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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 07:41

     Une étude publiée pendant l’été 2017 (Revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences) tire le signal d’alarme à propos de l’extinction de la faune sauvage qui s’accélère… et cela même alors que certaines espèces, pas encore connues, sont déjà disparues, comme nous l’évoquions il y a un an. Les chercheurs qui font ce constat alarmiste déclarent que « la réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique ». Nous vivons actuellement un phénomène exceptionnel avec cette sixième extinction des espèces, qui se déroule en « direct live » après la cinquième qui a eu lieu il y a 65 millions d’années, c’était alors la disparition des dinosaures. Le phénomène est de même ampleur, mais concerne des espèces communes, soit environ 27 000 telles que l’alouette des champs, le chardonneret ou le triton ponctué. La nouveauté, par rapport aux extinctions précédentes, c’est que le phénomène s’accélère sur quelques décennies, touche la quasi-totalité des espèces de la planète et sur tous les continents et océans… Pour prendre un exemple emblématique, le lion, il occupait autrefois toute l’Afrique et une partie du Moyen-Orient. Il a décliné de 40 % en 25 ans pour ne subsister que sur des territoires africains ponctuels et une seule région de l’Inde.

     Les cinq crises précédentes étaient dues à des cataclysmes, alors que cette fois-ci, c’est l’espèce humaine qui en est la cause, du fait de la dégradation des milieux naturels, la surexploitation comme la surpêche, les pollutions et les modifications climatiques. Nous l’avons assez répété, nous sommes dans la nature et le processus engagé nous concerne aussi, ne serait-ce que par rapport à notre nourriture, d’autant plus que la population humaine ne cesse d’augmenter.

     Il y a donc urgence à mettre en place des actions pour sauver les espèces menacées, notamment en préservant les espaces naturels, en créant des réserves naturelles ou en appliquant à l’ensemble du territoire planétaire les objectifs des parcs naturels. Certains grands projets d’aménagement doivent être revus et l’agriculture intensive bouleversée pour revenir à des modes de gestion qui tiennent compte davantage des réalités biologiques de la planète. Il nous faut aussi, nous citoyens du monde, consommer autrement en nous souciant des impacts de nos activités sur la nature.

     Voilà maintenant des décennies que l’on rabâche tout cela. Il n’est plus temps de tergiverser, il y a urgence ! Agissons pour la survie de notre espèce et de nos descendants.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:44

     Vous l’avez sans doute remarqué, la vie en commun des humains n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Cette vie collective est trop souvent faite d’invectives, de compétitions, de conflits parfois sauvages. Alors que de nombreuses espèces animales réussissent à organiser leur vie « en société », l’espèce humaine a souvent du mal à dépasser ses querelles de villages, quasi tribales, à admettre qu’il faille des politiques élaborées pour des territoires pertinents  ou encore que la dimension européenne soit indispensable pour gérer de nombreuses questions telles que les régulations économiques ou l’immigration. Quant à imaginer que certaines préoccupations trouvent leur vraie pertinence au niveau planétaire… Oui dans les intentions, mais dans les faits, c’est à revoir ! La gestion de l’humanité est une vraie usine à gaz. La gestion au niveau mondial de certaines questions devrait être une évidence lorsque l’humanité entière est menacée par les conséquences des dérèglements climatiques. Il ne s’agit plus alors de se balancer des « pessimistes », « déclinologues » ou encore « écolos attardés » à la figure. Non dé-trumpez-vous, il s’agit d’optimisme tant que l’on pense qu’il y a encore des solutions au problème. Mais à force de reporter les échéances, le temps presse et nous sommes maintenant, déjà, dans l’urgence !

     L’humanité est aussi une usine à gaz parce qu’elle produit des GES, gaz à effet de serre, en quantités de plus en plus importantes, malgré l’accord de Paris de 2015 sur le climat. C’est pourquoi 15 climatologues viennent de lancer un nouveau cri d’alarme : le réchauffement climatique n’est pas en train de se stabiliser, au contraire il se poursuit à grande vitesse. Depuis les années 1970, l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère a doublé (2 parties par million par an au lieu d’1). Le phénomène s’amplifie avec les rejets de méthane dans l’air (second GES après le CO2) dus en particulier à l’agriculture (élevages de type industriel) et la fonte du permafrost en Sibérie par exemple.

     Cette légère insouciance nous amène à revoir les scénarios du futur : dès 2040, la température moyenne globale aura progressé de 1,5° par rapport à l’ère préindustrielle, et donc plus beaucoup de marge pour ne pas dépasser les 2° prévus comme seuil à ne surtout pas dépasser. Le niveau de la mer monte déjà de 3 mm/an et cela s’amplifie : des îles du Pacifique et des Antilles sont au bord de la submersion, le Bangladesh et les Pays-Bas sont menacés pour bientôt.

     Alors, optimistes ? Oui si l’on parvient, tout de suite, à réduire les émissions anthropiques de GES de 5 à 6 % par an : pour cela réduire de façon drastique la consommation d’énergies fossiles, moins fertiliser les cultures, replanter des forêts de façon massive. C’est comme si c’était fait ! Les climatologues pensent que nous devons « inverser la courbe » d’ici 2020 (demain matin), faute de quoi on pourrait avoir quelques soucis… Une usine à gaz, je vous dis.

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 09:05

          Et pour la rentrée, rien de tel que de vérifier que le ministre de l’éducation a bien fait ses devoirs de vacances. Nous écrivions « Devoir de vacances pour un ministre de l’éducation » le 9 juillet 2013. Relisons :

          … Peut-être pourrions-nous avoir en tête quatre questions essentielles auxquelles nous tentons d’apporter quelques éléments de réponse :

Première question : Les systèmes éducatifs actuels correspondent-ils encore aux attentes de notre société ?

          La montée en puissance des risques environnementaux génère une demande sociale forte et un besoin considérable d’information… L’adaptation à la société contemporaine suppose aussi de préparer les enfants à travailler en équipe et sortir de la logique de la sélection par les connaissances pour apprendre à modifier les comportements.

Seconde question : L’accumulation de connaissances est-elle encore de mise par rapport à un véritable apprentissage de la vie ?

           … L’éducation à l’environnement est une éducation civique concrète tournée vers la vie en société. Les sciences de l'environnement, tout comme l'école, se veulent ouverture sur le monde et sur l'avenir. Comme l'école, elles se basent sur la pluridisciplinarité et visent à amener l'homme à s'intégrer aussi bien que possible dans le monde où il évolue et à l'aider à agir rationnellement.

Troisième question : Le caractère national de notre système éducatif est-il encore d’actualité avec la planétarisation des problématiques ?

           L’éducation à l’environnement aide à la compréhension des débats de société... Il est nécessaire d’évoquer la destruction des milieux et la disparition des espèces en interférence avec l’histoire, la géographie et l’économie de tel pays ou de telle région.

Quatrième question : Le cadre de l’école est-il encore adapté à une évolution constante des connaissances ?

          L’éducation devra s’étendre sur toute l’existence, dans une société où les connaissances sont en constant renouvellement.  L’éducation à l'environnement nécessite la découverte des milieux et paysages régionaux et la rencontre avec les praticiens…

          Il faut sortir l’éducation à l’environnement de son relatif isolement culturel et la recadrer dans un contexte plus large pour constituer un axe essentiel d’une réforme en profondeur de l’enseignement. Refondons l’école !

Alors monsieur le ministre, prêt pour la rentrée ?

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 18:55

          Nous continuons nos « rediffusions » pendant l’été et nous souvenons de nombreux propos relatifs à l’agriculture. Par exemple « Repenser l’agriculture pour le futur » du 1er mai 2012. Relisez :

        … Ces constats ramènent à des considérations basiques : l’agriculture doit assurer d’abord l’alimentation des populations locales. Ainsi la planète semble redécouvrir brutalement l’importance stratégique de l’agriculture vivrière. Il faut maintenant assurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, d’une région, d’un territoire, ce qui suppose une réorientation totale de l’agriculture autour des savoirs locaux, notamment dans les pays du Sud. Il est urgent de faire évoluer l’agriculture vers une priorité des politiques publiques afin d’assurer le besoin primaire de nourriture, en soutenant notamment la petite agriculture familiale. Il faut aussi que les consommateurs fassent leur propre révolution en privilégiant les produits locaux de saison et en ne faisant plus de l’expression « paysan » une injure, mais un compliment.

        Et puis, un peu plus tard, le 20 novembre 2012 : « Une agriculture pour la nature ! » Relisez :

        … Pourtant, si l’agriculture peut être source de menaces sur les habitats et les espèces, elle peut aussi contribuer à leur maintien, comme les prairies naturelles humides, les landes et garrigues, les prés salés, etc. Certains systèmes agricoles sont considérés comme étant de haute valeur environnementale (HVE) parce qu’ils sont à l’origine de ces avantages… Cette démarche va de pair avec une révision des systèmes de production qui visent un faible niveau d’intrants (engrais et pesticides), la diversification des espèces cultivées et le maintien d’une biodiversité sauvage… Il s’agit, en fait, de réinscrire les processus culturaux dans le fonctionnement des écosystèmes, comme cela se pratiquait assez spontanément autrefois. Le principe est toujours le même : composer avec la nature, plutôt que s’y opposer, même si ce n’est pas toujours simple. Cela suppose également de revoir le relationnel sociologique et économique entre les acteurs des territoires : agriculteurs entre eux, agriculteurs et industriels et aussi agriculteurs et semenciers. Là encore, revenons aux fondamentaux, quel est l’objectif ? Faire du fric pour certains groupes ou nourrir la population de façon équitable et équilibrée ?

        Il faut croire en l’avenir, c’est-à-dire que les industriels de l’agriculture vont redevenir des paysans ! J’aime les paysans.

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 15:38

        En 2012 déjà, il y avait une présidentielle, cela rappelle des souvenirs. Côté écolo, c’était « Le Hulot ou la Hulotte ? » le 8 mars 2011. Relisez :

     Ainsi donc, dans le parti de l’écologie politique, il y aura le choix entre monsieur Hulot qui pourrait bien être aussi à l’aise en politique que le héros de Jacques Tati en vacances, et madame Joly, avec qui ce serait sans doute plus chouette (Hulotte, il va sans dire)… Certes Nicolas Hulot a une excellente analyse de l’urgence écologique,… des compétences indéniables de communicant et sans doute l’opiniâtreté nécessaire. Eva Joly a une réputation d’incorruptible, une ténacité à toute épreuve... Les sondages se suivent et… se contredisent. Mais selon les plus récents, Nicolas Hulot ferait autour de 6 % des voix et Eva Joly entre 8 et 10 %. Cet état de fait ne résulte-t-il pas de la confusion sémantique de départ ? A l’origine, les Verts s’appuient sur un courant en faveur de la protection de l’environnement et inventent le concept d’écologie politique, sans le nommer écologisme… Un parti de l’écologisme n’a pas plus de sens que n’aurait un parti de la culture ou un parti du sport. Pour prétendre gouverner, les écologistes devront choisir un jour entre cette stratégie d’un parti spécifique et autonome, ou bien une inclusion dans les grands partis afin de reconquérir le champ politique de l’intérieur. Faute de quoi, je crains que bien longtemps encore l’écologisme ne fasse des petits scores…

        En 2017, M. Hulot est donc au pouvoir ! Il doit lire mon blog ! Il est maintenant confronté à de nombreux défis, notamment en matière énergétique.        Alors voilà quelques conseils du 28 juin 2011 : « Sortir du nucléaire ? 4/4 ». Ne sait-on jamais, cela pourra servir à M. Hulot :

      … il nous faut préparer une transition pour produire de l’énergie électrique nucléaire sécurisée dans l’attente de nouvelles sources fiables. On peut imaginer plusieurs étapes :

     - D’abord un moratoire qui consiste à arrêter au plus vite les centrales nucléaires trop vieilles ou mal sécurisées…

     - Renforcer la sécurité des installations nucléaires dans le cadre d’une gouvernance mondiale…

       - Préparer l’après nucléaire… Certes, les énergies renouvelables ne sont pas toutes fiables, mais a-t-on fait les efforts de recherche nécessaires ? A-t-on procédé aux évaluations complètes des dispositifs existants pour en améliorer l’efficacité ?

       - S’interroger sur les monopoles énergétiques nationaux… Sans doute faut-il décentraliser et permettre davantage d’autonomie…

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 08:57

          La pollution de l’air a été un sujet souvent abordé sur ce blog, avec ses conséquences diverses. Par exemple, le 24 août 2010, c’était « Qualité de l’air ou air de qualité ? » Quelques extraits :

      … Les polluants classiques ont bien régressé mais des polluants nouveaux sont à prendre en compte et 45 % de la population urbaine européenne est exposée à des polluants pouvant porter préjudice à sa santé (particules et ozone notamment). De plus, les dérèglements climatiques peuvent engendrer des détériorations graves de la qualité de l’air, comme on vient de le voir à Moscou, en période de sécheresse avec incendies de forêt. Les synergies sont, à cet égard, très complexes et peuvent jouer dans les deux sens : les incidences climatiques peuvent engendrer de la pollution et certaines pollutions peuvent modifier le climat…

        L’origine de la pollution de l’air a souvent été rattachée aux activités industrielles, de transport et au chauffage des bâtiments. Cela reste vrai bien sûr, mais certains polluants ont certainement été sous-estimés, comme les pesticides, produits chimiques très complexes comptant environ 1 200 ingrédients, dont on connaît mal l’incidence sanitaire. Les quelques études menées sur le sujet montrent que les pesticides sont présents partout dans l’atmosphère, aussi bien dans les campagnes que les villes, exposant ainsi la quasi-totalité de la population. L’agriculture industrialisée est ainsi devenue une source de pollution de l’air importante et dont l’étude a été trop négligée jusqu’à maintenant.

        En 7 ans, les choses ont évolué, mais restent à un niveau très préoccupant. On a évoqué une des conséquences les pires de la pollution le 7 décembre 2010. Avons-nous vraiment progressé depuis ? C’était « Les abeilles ont le bourdon ? ». Extraits à méditer :

        Il est donc indispensable de poursuivre des études approfondies sur les effets nocifs des pesticides, en relation avec les responsables agricoles, mais aussi sur les parasites et les maladies des abeilles. Les universitaires ont un rôle important à jouer dans ce domaine, sachant que les synergies entre ces principales causes sont certainement complexes et redoutables. Mais, par-dessus tout, il convient de préserver des friches avec plantes mellifères, y compris en milieu urbain, sous forme de prairies fleuries ou de toitures végétales par exemple… L’abeille, par sa présence planétaire et sa capacité à collecter les polluants par l’intermédiaire du pollen, est de fait un indicateur de premier ordre sur l’état de la planète. « Si les abeilles disparaissaient du globe, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre » aurait déclaré Albert Einstein. Nous voilà prévenus…

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 09:20

          Nous continuons nos « rediffusions » et évaluons les avancées… ou pas. La chronique « ça va bouillir ? » du 13 octobre 2009 insistait sur la réalité des changements climatiques :

        La perturbation du climat est devenue une réalité, responsable de 300 000 morts par an selon le rapport du Forum humanitaire mondial... il est avéré que les modifications climatiques agissent sur les rendements agricoles et l’accès à l’eau, éléments forts de déstabilisation et de crises humanitaires, d’autant plus que les pays pauvres sont les plus exposés. Bref, il y aura de quoi alimenter les conversations au sommet de Copenhague en décembre pour les négociations sur le climat. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, déclarait à ce propos le 3 septembre : « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme ». Rassurant, non ?

        Qu’en est-il maintenant, 8 ans plus tard ? Le 29 juin 2017, la ville d’Ahvaz, en Iran, a connu la journée la plus chaude jamais mesurée sur Terre, soit 54° ! Si les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître, on peut craindre que le Moyen-Orient devienne… inhabitable, la peau humaine ne pouvant plus supporter la chaleur. En Chine, fin juin et début juillet 2017, des pluies torrentielles ont provoqué des inondations qui ont généré plusieurs dizaines de morts, l’évacuation de centaines de milliers de personnes, des dégâts sur 6 500 maisons et la destruction de 300 000 hectares de cultures… Certes c’était la mousson, mais les précipitations ont été 3 fois supérieures à la normale, après une sévère sécheresse !

        Autre problématique récurrente, la pollution par les nitrates et le développement des algues sur le littoral breton. Le 20 octobre 2009, nous publiions « C’est de l’algue ou du cochon ? » :

        Comme toujours en environnement, le phénomène ne doit pas être simplifié abusivement puisque cette prolifération résulte de la conjonction d’un faisceau de facteurs relatifs au sol, au climat, à l’hydrodynamique et aux activités humaines. Quoi qu’il en soit, cette prolifération résulte essentiellement d’un apport important de deux nutriments : l’azote est majoritaire, en provenance de l’agriculture, et le phosphore apporté par les rejets urbains d’eaux chargées de détergents. Il faut rappeler à cet égard que la Bretagne compte sur son sol 3 millions d’humains, mais aussi 3 millions de bovins, 14 millions de cochons et 350 millions de volailles (chiffres du Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne)… Une telle concentration produit une charge en nitrates bien supérieure à ce que la terre et l’eau peuvent supporter.

        Dès cet été les algues sont de retour sur le littoral breton. 2017 sera une année de grande marée  verte, les algues sont arrivées plus tôt ! On avance…

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 07:59

          Nous continuons nos « rediffusions » et évaluons les avancées. Deux faits d’actualité nous renvoient 8 ans en arrière.

        Ainsi la chronique « Toujours plus vite ? » du 23 juin 2009 évoquait les transports et l’obsession de la vitesse :

        Il y a pourtant un moment où il convient de se demander si c’est encore « rentable » d’aller plus vite. N’y a-t-il pas un point de bascule au-delà duquel la vitesse devient un handicap plutôt qu’un atout ? Ainsi dans le domaine des transports, le TGV est un exemple intéressant puisqu’il permet de faire l’aller-retour dans la journée entre deux localités éloignées du territoire français. Mais le coût des aménagements, les nuisances sonores ou la consommation d’énergie détermine un prix à la personne transportée prohibitif… La SNCF estime que le passage des TGV de 300 à 350 km/h ferait gagner 2 minutes 30 sur 100 km, soit de l’ordre d’un quart d’heure pour un Paris-Marseille. Est-ce absolument indispensable ? « Accessoirement », cette prouesse technique augmenterait la consommation d’énergie de 50 % !... Pour préparer une société future qui sera obligatoirement frugale en énergie, ne faudrait-il pas réapprendre le temps long pour les transports, le temps apaisé pour le travail, le temps libre pour la vie personnelle ?... Et si, après tout, l’urgence c’était précisément… de prendre son temps.

         Au moment où l’on vient d’inaugurer les TGV Paris-Bordeaux et Paris-Rennes, on peut encore méditer sur ces réflexions !

         Et puis, il y a le sport. Le Tour de France 2017 commençait en même temps qu’un procès sur… le dopage dans le cyclisme. Relisons la chronique « Sportifs ou gladiateurs ? » du 30 juin 2009 :

         Il faut dire qu’une confusion sémantique s’est progressivement installée en confondant le sport et le spectacle sportif. Si la pratique sportive, apte à développer les aptitudes physiques, reste de vigueur dans le domaine des amateurs, elle est devenue un spectacle dès lors qu’il s’agit de professionnalisme. D’ailleurs le sport peut-il être professionnel ? S’agissant d’un spectacle, celui qui regarde est soumis à ses pulsions, allant parfois jusqu’à une quasi hystérie. Celui qui « joue » n’est-il pas alors davantage un gladiateur des temps modernes plutôt qu’un sportif au sens originel. Le gladiateur du temps des Romains était prisonnier, condamné ou esclave… comme le sont sans doute ces « sportifs » soumis aux règles d’un grand défoulement collectif.

        Si le sport a pu être dénaturé de la sorte, si certains sportifs sont devenus des gladiateurs, c’est le plus souvent sous les vivas de la foule. Mais les gladiateurs n’existent que tant qu’il y a du monde pour les regarder…

        Il semble qu’il y ait encore du chemin à faire !

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 09:08

          Vous l’avez remarqué, pendant l’été, nombre de médias se satisfont de rediffusions. Alors pourquoi pas pour ce blog aussi. Oui bien sûr, il est toujours facile de déclamer « on vous l’avait bien dit !... » Mais ce retour en arrière permet tout de même de se faire une idée sur ce qui a réellement avancé et ce qui avance… doucement.

          Ainsi la chronique « Vive 2008 ? » du 8 janvier 2008 évoquait les Français capables de brûler leurs idoles. Relisez des extraits :

L’année 2007 a été caractérisée par une forte mobilisation citoyenne pour les présidentielles, un large soutien au candidat élu et un intérêt pour une communication nouvelle, qui rompt avec le ton un peu compassé d’hier… Ce souffle nouveau ne peut vivre qu’avec une nouvelle gouvernance qui, elle-même s’inscrit dans une rénovation politique nécessaire. Qu’en sera-t-il en 2008 ? Si les Français sont parfois « moutonniers », ils savent aussi retrouver leur discernement et juger sur les résultats… Cela suppose confiance et respectabilité des citoyens pour leurs dirigeants politiques… Les Français conservent un fond monarchiste, mais ils savent aussi brûler leurs idoles. Qu’on y prenne garde, après avoir réconcilié un temps le peuple et la politique, la rupture pourrait être prolongée…

          Est-ce que cela ne préfigurait pas quelque peu l’année 2017 ? De même, le 22 janvier, la chronique « Ferez-vous le 11 ? » proposait quelques évolutions. Relisez :

          Commençons à mettre en place cette nouvelle gouvernance, en passant d’une classe politique installée, confiscatrice du pouvoir, à des élus plus représentatifs, plus près des réalités de la vie quotidienne. Cela signifie que le pouvoir politique doit redevenir une fonction temporaire et non plus une profession permanente. Comment remédier à cela si ce n’est en permettant un partage du pouvoir beaucoup plus large, notamment en direction des jeunes et des femmes. Pour ce faire, un chiffre claque comme un numéro d’urgence pour proposer une solution : le « 11 », un et un, soit un seul mandat à la fois, renouvelable une seule fois. Ce principe simple aurait la vertu de répartir les pouvoirs de décision sur un nombre de personnes beaucoup plus grand, donc de permettre une expression réellement démocratique et du même coup de permettre à de nombreuses personnes d’être confrontées aux réalités du pouvoir, pas toujours commodes, même à l’échelle locale…

          Nous ne sommes pas encore tout à fait à l’application du 11, mais on s’en rapproche sérieusement. On avance !
 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:40

      Wouah, la déferlante que personne n’attendait est passée. Du nouveau et… du balai. Les Français n’en pouvaient plus de toutes ces salades et ont opté pour un changement radical d’équipe. Certains ont opté pour la « grève du vote » en s’abstenant, ils ont été largement en tête du scrutin. D’autres ont estimé que tout cela ne valait pas la Pen et ont pédalé, sans trop de questions, à la suite du maillot jaune. Vas-y Manu ! Ceux-là ont franchi la ligne d’arrivée, ils sont contents et calmés. Mais ils attendent la suite… après la canicule et les vacances. Pour le moment, voilà fait le grand ménage de printemps. Reste plus qu’à attendre les décisions innovantes qui vont redonner le moral aux Français en apportant à chacun les réponses qu’il attend. Ce n’est plus de la politique, c’est le loto, mais justement…

     Les Français ont voulu laver plus blanc que blanc, c’est fait. Certains n’ont peut-être pas tout compris à ce qui vient de se passer, en étant les chevaliers de la transparence, et oubliant au passage que pour laver blanc, il faut d’abord enlever les quelques tâches qui font désordre. Ainsi, après François du Mans enlisé, François de Pau, mais qui n’a pas de pot, atteignait enfin les cimes, mais badaboum. Il pourrait reprendre son tracteur et faire du lin bio, par exemple. Cela lui laisserait le temps de la méditation.

      Globalement, les partis politiques ne semblent pas avoir compris grand-chose en continuant à tonitruer sur des détails, avec des attitudes parfois infantiles. D’autres, qui ont sans doute mieux compris, vont être les « constructifs ». Un petit coup de main par-ci, par-là, peut apporter une récompense. De nombreux médias, toujours plus propices à s’acharner sur les éraflures plutôt que les plaies graves, continuent de vociférer sur le manque d’expérience des nouveaux venus. Comme si un(e) ingénieur, un(e) juriste, un(e) chercheur ou un(e) agriculteur avait moins d’expérience qu’un « politique de profession »…

      Et maintenant ? Avec des jeunes et des femmes, comme nous le réclamons sur ce blog depuis 10 ans, des exigences fortes de transparence et un programme ambitieux, voilà les conditions enfin réunies pour aller de l’avant. Mais… les Français, qui sont presque tous irréprochables, vont sans doute prendre le relai de cette nouvelle donne dans leur vie de tous les jours en devenant, eux aussi, blancs comme neige. Plus de travailleurs au noir, plus de manifs avec dégradations de biens publics, plus de tricheries d’aucune sorte, plus de rouspétances bétasses.

     Nous voilà à la veille de la fête nationale. Oui ça y est, j’y crois ! On va y arriver ! Sans oublier que le changement… climatique, c’est maintenant, ça on en est sûr ! Mais est-ce que j’ai bien tout compris ?

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