’équilibre territorial et rural).

     Certes un PNR constitue un plus, mais aussi une structure de plus, un territoire de plus et... des subventions en moins. Les caisses sont vides partout ! Qu'apportera de plus un PNR alors qu'il sera géré par les mêmes acteurs que le PETR ? D'autant plus que l'on parle d'un parc pour couvrir tout le Bray, Normand et Picard, à cheval sur deux régions, pour rajouter encore à la cacophonie interminable de l'intercommunalité (http://www.michel-lerond.com/article-ne-rien-bouleverser-mais-tout-changer-122503061.html).

     Alors pourquoi ne pas abandonner le 20ème siècle pour entrer dans le 21ème ? : Les PNR ont été une bonne idée, ils ont rempli leur mission de territoires expérimentaux et leurs acquis doivent maintenant être élargis à l'ensemble du territoire régional et national. Reste la reconnaissance de la richesse d'un territoire, la reconnaissance d'une identité brayonne. Alors pourquoi ne pas concilier la simplification territoriale et des objectifs environnementaux avancés ? Regroupons encore, comme déjà proposé, pour constituer un territoire cohérent : la comcom, le pays, tout en un. Si ce territoire demande un "label", une reconnaissance de "PNR", pourquoi pas mais sur un territoire déjà constitué. Du coup le Pays de Bray serait en tête de l'innovation au plan national : les PNR ont eu leur temps, maintenant les territoires se regroupent et sollicitent un label "qualité environnementale" (un nouveau nom à trouver). En fait, on ne change quasiment rien, mais on affirme le regroupement des territoires avec des objectifs environnementaux forts et généralisés.

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:19

     Le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent, « Demain », est un documentaire sorti en 2015. Le succès de ce film est inespéré et très encourageant avec plus d’un million d’entrées en France. A l’opposé des médias et de certains scientifiques, le film « Demain » montre des solutions plutôt que le catastrophisme. Se voulant délibérément optimiste, il recense des initiatives prises dans dix pays différents, qui mises bout à bout, évoquent un monde de demain plus respectueux de l’environnement.

     Pour autant, sur chacun des thèmes, qu’il s’agisse d’agriculture, énergie, économie, éducation ou gouvernance, les constats de départs ne sont pas tendres. D’ailleurs, parfaitement consciente de la situation, Mélanie Laurent déclarait sur Allocine.fr en 2015 : « Nous savons que nous allons nous prendre un mur et c’est le moment de nous mobiliser ». Les solutions concrètes du film sont un encouragement à les poursuivre et les amplifier pour, précisément, ne pas se prendre le mur qui est face à nous. C’est aussi ce que nous essayons de faire passer sur ce blog : alerter par rapport aux grandes questions du moment et donner, chaque fois que possible, des exemples de réalisations positives.

     Soyons donc positifs, mais avec réalisme. Autant il faut encourager les jeunes générations à se mobiliser en leur montrant la voie, autant il faut éviter de se voiler la face et de faire preuve de naïveté. Ne soyons pas de nouveaux Bobos écolos… Il y a urgence à agir, il faut le faire savoir, alerter et mobiliser !

     Pour ne retenir que quelques faits d’actualité qui suscitent réflexion :

  • Six ans après la catastrophe de Fukushima, 123 000 personnes sont encore évacuées des zones sinistrées, ce qui nous laisse songeur par rapport à l’entêtement à pérenniser le nucléaire en France.
  • En Antarctique, un iceberg géant est en train de se briser. La hausse moyenne des températures a été de 3° depuis les années 1960. En mai 2017, un iceberg de 5 000 km2 s’est détaché (équivalent d’un département français) et ne reste plus lié à la banquise que sur 17 km. On attend les conséquences sur la hausse du niveau de la mer…
  • Le réchauffement climatique, plus intense que prévu, en Sibérie a fait fondre le pergélisol (permafrost) et libère ainsi de grandes quantités de méthane. 7 000 bulles ont ainsi été repérées qui exhalent du méthane en grandes quantités, environ 25 fois plus « efficace » que le gaz carbonique pour l’effet de serre ! On s’interroge sur les conséquences climatiques dans les régions voisines.

     Restons positifs et optimistes, certes, mais il y a maintenant urgence à décider et à agir, à l’échelle des défis qui sont devant nous.

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 16:16

     Les collectionneurs de toutes sortes d’objets ne sont pas rares. Etienne Audenet, à Boissay, près de Buchy en Normandie est de ceux-là. C’est ainsi que dans sa propriété, la ferme où il est né et qu’il a exploitée toute sa vie, avec son père puis seul, il présente nombre d’objets tels une collection de tour Eiffel, de cannettes de bière, de bouteilles de crus de vins ou de livres qui évoquent les fables de La Fontaine… Mais au-delà de ces collections, certes déjà importantes, Etienne présente un rassemblement invraisemblable d’objets liés à la pratique agricole, aux activités rurales et aux métiers du bâtiment. Ces milliers d’outils ont un intérêt certain dans la mesure où ils proviennent en quasi-totalité de la région proche, environ 50 km autour de Buchy, et constituent ainsi un témoignage de l’activité locale depuis près d’un siècle. La découverte de ces outils, assortie de la verve intarissable d’Etienne, nous retrace l’histoire locale, et notamment l’évolution des pratiques agricoles. De la fauche des céréales à la main et du battage au fléau… à la moissonneuse batteuse, il y a une vraie histoire !

     Ce collectionneur amateur fait ainsi œuvre de pédagogie auprès des amis qu’il reçoit à son domicile, mais son rôle de conservateur d’un patrimoine collectif est sans doute plus important encore : il assure de fait la gestion d’une mémoire rurale. Au moment où les vieux bâtiments agricoles, inadaptés et parfois devenus inutilisables, partent en lambeaux, que nombre d’objets anciens passent par des foires à tout pour finir en déchèterie, Etienne participe à une action de sauvegarde très méritoire et sans doute trop peu reconnue.

     Tous ces objets sont triés, rassemblés et se comptent par milliers. Peut-être serait-il souhaitable qu’ils soient répertoriés, catalogués pour en assurer la « survie ». Il y a là un énorme travail à accomplir qui devrait mobiliser les services de conservation du patrimoine. C’est d’un trésor dont il s’agit !

     Ces collections sont présentées dans les anciens bâtiments de la ferme, dont la cour a été transformée en jardin. Il ne serait pas exagéré de dire qu’il s’agit d’un véritable jardin botanique du fait de sa richesse, ce qui ne gâte rien. Du haut de ses 78 ans, Etienne peut contempler son œuvre avec fierté, il a sauvé une part de notre histoire commune ! Cela s’arrose… avec un bon coup de cidre. A la tienne Etienne !

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 18:21

     C’était au siècle dernier… en 2000, la dernière année du 20ème siècle. Après appel d’offre j’avais été retenu pour effectuer « l’évaluation environnementale ex-ante du Docup objectif 2 » en tant que consultant. En langage courant, cela signifiait l’estimation, a priori, avant la réalisation du projet donc, des impacts environnementaux de ce document européen de programmation, concernant essentiellement l’estuaire de la Seine et la réalisation de Port 2000, l’extension du Port du Havre pour recevoir les porte-conteneurs. L’objectif de cette évaluation était bien entendu de viser l’amélioration du projet lui-même pour un plus grand respect de l’environnement (Document public consultable aux Archives départementales de Seine-Maritime). Mon interlocuteur était un sous-préfet que je rencontrais régulièrement. Un soir j’attirais son attention sur le fait que le projet Port 2000 ne faisait guère allusion aux modes d’évacuation des conteneurs vers l’hinterland. Certes le port du Havre, malgré son ouverture sur l’estuaire de la Seine, était relativement enclavé et de ce fait la desserte par la voie fluviale et le rail n’était pas aisée. C’était une raison supplémentaire de s’en préoccuper au plus tôt. Mon interlocuteur me rabroua vertement, en me faisant valoir que j’avais été retenu pour m’occuper d’environnement et pas du reste !

     Nous sommes 17 ans plus tard… Fin mai 2017, le Port du Havre a accueilli le plus gros porte-conteneurs du monde, le Mol Triumph qui dépasse la barre symbolique des 20 000 « boîtes ». Le Port du Havre se confirme ainsi comme le 1er port français du genre, avec un trafic annuel de 2,5 millions de conteneurs en affirmant sa volonté de favoriser la multimodalité afin d’atténuer la prédominance de la route. Mais malgré la volonté affichée, la desserte du port est assurée à 77 % par la route, moins de 15 % par la voie fluviale et 8 % seulement par le rail… la route continuant d’augmenter en pourcentage, ce qui reste préoccupant ! Plusieurs projets visent à améliorer cette situation, dont la modernisation de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors qui doit rejoindre Paris en contournant la vallée de la Seine déjà saturée. Mais bien sûr lorsque l’on prévoit de fermer pour raisons de sécurité, des passages à niveau, sans passage supérieur ou inférieur de remplacement, les habitants des petites villes traversées acceptent mal des allongements de parcours quotidiens insensés…

     Voilà bien le comble, ce Port 2000 ultramoderne n’a pas été véritablement relié, ou pas encore, aux réseaux ferroviaire et fluvial ce qui engendre 4 à 5 000 camions par jour sur le pont de Tancarville, dont une bonne part traversent ensuite l’agglomération de Rouen !

     Ben oui, s’il faut tout prévoir et toujours être en cohérence entre les politiques annoncées et les décisions prises, ou non prises, alors c’est bien difficile. N’est-ce pas monsieur le sous-préfet ?

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 07:30

     La comédie humaine, c’est la vie des hommes, avec son cortège de faux-semblants, d’hypocrisies ou de boniments racontés à partir de fantasmes ou pures inventions. Mais quand la comédie humaine devient un spectacle théâtral, une comédie musicale, c’est tout autre chose. Et quand, de plus, ce spectacle est joué par des séniors, résidents d’un Ehpad (Etablissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes, c’est-à-dire maison de retraite) le regard change. Et si encore, ce spectacle est co-joué par des séniors et des gamins de 10-11 ans, alors cela devient frappant de réalisme, pour tout dire poignant, et vous laisse sans voix !

     C’est pourtant ce qui s’est produit fin mai 2017 à Forges-les-Eaux où la fondation Beaufils a prouvé que les maisons de retraite peuvent intégrer le théâtre comme thérapie dans un contexte intergénérationnel. Le fil conducteur de cette comédie musicale, « Des hommes pareils », est tout simplement le déroulement de la vie, avec anecdotes des anciens à propos de leurs activités passées, leurs petits bobos, les visites de leurs proches et anecdotes des gamins qui se caricaturent à propos de leurs tiques et TOC avec le smartphone, les relations garçon-fille, etc.

     Tout cela est tout simplement la vie de tous les jours, mais raconté avec humour et une certaine gravité, y compris pour parler de la mort… Une soixantaine d’acteurs, résidents dont certains en fauteuil, personnel soignant, cadres de santé, bénévoles et élèves de CM2, se sont préparés pendant de nombreux mois, sous la conduite de Frédéric Lemarié, metteur en scène, vivant des moments rares, les yeux pétillants de ces rencontres inattendues et si riches d’empathie.

     Ces moments de partage constituent une vraie thérapie qui est donnée en exemple et a attiré près d’un millier de spectateurs en deux représentations. Un vrai succès pour les animateurs, les acteurs et… l’humanité.

 

    Sur ce même sujet, on pourra relire : http://www.michel-lerond.com/article-26042168.html

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 08:09

     Bien que les villes n’occupent qu’environ 2 % de la surface de la planète, elles comptaient, en 2016, 54 % de la population mondiale, émettaient 70 % des gaz à effet de serre et produisaient 70 % des déchets. De plus 80 % des méga-cités se trouvent dans les pays en développement. Ces quelques chiffres posent bien le diagnostic de l’urbain et les enjeux environnementaux que cela représente. C’est en particulier dans les domaines de la pollution de l’eau, des sols et de l’air que doivent être consentis des efforts importants, aussi bien au Nord qu’au Sud. Le continent africain constitue peut-être le plus grand défi, dans la mesure où sa population va doubler d’ici 2050 pour atteindre 2 milliards dont 60 % d’urbains !

     Face à ces défis, la ville est de plus en plus souvent considérée comme un moteur du développement soutenable. Les innovations prises en milieu urbain sont d’autant plus visibles et efficaces que la surface concernée est faible et la population nombreuse. On voit tout de suite les résultats obtenus et on peut faire le tri entre actions positives et simple communication sans résultats tangibles… Cette évolution est d’autant plus difficile lorsque l’urbanisation est galopante, comme en Afrique, où parfois il faut résorber les bidonvilles, apporter l’eau potable et l’énergie et gérer les déchets. Les méthodes varient selon les situations, mais il faut toujours une base indispensable qui allie l’implication de la population et l’engagement politique des responsables pour repenser l’urbanisation et ses objectifs, ce qui n’est pas le plus facile… Ainsi des villes comme Grand Bassam en Côte d’Ivoire se sont lancées dans cette aventure depuis 1995. Même si les choses avancent lentement, l’élan est donné.

     Dans des villes comme Paris, le secteur des transports est au cœur des problématiques, pour viser la réduction des pollutions et émissions de gaz à effet de serre. L’évolution des politiques vise alors à innover en matière d’énergie et déplacements, à remédier à des lacunes des aménagements anciens et passe souvent par le verdissement de la ville. C’est le cas actuellement avec l’ouverture du parc urbain « Rives de Seine », dédié désormais à la promenade, les loisirs et la respiration, plutôt qu’à « la bagnole ». Ailleurs, comme à Nantes, c’est l’objectif santé de la population qui a prévalu en repensant la gestion de l’environnement dans ce but. A Rouen, après un divorce entre la ville et le fleuve, la réconciliation est en cours, avec des bords de Seine, maintenant plantés, constituant une promenade de choix avec restaurants et salles de sport.

     Les choses avancent souvent moins vite que l’on souhaiterait, mais elles avancent !   

Vous avez écouté #2050LePodcast ? : https://soundcloud.com/latelierarmstrong/2050lepodcast-ep17-2050-vers-une-solidarite-climatique-planetaire

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