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  • : Le blog de Michel Lerond
  • : Libre opinion sur les questions d'actualité en environnement et développement soutenable
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  • Michel Lerond
  • Ecologue et essayiste. Dans notre pratique professionnelle, nous avons pu contribuer, notamment, à un meilleur accès à l’information sur l'environnement.

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 08:15

 

 

 

 

La forêt est le poumon de la Terre, c’est bien connu. Le rôle de la forêt est primordial pour l’équilibre des écosystèmes en général et donc notre milieu de vie. Face aux modifications climatiques, les forêts, en particulier en zones tropicales et équatoriales, constituent un régulateur de premier ordre en absorbant une grande quantité de gaz carbonique, un des principaux responsables de l’effet de serre (ce sont des « puits de carbone »).

Environ 30 % des terres de la planète sont couvertes de forêts, mais cette surface diminue, au niveau mondial, de 0,3 % par an soit 7,3 millions d’hectares ou encore l’équivalent de… 15 départements français ! Parmi elles, un bon tiers est constitué de forêts « primaires », surtout en zones tropicales. Ce sont les plus riches en termes de biodiversité, mais aussi les plus menacées par la déforestation.

Des situations extrêmes se constatent, par exemple en Ethiopie où le couvert forestier est passé de 40 à 3 % en 50 ans ! Au Brésil, le gouvernement est écartelé entre le souci de préserver la forêt amazonienne et la volonté de favoriser la croissance économique, si bien que la forêt tropicale a régressé de 17 % en 30 ans. Ajoutons à cela que la déforestation est liée aux cours mondiaux du soja, de la viande bovine et de la canne à sucre et qu’on estime qu’elle est illégale à hauteur de 80 %, malgré les plans gouvernementaux de lutte contre la déforestation.

Les sécheresses répétées du nord-est de la Chine, du pourtour méditerranéen, de la Russie, ou encore sur la moitié de la forêt amazonienne, et les incendies qui en découlent, constituent une menace sévère pour le devenir des forêts quant à leur rôle de « poumon vert ».

Sans faire dans le catastrophisme, il faut bien dire que nous entrons dans un cycle infernal à propos de notre cher poumon forestier. Les sécheresses, les incendies, la déforestation volontaire sont autant de facteurs qui réduisent la captation du gaz carbonique. Avec le réchauffement planétaire, la forêt pourrait dysfonctionner et émettre davantage de carbone qu’elle n’en capte, devenant une source de carbone plutôt qu’un puits de carbone… Tout faux !

En France, les effets seront moindre sans doute, mais assez préoccupants pour que le gouvernement se soucie  de « préparer les forêts françaises au changement climatique », notamment en matière de biodiversité (compléter le réseau de réserves biologiques), de risques (prévention des incendies, restauration des terrains en montagne) et de production sylvicole (peuplements mélangés). Encore faudrait-il que l’ONF (Office national des forêts) en ait les moyens…

 

Notre chronique du 29 août Les profs, des héros ? (http://www.michel-lerond.com/article-les-profs-des-heros-82835615.html) a suscité de nombreux commentaires. En complément, on peut lire aussi sur le blog de Global Mag : http://global.arte.tv/fr/2011/09/09/cest-la-rentree/

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:20

 

Jacques Brel aurait pu chanter cela, en inversant le sens de sa chanson Le Moribond de 1961 (Adieu l’Emile je t’aimais bien…).

Selon le WWF, on comptait 100 000 tigres au début du XXème siècle, seulement 20 000 dans les années 1980 et… 3 200 en 2009. Bien que le tigre ait « bénéficié » d’un apport de financements importants, avec l’éléphant, sa disparition semble quasi inéluctable. Ce félin, qui ne vit qu’en Asie, est une espèce emblématique au niveau planétaire. La baisse de ses effectifs est due surtout à la destruction des milieux dans lesquels il vit (déforestation, morcellement, urbanisme) et à la chasse très lucrative (revente de toutes les parties de son corps pour des raisons thérapeutiques ou vertus aphrodisiaques supposées…).

Sur les 9 sous-espèces existant à l’origine, 4 sont déjà disparues. Selon le scénario le plus pessimiste, le tigre pourrait avoir totalement disparu d’ici une dizaine d’années. Mais les mesures prises peuvent être porteuses d’espoir : dans les années 1950, il ne restait que 40 tigres de Sibérie, on en compte aujourd’hui 500. 

Les gouvernements des 13 pays qui abritent cette espèce se sont réunis, lors du « Sommet du Tigre » fin novembre 2010 à Saint-Pétersbourg (Russie) afin de prendre des engagements politiques et financiers concrets. Cette réunion sans précédent, a défini l’objectif : doubler le nombre de tigres vivant à l’état sauvage d’ici 2022. La banque mondiale va participer à ce programme international. Voilà une bonne raison d’espérer encore, malgré tout. En fait, ce sont surtout l’Inde et la Chine qui sont concernées. Ainsi, l’Inde abrite la moitié de la population mondiale du félin, mais le programme initié par Indira Gandhi en 1972 n’a pas permis d’enrayer le déclin : 40 000 individus en 1 947, 3 700 en 2002 et… 1 411 aujourd’hui.

Sans doute pourrait-on faire la même analyse à propos du rhinocéros, du léopard ou de l’orang-outan de Bornéo dont l’extinction prochaine est annoncée.

Si le tigre venait à disparaître totalement, c’est peut être un peu l’Homme qui serait condamné aussi. Dans ce cas, le tigre pourrait chanter : Adieu l’Homme je t’aimais bien tu sais…

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:20

 

 

          Pour qui observe le monde de l’école, les drames individuels des profs qui sont « au bout du rouleau » ne sont pas rares. Les relations élèves-profs-parents sont parfois tendues, au point de déstabiliser des professionnels pourtant aguerris. Faut-il que les profs soient des héros ? Sans doute l'école en France n'est pas la "meilleure du monde"… mais elle est sûrement très honorable par rapport à bien d'autres pays. Toutefois, il faut aussi que l'école accepte de se remettre en cause. Si on lui fait tant de reproches, sans doute exagérés, c'est qu'il y a peut être tout de même un peu de vrai... Ainsi comment explique-t-on que les Français soient aussi mauvais en anglais ? la sensibilité environnementale aussi faible ? que des étudiants de master, ne connaissent pas la différence entre conseils régional et général ? que les maths soient toujours considérées comme matière essentielle pour la sélection. Comment se fait-il enfin que de telles bévues, soient le résultat des circulaires, des ministres qui changent, des inspecteurs... alors que les profs constituent la profession la plus organisée et structurée de France.

          Alors, la faute aux profs ? Non, ce serait trop simpliste bien sûr. Mais il faut aussi que les profs se remettent en cause. Le métier d'enseignant est un métier très noble, qui mérite le respect, mais très difficile, fatigant et qui, sauf exception, ne peut pas être exercé toute une vie. Il faut donc s’interroger sur les résultats et sur le statut même de prof. Les profs sont parfois déconnectés de la société dans laquelle nous vivons, tout simplement parce qu’ils vont à l’école comme élève, étudiant, puis… prof, sans être passés par la case « travail non enseignant ». Inventons un statut qui permette d’être prof pendant 5, 10 ou 20 ans, mais pas à vie. En fait, cette mobilité existe déjà, mais est très peu utilisée.

          Notre système éducatif reconnaît surtout l’intelligence conceptuelle (priorité aux maths), écartant les formations professionnelles, jugées secondaires, voire destinées aux faibles. Les intelligences manuelle ou sensible, ne sont considérées qu’au second plan. Seule l’école maternelle prend en compte cette diversité, puis l’école primaire maintient l’ouverture et le collège s’en écarte. L'école doit s'ouvrir davantage sur le monde, se renouveler, s'adapter à ses nouveaux publics et anticiper les évolutions. Bien sûr beaucoup a déjà été fait par de nombreux profs et établissements. Mais face à internet et la société multiculturelle, il faudra être encore davantage imaginatif plutôt que revendicatif, prospectif plutôt que conservateur. Quelle responsabilité collective et quel beau challenge ! Tout cela suppose plus de formation continue et plus de mobilité professionnelle pour pouvoir alterner des emplois, des statuts, en conservant une école publique et laïque. Vaste tâche et bon courage à ceux qui vont affronter une nouvelle rentrée dans quelques jours.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:03

          La Normandie est riche d’environ 170 jardins ouverts au public, présentant une très grande diversité en termes de plantations ou de styles. Ces jardins sont porteurs d’avenir, ils peuvent être regardés soit en termes de biodiversité (conservatoires d’espèces…), de pédagogie (itinéraires d’initiation…), de patrimoine (artistique, architectural…), de sorte qu’ils transmettent un message vers nos descendants. Ce sont, en quelque sorte, des « jardins pour le futur ». La plupart de ces jardins sont ouverts d’avril-mai à septembre-octobre, certains sont d’accès limité pendant la belle saison : seulement quelques jours, parfois sur rendez-vous uniquement (voir nos chroniques de mars à août 2010). Mais certains connaissent actuellement des difficultés économiques, exemples annonciateurs d’un malaise plus grand ?

          Ainsi, le Parc des Moutiers, à Varengeville-sur-Mer en Seine-Maritime, est à vendre. C’est un des jardins les plus prestigieux de Normandie, créé par la famille Mallet en 1898 sur 12 hectares. L’ensemble est en parfait état, ouvert au public depuis 1970, classé jardin remarquable et monument historique (www.boisdesmoutiers.com). La nature acide du sol a permis l’introduction de nombreuses espèces rares, en contraste total avec la végétation locale (Rhododendrons de l’Himalaya, Azalées de Chine, Eucryphias du Chili, Erables du Japon...). Ces plantes, arrivées aujourd’hui à maturité, ont atteint parfois des tailles impressionnantes : jusqu’à 13 mètres de haut pour les rhododendrons. Une magnifique promenade dans un décor paysagé vallonné surplombant la mer.

De 52 000 entrées en 1999, le chiffre est tombé à 25 000 en 2010. Le jardin emploie de 2 à 15 salariés selon la saison et le déficit se compte en dizaines de milliers d’euros. Les propriétaires ne peuvent plus assurer et mettent en vente leur bien…

La crise génère aussi, sans doute, une économie des visiteurs sur des coûts d’entrée non négligeables (10 € par personne), mais ce pourrait être plutôt « la mode des jardins » qui, paradoxalement, est en train de… tuer les jardins. Ceux-ci sont devenus tellement nombreux que le public ne sait plus où donner des pieds et profite au maximum des journées promotionnelles à entrée gratuite.

Certes la plupart des jardins normands reposent davantage sur la passion des propriétaires et le souci de partager que sur un esprit mercantile. Mais il n’est pas rare qu’un jardin emploie un ou deux jardiniers une partie de l’année. Dans ce cas, il faut, a minima, que les billets d’entrée couvrent les frais de personnel. Ce n’est plus le cas dans un certain nombre de jardins, leur avenir est compromis…

 

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 08:13

 

Après Aznavour, Antoine et Ferrat, il fallait bien une femme… pour sauver le monde, Zazie ! Sauver le monde dans l’album Rodéo de 2004 :

 

D'accord
On est d'accord
On sait tous que la Terre tourne mal

D'accord
On est très fort
Pour le dire , l'écrire dans le journal

On donne un peu d'argent
On donne un peu de temps
Une heure à ceux qui n'ont rien
Assez pour aujourd'hui
Puis on reprend sa vie
En se disant que demain

On va sauver le monde         3 fois
 
Très forts
On est très forts
On fait tout pour que ça tourne mal

On peut toujours espérer
Qu'on va désamorcer
La bombe qu'on a fabriquée
Pour un peu , on y croit
Puis on baisse les bras
En se disant que c'est pas demain

Qu'on va changer le monde                         3 fois
 
Puisque sauver le monde
C'est s'ouvrir à l'amour
Puisque sauver le monde
C'est s'ouvrir à l'amour

Encore combien de jours ?
Dis-moi combien de jours
Avant de s'ouvrir à l'amour

Va-t-on s'ouvrir à l'amour ?

 

Le franc penser de Michel Lerond à lire comme l’éphéméride de l’année qui s’en va, feuillette l’actualité en la bousculant, refusant ainsi de se soumettre aux discussions d’un climat ambiant de fatalisme. L’œil de l’écologue voit une alternative alors Qu’est-ce qu’on attend pour la suivre ? : Christine Dhenain - La Dépêche du Pays de Bray 29 juin 2011 -

« Qu’est-ce qu’on attend ? Chroniques (2008-2009) ». A commander sur www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=31058

150 pages – 13,78 €, ou dans toutes les bonnes librairies.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 08:21

 

Ni Aznavour, ni Antoine ne nous ont vraiment convaincus avec leur romance écologique. Et Ferrat, alors ? Restera-t-il un chant d’oiseau, de 1961-62 dans l’album Ferrat 2000. En ce temps-là, on espérait encore…

Que restera-t-il sur la terre
Dans cinquante ans
On empoisonne les rivières
Les océans
On mange des hydrocarbures
Que sais-je encore
Le Rhône charrie du mercure
Des poissons morts

[Refrain] : Pour les enfants des temps nouveaux
Restera-t-il un chant d'oiseau

Le monde a perdu la boussole
Qu'a-t-il gagné
Des plages noires de pétrole
Pour se baigner
L'atome va régner sur terre
Comme un Seigneur
Qu'en ferons-nous c'est une affaire
Qui me fait peur

Refrain

A peine le malheur des hommes
Est-il moins grand
Que déjà pourrissent les pommes
Des nouveaux temps
Enfants enfants la terre est ronde
Criez plus fort
Pour que se réveille le monde
S'il n'est pas mort

Refrain

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 08:50

 

Avec Aznavour, ce n’était pas vraiment gai, je vous le concède. Essayons plutôt avec Antoine, on sent bien la joie de vivre de ce côté. Touchez pas à la mer, dans sa collection Master Série « Antoine » de 1987. Ah, nostalgie…

La mer m'a dit " Antoine, toi qui chantes à la radio
tu devrais dire aux gens d'un peu moins faire les idiots,
d'essayer de comprendre, qu'il est peut-être encore temps
de sauver, de la planète, le plus important "
J'ai regardé les vagues, les nuages et l'horizon
j'ai repris ma guitare, j'ai chanté simplement :

(Refrain) : Touchez pas à la mer
ne dressez pas de frontières sur l'Océan
Touchez pas à la mer
ne plantez pas de barbelés dans les lagons
Touchez pas à la mer, non non non non ;
touchez pas à la mer.

Touchez pas à la mer
épargnez les baleines et les grands oiseaux blancs
Touchez pas à la mer
gardez un peu d'eau claire pour vos petits enfants
Touchez pas à la mer non non non non
Touchez pas à la mer

Même si vous bétonnez, les cinq continents
pour que cinq milliards d'autos y tournent en rond
Même si vous déversez dans les lacs les rivières
la lie empoisonnée des centrales nucléaires

Refrain

même si vous transformez les cités en prisons
en cibles pour les fusées et les bombardiers géants
Même si vous détruisez dans le fer et le sang
les fruits de cinq mille années de civilisation

Refrain

Car lorsque la terre entière ne sera plus que gravats
alors c'est du fond des mers que la vie renaîtra             Refrain et refrain bis

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 08:00

 

C’est vrai qu’à force de rabâcher toujours les mêmes menaces, on finit par être un peu lassant. Mais puisque c’est l’été, les vacances, on oublie un instant et… on chante. On pourrait être surpris en effet, de constater après recherches, que le répertoire francophone de la chanson en compte plusieurs centaines qui traitent… d’environnement. On ne les chantera pas toutes, seulement quelques unes ! A tout seigneur, tout honneur, commençons par Charles Aznavour, La Terre meurt, dans son album Colore ma vie de 2007 :

Les océans sont des poubelles
Les fronts de mer sont souillés
Des Tchernobyls en ribambelle
Voient naître des fœtus morts nés

Dans cinquante ans qu’allons nous faire
De ces millions de détritus
Et ces déchets du nucléaire
Dont les pays ne veulent plus

Sous nos pieds la terre promise
Patrimoine de nos enfants
Petit à petit agonise
Nul ne s’en soucie

Et pourtant des espèces devenues rares
Sont en voie de disparition
Et la laideur chante victoire
Sous le plastique et le béton

(Refrain) : La terre meurt, l’Homme s’en fout
Il vit sa vie, un point c’est tout
Il met à son gré, à son goût
Le monde sans dessus dessous
La terre meurt, où allons nous ?

Dans la finance et les affaires
Le pétrole est le maître mot
Il mène à tout, même à la guerre
Et nul ne s’inquiète de l’eau

Où en sont la flore et la faune
Et qu’advient-il du firmament
Privé de la couche d’ozone
Gardien de l’environnement

Sous le ciel, le sol se révolte
Car l’Homme trompe la nature
Quand il trafique les récoltes
Il hypothèque son futur

Sous le soleil, les forêts brûlent
Et l’on gave les champs d’engrais
Dans la boulimie majuscule
Du rendement et du progrès

(Refrain)

Il est tant de prendre conscience
Que l’homme ne respecte rien
Il se fiche de l’existence
Des baleines et des dauphins

L’éléphant meurt pour son ivoire
La bête rare pour sa peau
Et dans les grandes marées noires
Le mazout englue les oiseaux

La société consommatrice
Avance impunément ses pions
Tandis que les arbres pourrissent
Dans les villes et leurs environs

La sécheresse se déchaîne
Effaçant tous signes de vie
Et certaines races humaines
Crèvent d’abandon et d’oubli

(
Refrain)

La Terre meurt, réveillons nous.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:00

 

On aurait pu penser, au printemps 2011, que le débat politique se serait polarisé sur les grandes questions du moment, ou en tous cas sur celles que l’on imagine à ce niveau, comme par exemple la raréfaction des énergies fossiles, ou bien l’érosion dramatique de la biodiversité, ou encore les modifications climatiques. Mais bien sûr, cela suppose d’être suffisamment informé, soucieux de l’avenir et apte à se projeter au-delà de son mandat électoral. Non, il n’en fut rien, le grand débat politique du moment consista à s’interroger sur la nécessité de disposer sur les routes de radars qui avertissent… des radars.

Le débat national s’enflamma alors sur le démontage, ou pas, des panneaux avertisseurs d’un radar de vitesse limitée ; leur remplacement, ou pas, par des « radars pédagogiques » ; l’initiative laissée aux départements ou bien encore de rendre le système aléatoire. Il aurait peut être été plus simple de s’interroger sur la nécessité, ou pas, des limitations de vitesses. Puisqu’en fait, le débat a porté sur « comment rouler plus vite qu’autorisé sans se faire prendre ». On a même vu des députés vociférer, avec une démagogie éhontée, sur les pénalités qu’allaient encourir ceux qui travaillent, ou les moins riches, ou les conducteurs qui dépassent un peu la vitesse, alors qu’ils maîtrisent leur véhicule…

Mais cette grande question trouvera peut être son épilogue, comme souvent, en fonction des moyens financiers disponibles ou pas. En effet, l’argent public se faisant de moins en moins facile, certains postes budgétaires comme celui des routes, pourraient bien être « rabotés » de façon drastique, au risque de laisser le réseau dans un état très médiocre. C’est pourquoi, dans le secret des cabinets ministériels, se prépare actuellement une grande réforme du code de la route. Il est question de supprimer tous les panneaux de signalisation routière. Tous ! Ils seraient remplacés par seulement deux panneaux triangulaires d’annonce d’un danger particulier : Chaussée déformée et Trous en formation. Hormis l’économie substantielle réalisée sur l’achat de panneaux, il n’y aura plus besoin d’avertir…

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:39

 

           Le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous !  a connu un succès phénoménal, avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus. Le paragraphe clé en est sûrement : « … le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat. Les banques désormais privatisées se montrent d’abord soucieuses de leurs dividendes, et des très hauts salaires de leurs dirigeants, pas de l’intérêt général. L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important ; et la course à l’argent, la compétition, autant encouragée ». On peut penser que cette flèche a atteint sa cible, venant de ce vieux monsieur de 93 ans, en réveillant la jeunesse que l’on pouvait croire endormie…

           Le mouvement des « indignés » s’étend maintenant dans toute l’Europe, avec pour point commun un rejet du monde politique et une opposition au « système » qui ne parvient pas à les intégrer dans la vie économique. Mouvement décentralisé, sans leaders, à la recherche d’une démocratie réelle, le mouvement des indignés est l’expression d’un « ras le bol » de la jeunesse, mais aussi de tous ceux que se sentent rejetés. Sans doute ce mouvement va-t-il connaître rapidement ses limites et il n’est pas sûr qu’après le « Printemps arabe », nous connaissions un « Printemps européen ». Mais on aurait tord de sous-estimer cette « révolution silencieuse » et pacifique qui vient comme un avertissement, pour refuser la dictature du fric. Il s’agit d’un mouvement qui s’appuie sur l’humain, qui revendique de participer au fonctionnement de la société plutôt que d’en être exclu par le chômage, malgré des niveaux de formation élevés. Les indignados européens regardent les politiques comme trop profiteurs, déconnectés des réalités et revendiquent leur participation aux choix de société.

           Les indignés sont éduqués, cultivés et conscients des perspectives d’avenir, de leur avenir. Alors que depuis le début de cette année, l’Agence Internationale de l’Energie a rappelé que le pic pétrolier s’est produit… en 2006 ;  que les perturbations climatiques se constatent un peu partout sur la planète ; que la catastrophe de Fukushima a réveillé des « peurs technologiques » ; les politiques continuent de gouverner à court terme, sans vision prospective, avec la croissance et la compétitivité pour seules boussoles. Nous voilà bien face à l’émergence d’une nouvelle façon de penser le monde, à « l’avènement d’une civilisation de l’empathie » comme le préconise l’essayiste américain Jeremy Rifkin (Une nouvelle conscience pour un monde en crise, ed. Les liens qui libèrent), alors que le discours ambiant déplorait les égoïsmes. Car il s’agit bien là d’une conscience altruiste qui prend en compte le fait que notre mode de vie n’est plus durable. Un immense espoir se lève, ne le gâchons pas !

 

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